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20/04/2017

Plus que quelques heures...

... pour aller voir l'exposition anniversaire de l'ENSBA. On ne peut malheureusement pas dire que l'école ait fait beaucoup de publicité et je n'ai vu qu'un seul autre visiteur pendant la grosse heure que j'y ai passé. Il faut dire que le titre, D’Antigone à Marianne. Rêves et réalités de la République dans les collections, est peu porteur et pas forcément très clair sur ce qui est présenté. Et après la visite de l'exposition, on n'est pas forcément beaucoup plus éclairé (espérons que le catalogue permettra de comprendre un peu mieux quel était le propos) même si au moins on en a pris plein les yeux (à condition d'être sensible au style d'oeuvres présentées...).

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La moitié de la grande salle Foch (où aucune démarcation n'est faite entre les sections) est consacrée à la présentation de tableaux ayant remporté le prix de Rome ou le Prix de Peinture de l'Académie Royale ainsi que quelques œuvres pour le concours d'esquisses peintes, rangés en rang d'oignons. Ils ont été regroupés par thèmes montrant les liens entre les valeurs de la République et les évènements mythologiques ou historiques (Rome, Grèce, Gaule...). Si cela n'a rien d'évident, on en profite en revanche pour voir comment l'Ecole est restée sous influence Davidienne dans son enseignement pendant de très longues années avant d'évoluer progressivement et pour découvrir les œuvres ayant lancé la carrière d'artistes ayant fait par la suite une brillante carrière (Ingres, Lenepveu,  Besnard) ainsi que des artistes désormais plutôt oubliés (Axilette, Grévedon, Menjaud) ou trop tôt disparus (Gaudar de Laverdine). Un régal !

 

De l'autre côté de la salle au centre de laquelle trône le Romulus vainqueur d'Acron d'Ingres qui quitte le Louvre pour retrouver sa place dans l'école, la deuxième moitié de l'exposition m'a beaucoup moins intéressé au niveau des oeuvres présentées (beaucoup de médaillons de David d'Angers, de sculptures et de peintures plus récentes) et veut parler de beaucoup trop de choses différentes (changement de la vie des artistes au fil des transformations sociales, les différents gouvernements, la naissance du réalisme social, la place des femmes...) pour ne pas faire que survoler son sujet. Une expo à voir rien que pour les Prix de Rome...

 

D’Antigone à Marianne. Rêves et réalités de la République dans les collections, Paris, ENSBA, du 24 février au 20 avril 2017

25/11/2016

Automne / Hiver à Orsay : doublement indispensable

Deux expositions superbes en même temps, ça ne se manque pas et comme en plus il y a dans les collections permanentes des tableaux prêtées pour les 30 ans d'Orsay par des musées de Province (Les énervés de Jumièges de Luminais par exemple) ou sortis des réserves pour remplacer ceux qui sont dans les expositions, il y a de quoi y passer des heures...

 

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Si l'exposition commence (Ruines du palais des Tuileries de Meissonier) et se termine (l'Impératrice Eugénie et le Prince Impérial en deuil de Tissot) sur la déchéance du Second Empire, tout le reste sera consacré à ses fastes : effigies et mise en scène de la grandeur impériale, palais, fêtes, théâtres, Salons, Expositions Universelles... Plusieurs centaines de pièces (peintures, dessins, meubles, céramiques...) nous montrent une société bourgeoise en plein développement où se côtoient, dans le luxe, académisme, modernité et revival (néo-grec, néo-gothique...). Les salles se succèdent, avec de véritables moments de bravoure (salle des portraits, Salon de 1863, immense salle finale consacrée aux Expositions Universelles), et on en prend plein les yeux, au point que deux visites ne sont pas loin d'être nécessaires pour profiter du très copieux menu proposé. Deux tout petits regrets : la grande proportion d'oeuvres connues provenant du musée (ou d'autres musées parisiens) et l'absence de salle consacrée au renouveau de la peinture religieuse avec les nombreuses commandes de l'état. Mais sans doute n'était-ce pas là le Spectaculaire Second Empire...

