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12/07/2021

L'année terrible à Issy

Le fort d'Issy y ayant joué un rôle important, il est logique que le musée d'Issy-les-Moulineaux ait choisi, pour les 150 ans de ces évènements, de présenter une exposition sur cette année entre 1870 et 1871 où la France a connu deux évènements majeurs : la guerre contre la Prusse et la Commune de Paris. Et c'est une excellente idée d'avoir choisi de les montrer uniquement par l’intermédiaire d’œuvres d'art, dessins, gravures et peintures, souvent peu vues et par des artistes peu connus, réalisées pendant comme bien après.

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Comment et quoi représenter de la guerre ? Des grands combats plein de mouvement et de furie, des escarmouches, les campements, les soldats, les destructions, les effets sur la population... les thèmes possibles sont nombreux, montrant la situation dans son horreur comme sa banalité ou son héroïsme. Il est fascinant de découvrir tant de diversité dans les choix artistiques (il est vrai que les peintures guerrières du XIX° sont finalement peu montrées dans les musées).

 

Parmi les œuvres marquantes, on notera le Combat à Epinay de Raoul Arus, la saisissante Ambulance à Pierrefitte au milieu d'une terre désolée de Gustave Vient, L'incendie des Tuileries de Georges Clairin, La barricade de Devambez (choisi pour l'affiche) ou les deux versions de L'éxécution de Varlin de Luce, déjà vues mais toujours aussi poignantes. Mais chacune des œuvres présentées est intéressante par les partis-pris de l'artiste qui ne pouvait rester neutre face à ces événements. Une exposition vraiment réussie.

 

L'année terrible, 1870-1871, regards croisés, Issy-les-Moulineaux, musée français de la carte à jouer, jusqu'au 14 août 2021.

07/07/2021

Double programme à Meaux

L'exposition pour commémorer le centenaire de la destruction des moulins de Meaux aura donc été présentée avec un an de retard en raison de la pandémie mais c'est une très bonne chose qu'elle ait finalement pu avoir lieu. Car au milieu de toutes sortes de documents (photos, journaux, maquettes...) évoquant ces vieux moulins médiévaux sur pilotis et leur destruction, sont présentés dessins et peintures d'artistes, souvent locaux, pas forcément très connus, mais inspirés par ce lieu pittoresque. A côté de Jean Julien Massé qu'on avait déjà découvert au musée Bossuet, on admire des œuvres de Lucien Gilbert Darpy, Alfred Renaudin, Léon Le Royer (bel ensemble de vue depuis sous les pilotis), George Gassies, Charles Joseph Roussel (intéressante interprétation de l'incendie), et les post-impressionnistes Fernand Pinal et Albert Lepreux. Il est toujours très intéressant de comparer ce que des artistes aux sensibilités différentes ont retenu et réinterprété d'un même lieu. Une exposition très réussie.

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Le musée de la grande guerre présente lui une bonne partie du fond restauré de peintures, dessins et gravures, légué par la famille de Georges Bruyer (1883 - 1962 ). Graveur et illustrateur reconnu de son vivant, il fut élève aux BA de Paris de Gérôme et Ferrier. Mobilisé, il prend part au conflit et s'il est blessé en 1915 puis réformé, il reviendra sur le front comme peintre de guerre. Autour de la série des 24 estampes de la guerre présentée dans le cadre de sa mission aux armées et qui a fait sa réputation, sont présentées des dessins, gouaches, aquarelles et quelques peintures. Plutôt que de représenter la guerre en elle-même, Bruyer représente le quotidien des soldats, sans héroïsme ni misérabilisme et les paysages du front. Son trait d'illustrateur s'approche parfois de la BD et croque la vie avec beaucoup de sensibilité alors que ses coloris pour représenter le crépuscule ou la nuit, son presque fantastique. Une très belle découverte ! On regrettera juste que le catalogue, au demeurant peu onéreux, n'en dise pas plus que les panneaux de l'exposition et ne présente pas un peu plus l'artiste avant et après la guerre. Mais l'exposition mérite le détour !

 

Feu les moulins de Meaux, Meaux, musée Bossuet, jusqu'au 30 septembre 2021.

