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29/07/2026

Splendeurs du baroque

Même si on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, le titre de la dernière exposition du musée Jacquemart-André est peut-être un peu trop emphatique : impossible de donner une vraie vision de la splendeur du baroque espagnole à partir des seules collections de la Hispanic Society of America. Si on ajoute à cela les deux reproches habituelles du lieu (la petitesse des salles, heureusement il y avait très peu de monde quand j'y suis allé en cette fin juillet et l'éclairage), on pourrait penser que l'exposition ne vaut pas la peine de s'y rendre avant qu'elle ne ferme à la fin de la semaine. Il n'en est rien, et pour plusieurs raisons.

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1. La principale : qui aura l'occasion d'aller prochainement ou plus lointainement à NY découvrir ces collections ? Pas moi en tout cas et c'est un plaisir de les découvrir à paris même s'il y a peu de chef-d’œuvre et surtout des tableaux mineurs des grands maîtres présentés (on attend en revanche beaucoup de la prochaine exposition Zurbaran au Louvre).

 

2. Une belle section est consacrée aux peintres partis travailler dans le nouveau monde et aux écoles de peinture qui s'y sont crées, chose qu'on n'a pas l'habitude de voir à Paris (la dernière fois me semble être le Mexique au Louvre il y a une dizaine d'année).

 

3. L'exposition présente finalement un panorama, certes succinct, mais assez complet vu le faible nombre d’œuvres, du siècle d'or espagnol. Et donne envie de repasser au Louvre revoir les salles qui lui sont consacrées (si elles sont ouvertes...) mais aussi de retourner voir les grands musées espagnols.

 

Bref, pas une grande exposition, mais une exposition qui mérite d'y passer.

 

Splendeurs du baroque - De Greco à Velázquez, Paris, musée Jacquemart-André, jusqu'au 2 août 2026.

20/07/2026

Ca ferme au Louvre

Le Louvre semble malheureusement lui-aussi se spécialiser dans les expositions "blockbusters" (David, Delacroix bientôt Zurbaran, heureusement il y a eu Guillon Lethière) pas toujours réussie. Trois grands noms, deux expositions, fallait-il aller au Louvre au printemps et au début de l'été ?

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Vouloir comparer le travail de Michel-Ange et de Rodin pouvait sembler artificiel, surtout autour du sujet du corps qui est par principe même la question principale de tout sculpteur, mais entre les sections au titre aussi fumeux que leur contenu (nature et antiquité : réinventer le modèle ; non finito ; corps et âme ; énergie et vie) et le fait que forcément Michel-Ange est très peu représenté au niveau sculpture (oui, il y a des copies, des œuvres de contemporains ou qui lui furent à un moment attribuées mais ça ne permet pas de voir son génie), l'exposition ne fait pas sens (pour découvrir Rodin autant aller en son musée). Heureusement, il y a de nombreux dessins du grand maître italien, seul véritable intérêt à mon sens de venir. A noter que la réunion de deux grands noms ne suffit plus à attirer les foules...

 

S'il est quasi-inconnu du grand public, Martin Schongauer est un artiste majeur dont l'influence fut considérable dans toute l'Europe, ce que l'exposition montre avec brio. Réunissant une bonne partie de son œuvre peinte comme gravée, elle commence par nous montrer les origines de son art avant de nous présenter les peintures (quel bonheur de revoir la vierge au buisson de roses, malheureusement dans un coffret de verre avec des reflets), les gravures puis l'influence considérable qu'elles ont eu sur les arts pendant des décennies. Une exposition magistrale malheureusement très peu fréquentée (quelques touristes perdus y rentrent par hasard et en sortent bien vite...).

 

A noter que si ces deux expositions ferment aujourd'hui, il y a encore un gros mois pour aller admirer ce chef-d’œuvre absolu qu'est le retable de Moulins dans des conditions qui ne se reproduiront plus avant longtemps...

 

Michel-Ange - Rodin : Corps vivants, Paris, le Louvre, jusqu'au 20 juillet 2026

Martin Schongauer : le bel immortel, Paris, le Louvre, jusqu'au 20 juillet 2026