 

Après être passée à Montpellier, la rétrospective consacrée à Bazille est à Orsay et c'est un grand plaisir. Les oeuvres de l'artiste sont nombreuses compte tenu de leur rareté (il est mort très jeune), présentées essentiellement par thèmes (atelier, paysage, natures mortes...) où elles sont accompagnées d'oeuvres similaires de ses proches (Monet, Renoir, avec qui il partagea des ateliers) et de contemporains ou d'artistes qu'il admirait (Corot, Delacroix, Rousseau...). On découvre un artiste à la formation technique solide, très influencé par Manet à ses débuts et qui va progressivement se créer un style et des sujets propres. Les nombreux chef-d'oeuvres présents dans les dernières salles (Porte de la Reine à Aigues-Mortes, La Réunion de famille, Vue de village, Le Pêcheur à l'épervier, Scène d'été, La Toilette, les deux versions de la Négresse aux pivoines...) font regretter un peu plus sa disparition pendant la guerre de 1870 tant il montre un artiste différent de ses confrères impressionnistes alors que l'inachevé Ruth et Booz interroge sur le chemin que son art aurait pu prendre. En tout cas, après Caillebotte il y a 20 ans maintenant, les deux moins connus des "grands" impressionnistes ont désormais eu droit à leur rétrospective parisienne de référence.

 

 

Spectaculaire Second Empire, du 27 septembre 2016 au 15 janvier 2017.

Frédéric Bazille. La jeunesse de l'impressionnisme, du 15 novembre 2016 au 5 mars 2017

14/08/2016

Ca ferme aujourd'hui !

Une des rares expositions parisiennes de l'été ferme après seulement deux mois et en plein milieu de l'été, mais ça serait vraiment dommage de la rater, ce n'est sans doute pas demain qu'on pourra voir en France un tel rassemblement d'œuvres de Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783-1853).

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L'exposition est d'abord chronologique : tableaux peints à ses débuts au Danemark, puis pendant son séjour à Paris où il passe dans l'atelier de David et enfin lors de son voyage à Rome. On peut ainsi admirer l'évolution de l'artiste au contact des deux gros foyers artistiques de l'époque : sa technique se perfectionne, différentes influences se font sentir, mais il reste toujours ce sentiment particulier qu'on trouve dès ses premières, et parfois maladroites, œuvres danoises. La série de paysages italiens est en particulier magnifique, avec des points de vue souvent originaux et une lumière sublime.

 

La deuxième partie est thématique : les portraits (les grands formats néo-classiques manquent de sentiments, contrairement aux petits beaucoup plus charmants), les études de nus, les marines (deux très belles scènes de nuit) et les dessins. On découvre ainsi un artiste majeur, fondateur de l'âge d'or danois, dont on peut voir des œuvres de certains artistes dans une salle présentant des acquisitions récentes de la Fondation Custodia. Bref, une exposition à ne pas manquer !

 

C. W. Eckersberg (1783-1853). Artiste danois à Paris, Rome et Copenhague, Fondation Custodia, jusqu'au 14 août.

11/07/2016

Un printemps 2016 à Paris : Inclassables

Deux artistes contemporains s'étant impliqué chacun à sa façon dans la vie de son époque et très différents dans leurs peintures... ce sera le dernier voler de ce printemps 2016 à Paris...

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Formé à Budapest où sa famille de communards s'était exilée, Louis Tinayre (1858- 1942) revient en France comme illustrateur de presse ce qui l'emmène à parcourir le monde. Remarqué pour ses panoramas de Madagascar à l'exposition universelle de 1900, il accompagne le prince Albert Ier de Monaco dans ses expéditions dont il ramènera toutes sortes de documents. L'exposition du musée de la chasse présente entre autres une vingtaine de toiles représentant les chasses mais aussi les paysages et les personnes (Buffalo Bill !) rencontrées et Tinayre y fait preuve d'une technique à la fois assez classique et originale, se montrant particulièrement remarquable pour représenter l'eau et la neige. Une petite expo qui vaut le détour, surtout qu'on n'est sans doute pas prêt de revoir ces œuvres sorties pour la plupart des collections de SAS...