Graver la guerre - Georges Bruyer, Meaux, musée de la grande guerre, jusqu'au 03 janvier 2022.

 

25/06/2021

La Princesse Palatine

Épouse de Monsieur le frère du roi Louis XIV, Elisabeth-Charlotte de Bavière dite la Palatine est un personnage de l'histoire de France relativement méconnu et souvent caricaturé. Princesse protestante allemande, elle est obligée de se convertir pour épouser un Philippe d'Orléans plus porté sur les hommes et qui, si elle connait d'abord un certain succès à la cour, va vite se retrouver en porte-à-faux avec une société qui lui est assez étrangère et qui ne l'apprécie guère...

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A travers peintures, dessins, gravures, objets d'arts, lettres... , le musée de Saint Cloud, dont le château qui appartenait à Monsieur était son lieu de résidence favori,  s'applique à nous faire découvrir la Palatine, sa famille, son arrivée en France, son intérêt pour les arts, son abondante correspondance, les aléas de sa vie (Monsieur étant mort quand elle était encore assez jeune, il lui a fallu se battre pour ses droits et elle a du avaler quelques couleuvres)... de façon très didactique et très réussie. Et le catalogue, vraiment peu onéreux, est un excellent complément à l'exposition.

 

Bref, ça ferme à la fin de la semaine, et ça mérite vraiment d'y passer (comme toutes les expos du musée des Avelines) ce week-end...

 

La princesse Palatine (1652-1722), la plume et le Soleil, musée des Avelines, Saint Cloud, jusqu'au 27 juin 2021.

19/06/2021

L'Iliade à Melun

Petite exposition-dossier au titre un peu ronflant qui présente des œuvres sur tout support (même la BD) autour de la guerre de Troie, la présentation du musée de Melun vaut surtout par la présentation d’un certain nombre de dessins du sculpteur Henri Chapu, grande gloire officielle du XIX°.

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Outre deux dessins d’après des sculptures antiques et des dessins préparatoires pour des concours de l'école des BA, on remarque surtout une série de scènes de l’Iliade pour des projets de bas-relief (dont on ne nous dit pas s’ils ont été réalisé). Particulièrement virtuoses dans leur capacité à rendre l’impression de relief, ils font preuve de beaucoup de fougue dans la composition que ce soit dans des scènes de bataille ou dans des scènes plus calmes. Certes pas une grande exposition mais une bonne dizaine de dessins valent vraiment le détour.

 

Les maîtres de l’Olympe, Homère, l’Iliade, Ulysse et Troie, musée d’art et d’histoire de la ville de Melun, jusqu’au 27 juin 2021

14/06/2021

A Versailles

C'est désormais trop tard pour les retardataires (elle ne sera restée ouverte que peu de temps mais déjà elle a pu ouvrir un mois malgré la très longue fermeture des musées pour raison sanitaire) mais il fallait aller voir la grande rétrospective Rigaud à Versailles (en plus avec la jauge de visiteurs, quelles conditions idéales !), sans doute l'exposition la plus importante après la réouverture des lieux culturels.

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Autoportraits, portraits de sa famille, débuts, maîtres et élèves, techniques de l'atelier, portraits d'artistes, d'ecclésiastiques, d'intellectuels, du roi (Louis XIV puis Louis XV), les sections se succèdent et c'est un ravissement constant. Au milieu de ce genre très codifié, Rigaud arrive toujours à donner un petit quelque chose en plus à ses portraits, bien plus variés qu'on ne pourrait le penser. Et il est définitivement le maître des drapés luxueux. Une expo tellement copieuse que même en allant la voir deux fois, on a l'impression de ne pas en avoir fait le tour.

 

Mais il y a toujours une bonne raison d'aller à Versailles car le château présente le résultat de 20 années d'acquisition dans le domaine du dessin. Représentations de la famille royale (très belle série de pastels de Wallerant Vaillant), esquisses pour les décors (superbe étude de tête pour l'amour de la vertu de Lemoyne qui sert d'affiche, Dibutade et Pygmalion de Regnault, Bataille d'Isly d'Horace Vernet...), représentations et projets pour le château de Versailles (depuis des études pour des gravures de Israël Silvestre ou Jacques Rigaud  jusqu'au pastel Feux de Bengale de Levy-Dhurmer), on ne peut que se réjouir de voir toutes ces œuvres réjouir les collections nationales... et de pouvoir pour une fois les admirer.