 

Un prince à la chasse, Albert Ier de Monaco (1848 - 1922), Louis Tinayre, musée de la chasse et de la nature jusqu'au 24 juillet.

 

Je n'attendais pas forcément grand chose de l'exposition consacrée à George Desvallières (1861-1950) au vu de l'affiche et de mes souvenirs d'œuvres croisées à Orsay ou au Petit Palais. Ce fut donc une excellente surprise... S'il fait partie de ces peintres à l'orée du nouveau siècle dont la formation classique (Robert-Fleury, Delaunay) laissera place à l'influence des avant-gardes, il fait preuve d'une grande singularité et fait passer beaucoup d'émotions. A la fois influencé par Gustave Moreau, Maurice Denis et Rouault, il produit des œuvres fortes et originales aussi bien dans le genre du portrait (essentiellement de femmes) que dans la peinture religieuse, genre auquel il se consacrera beaucoup et avec un rare sentiment après la Grande Guerre, à laquelle il a participé et qui lui a pris un de ses fils. Une très belle rétrospective à voir avant qu'elle ne ferme dans quelques jours. 

 

George Desvallières (1861-1950), la peinture corps et âme, Petit Palais, jusqu'au 17 juillet.

09/07/2016

Un printemps 2016 à Paris : Orsay

Deux grandes rétrospectives en même temps à Orsay (oui, je sais, ce n'est plus le printemps mais vraiment pas depuis longtemps...), alors autant y aller avant que la première ne ferme... Encore que...

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Je n'avais jamais été convaincu par le douanier Rousseau et ce n'est pas cette exposition qui va me convaincre. Malgré la présence de nombreux chef d’œuvres ainsi que de toiles montrant ses influences et ceux qu'il a influencé, je n'ai pas été sensible à la poésie de son œuvre, comme les nombreux groupes d'écoliers braillards présents pendant ma visite...

 

Heureusement Charles Gleyre m'a beaucoup plus convaincu. Des débuts difficiles (mais parfois truculents), un grand et dangereux voyage (qui ne fera pas de lui un orientaliste mais influera sur sa vision de la peinture), une consécration relativement tardive au Salon, un atelier réputé et qu'ont fréquenté aussi bien des futurs grands peintres officiels que les futurs impressionnistes, un désir de ne pas rentrer dans des formules au succès facile... l'artiste suisse a eu une carrière originale comparée aux grands peintres « pompiers » contemporains. Ses œuvres se révèlent d'ailleurs bien plus personnelles dans les thèmes (quel curieux paysage antédiluvien par exemple), les compositions et les coloris que sa réputation (et le fait de ne pouvoir voir que Les Illusions Perdues dit aussi Le Soir au Louvre) ne le laisse supposer. Une vraie redécouverte !

 

Le Douanier Rousseau. L'innocence archaïque, jusqu'au 17 juillet.

Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti, jusqu'au 11 septembre

16/06/2016

Un printemps 2016 à Paris : le XVIII°

Les deux expositions monographiques consacrées à des peintres du XVIII° sont désormais fermées mais elles méritaient vraiment le détour même si la dimension de l'artiste et l'ambition de l'exposition étaient très différentes.

 

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Au Louvre, un des plus grands artistes français du XVIII°, avec Hubert Robert dans une exposition très copieuse depuis ses débuts à Rome jusqu'aux conséquences de la révolution. Salle après salle, on redécouvre l'art de celui qui, loin d'être juste le peintre des ruines, se montre comme un paysagiste brillant et ambitieux, aux compositions subtiles foisonnant de détails. Les dessins des débuts, les rapports avec Fragonard, le succès, les décors… toute sa carrière est présente avec des œuvres majeures la plupart rarement vues en France, venue de grandes collections internationales, de musées français comme de collections particulières. Une des plus belles expositions parisiennes de ces 5 dernières années.

 

Hubert Robert, 1733-1808, un peintre visionnaire, Paris, Louvre, jusqu'au 30 mai 2016

 

A Cognac Jay, un artiste beaucoup moins célèbre et spécialisé dans la peinture animalière, Jean-Baptiste Huet. D'une taille plus réduite (une quinzaine de peintures et une quarantaine de dessins), l'exposition permet de découvrir un petit maître attachant qui prolongera jusqu'au début du XIX° un art un peu désuet inspiré autant par la pastorale française du milieu du siècle (Boucher) que les peintres animaliers du siècle précédent aussi bien du nord (Cuyp, Berchem) qu'italiens (Castiglione). Si ses dessins de plantes et d'animaux sont somptueux, ses pastels de scènes de genre ou d'histoire peuplées d'animaux tout à fait charmantes, les peintures présentées sont plus inégales (le loup blessé et son morceau de réception sont magnifiques, les portraits de chien plus quelconques) et le très bon catalogue fait regretter que le musée n'ait pas pu en faire venir un peu plus.

 

Jean-Baptiste Huet, le plaisir de la nature, Paris, musée Cognac Jay, jusqu'au 5 juin 2016.

11/05/2016

Un printemps 2016 à Paris : le grand Portnawak !

Troisième partie de ce bilan du printemps 2016, avec le grand portnawak du Grand Palais...

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Pour une fois, ce n'est pas la peine de réserver ses billets pour se rendre au Grand Palais, la foule ne se bouscule pas pour venir (euphémisme pour dire qu'il n'y a personne, en tout cas strictement aucune queue à chaque fois où je suis passé devant)... Comme son nom l'indique, Carambolages est un grand foutoir où se heurtent des œuvres de tous genres (peintures, dessins, gravures, sculptures, armes, mobilier...), de toutes époques (antiquité à nos jours) et de tous lieux, le tout sans panneau explicatif ni cartel, le but étant de n'avoir aucun a priori pour admirer les œuvres et trouver les différents thèmes et l'effet domino pour passer de l'une à l'autre (pas trop compliqué...). On notera que chaque « salle » (entre guillemets car il n'y a rien de vraiment fermé) présente néanmoins un cartel vidéo (ouaouh, c'est écologique) où défile de maigres renseignements sur chaque œuvre (il faut donc attendre qu'arrive le tour de ce qui nous intéresse...).

 

Inutile donc de dire que la foule a raison de ne pas se précipiter, tant le « concept » est ridicule et le résultat franchement pas convaincant. Il y a néanmoins des choses intéressantes (et souvent rarement montrées) soit pour leur beauté, soit parce qu'elles sortent vraiment de l'ordinaire. Dans la première catégorie et dans le sujet qui nous intéresse ici, on notera entre autres un dessin de Tête de cerf de Dürer, un Christ entouré de croix attribué à Jean Tassel, la Charité Romaine de Bachelier, un Autoportrait de Houbraken... Et parmi les curiosités, on note un Portrait de Louis Antoine de Gontaut anonyme où le corps est remplacé par celui d'un paon, les 8 époques de Napoléon symbolisées par des chapeaux de Steuben, le diptyque flamand dont une des faces intérieures sert d'affiche à l'exposition, l'étrange Vision de la Sainte Famille italienne, la Tête changeante de Jean Boinard... Cela mérite-t-il le déplacement (et le prix -élevé- d'entrée) ? Sans doute pas même si ce sera sans doute la seule occasion (car il ne faut pas compter sur ce qui tient lieu de catalogue) de voir la plupart de ces œuvres dont un certain nombre sont en mains privées.

 

Carambolages, Grand Palais, jusqu'au 4 juillet 2016.