 

Hyacinthe Rigaud ou le portrait soleil, château de Versailles, jusqu'au 13 juillet 2021

Dessins pour Versailles, 20 ans d'acquisitions,  château de Versailles, jusqu'au 03 octobre 2021

29/05/2021

Juana Romani à Courbevoie

Si ce ne fut pas la première exposition vue à la réouverture de musées, c'était sans doute celle que j'attendais le plus. Ayant découvert Juana Romani (quelques œuvres mais aussi sa vie étonnante) avec Consuelo et Georges Achille Fould à l'exposition Femmes et artistes de XIX° organisé par le musée Roybet il y a déjà 7 ans, j'avais hâte que le musée puisse présenter cette grande manifestation consacrée à l'artiste italienne qu'il préparait depuis un moment. Et c'est une grande réussite.

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Soyons clair, il ne s'agit pas tant d'une rétrospective (ayant peint finalement très peu d'années, ses œuvres sont rares et on ne pourra voir qu'une grosse dizaine de ses peintures), qu'une évocation de son destin fascinant (elle émigre enfant à Paris avec sa mère et son futur beau-père, devient très jeune une modèle recherchée (c'est la Diane de Falguière par exemple), apprend à peindre et devient une artiste de talent mais souffre d'hallucinations paranoïaques qui provoqueront son internement dès 1906) et du milieu artistique (peintres, sculpteurs, poètes...)  dans lequel elle baigne comme modèle, élève, muse...

 

On la voit ainsi dans des œuvres de Jean Jacques Henner, Fernand Roybet, Victor Prouvé, Jean André Rixens..., du simple portrait dessiné au nu somptueux en passant par des compositions mythologiques ou  allégoriques, et c'est toute une époque fin XIX° / début XX° qui s'affiche devant nous, bien différente de cette modernité tant chérie aujourd'hui mais tout aussi intéressante. Quand aux portraits de Juana Romani, du touchant visage de son beau-père à ces jeunes femmes énigmatiques, dans un style quelque part entre Henner  et Roybet, ils ont une grande profondeur d'expressiont. Une exposition qui, loin des grandes machines parisiennes, révèle et instruit. A découvrir absolument !

 

Juana Romani (1867-1923), modèle et peintre. Un rêve d’absolu. Musée Roybet-Fould à Courbevoie, jusqu'au 19 septembre 2021

01/10/2020

Versailles au XX

Très intéressante expo (comme toujours) au musée Lambinet à Versailles, consacrée aux artistes de la ville ou ayant représenté la ville dans la première moitié du XX° siècle. Les premières salles présentent ainsi des artistes ayant des liens avec Versailles avec des œuvres pas forcément en rapport avec la ville alors que les suivantes se concentrent davantage sur les vues de la ville.

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Si les peintures, aquarelles, dessins, affiches... donneront envie aussi bien aux versaillais qu'aux touristes d'aller explorer la ville pour voir si et comment les différents lieux ont évolués, elles permettent aussi de découvrir des artistes à la formation encore classique et souvent oubliés. Ainsi découvre-t-on à côté des plus connus Henri Le Sidaner, Georges Lacombe ou André Suréda des noms que l'on ignorait totalement comme Pierre Huvelliez (1891 - 1959 ) et ses aquarelles colorées et délicates ; René Aubert (1894 - 1977) surtout connu comme dessinateur de presse mais superbe dessinateur aussi bien pour croquer un vieil homme sur un banc qu'un paysage urbain au lavis ou René Roussel ( 1885 - 1962 ) auteur de magnifiques vues au sépia ou à l'aquarelle (Abreuvoir de l'avenue de Sceaux), tous les trois représentés par de beaux ensemble.

 

Des découvertes et l'envie d'aller se balader après, que demander de plus ?

 

Versailles au XXe siècle, muse des artistes, musée Lambinet, Versailles, jusqu'au 29 novembre 2020