30/08/2026
Que d'eau à Nemours !
Elle ferme aujourd'hui mais je ne peux que conseiller à ceux qui seraient dans le coin d'aller au château-musée de Nemours voir l'exposition consacrée aux paysages d'eau.

Constituée d’œuvres sorties des réserves d'artistes du XIX° et début XX°, elle présente différents types de représentation en rapport avec l'eau : ports, rivières au milieu de la campagne ou de la ville, étangs, diverses occupations humaines (pêcheurs, lavandières, baigneurs) et permet de découvrir de nombreux artistes souvent peu connus voire totalement oubliées.
Parmi les toiles les plus marquantes, on notera le Port de pêche en Norvège de Johannes Grimelund, Les lavandières aux Andelys de Louis Le Poittevin, le Jeune pêcheur d'Ernest Marché, Femme et enfant au bord de la mer de Jules Frédéric Ballavoine, deux beaux Numa Gillet, la Mare aux fées d'Adrien Schultz ou les Bords du Loing à Moret d'Edmond Petitjean.
Et parmi les gravures, un Vieux pêcheur et une Pêcheuse de crevettes de Paul Mathey, deux beaux paysages d'Eugène Ciceri, la Baigneuse de Jean Louis Bremond, le Canal du Loing de Bernard Boutet de Monvel, trois eaux-fortes d'Eugène Béjot ou deux lithographies de Storm von's Gravesande.
Bref, le très actif musée de Nemours nous présente encore une fois une très belle exposition...
Paysages d'eau, château-musée de Nemours, jusqu'au 30 août 2026
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06/08/2026
Jardins à Versailles...
Après un premier passage raté (l'exposition était fermé (pas le Trianon, faudrait pas perdre de pognon)(heureusement je ne paie pas) pour cause de canicule (décision ministérielle d'après le personnel)), me revoilà à Versailles pour découvrir l'exposition Jardin des Lumières et le moins qu'on puisse dire c'est que j'ai été très très TRÈS déçu, alors que le Trianon avait été récemment le lieu d'expositions très réussies (entre autres Cotelle ou Coypel).

Raison n°1 : La scénographie tape-à-l’œil (et ce vert...), l'accrochage et l'éclairage sont absolument abominables. Entre la semi-obscurité de certaines salles, les vitres avec éclairage direct, les tableaux sans recul... on souffre pour profiter des œuvres. Mention spéciale (mais on n'oubliera pas non plus les 4 magnifiques Hubert Robert pour Bagatelle dans un beau contre-jour) aux deux grands Fragonard venus de Washington invisibles dans la dernière salle derrière trois grandes verrières...
C'est beau, non ?
Raison n°2 : Les mois d'été sont plein de touristes, et si, hors saison, ils ne se bousculent pas au Trianon, ce n'est pas la même histoire en août (il y avait déjà énormément de monde quand je suis venu, en vain, en juillet). Du coup des hordes bruyantes parcourent l'exposition au pas de courses sans rien (ou presque -oh regarde la jolie robe -) regarder mais en gênant ceux qui sont venus pour ça. Le confort de visite est catastrophique.
Raison n°3 : Le sujet est passionnant, mais traité de façon bien trop simpliste pour qu'on y apprenne grand chose. Les panneaux introductifs sont d'une grande banalité, la plupart des œuvres n'ont aucune explication sur leur cartel, et même, ce qui est pire, strictement aucune explication sur leur support, technique, taille... Grand public n'interdit pas un minimum de données "scientifiques".
Du coup, on y va ? Bah euh, oui, il y a des œuvres qu'on n'aura pas l'occasion de voir avant longtemps (outre celles venu de l'autre côté de l'Atlantique, il y a -entre autres- des gouaches et des tableaux sorties des réserves de Versailles ou de Carnavalet) et l'exposition donne un aperçu très réussi des jardins de cette période et de la vie qui allait avec. Mais il y avait moyen de faire tellement tellement mieux...
Jardin des Lumières, Grand Trianon, château de Versailles 1750 - 1800, jusqu'au 27 septembre 2026.
19:13 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (1)
02/08/2026
Roses & Pivoines
Elle ferme demain et s'il n'est pas forcément facile de se rendre au château de Rueil-Malmaison et à son "annexe" le château de Bois Préau où on lieu ses expositions temporaires, il ne faut pas hésiter à s'y rendre car même si pas très grande, elle mérite d'être vue.

Si je ne suis pas fan des expositions mêlant art ancien et moderne, il faut bien reconnaitre qu'au moins ici le lien est logique et si je suis loin d'être fan des œuvres de Thilo Westermann, au moins elle ne jure pas à côté de celles de Redouté et de ses contemporains. N'attendez pas une rétrospective du "Raphaël des fleurs" mais la quinzaine d’œuvres présentées (auxquelles il faut rajouter des gravures d'après ses dessins) avec des techniques et des supports différents suffit largement à ravir les yeux. Mention spéciale à la gouache du Louvre montant des pivoines sur fond noir qui fait la moitié gauche de l'affiche. Et puis c'est aussi un plaisir de découvrir un Vallayer Coster, un Van Dael ou un Gérard van Spaendonck qu'on ne connait pas...
Roses & Pivoines, Pierre-Joseph Redouté | Thilo Westermann, château de Rueil-Malmaison, jusqu'au 3 août 2026.
22:46 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
04/04/2026
Quelques "petites" expositions à Paris et autour...
Loin du circuit des expositions blockbusters (Louvre, Orsay, Versailles, Marmottan, Jacquemart-André...), des institutions moins prestigieuses organisent des expositions bien moins fréquentées, de qualités et de tailles très diverses, mais où il y a toujours l'occasion de découvrir de découvrir de belles choses...
Au musée Henner, on s'intéresse sur deux petites salles à l'interprétation par le maître des lieux et par Gustave Moreau du mythe de Salomé. Si bien évidemment la plupart des œuvres majeures des deux artistes sur ce thème n'ont pas fait le déplacement, les tableaux et dessins présentés permettent de se faire une idée du processus de création des deux artistes ainsi que de la diversité des représentations possibles. Une belle exposition-dossier avec un très bon petit catalogue.

Le musée Moreau présente lui pour un temps fort court une exposition dossier autour de "L'ultime chef-d’œuvre" du maître, La Sirène et le poète, dont on peut découvrir la superbe tapisserie, mais aussi le grand carton récemment redécouvert et restauré ainsi que différentes œuvres préparatoires allant de la grande esquisse peinte à des simples études d'animaux marins d'après le Magasin Pittoresque. Là-aussi une très belle exposition-dossier qui aurait peut-être elle aussi mérité un catalogue.
Autre maison-atelier d'artiste, le musée Delacroix présente son nouvel accrochage dont le titre en lui-même montre un gros manque d'inspiration : les trois salles de la maison sont consacrées aux proches, à la maison et aux hommages / copies tandis que l'accrochage de l'atelier consacré aux peintures a à peine été modifié. Il y a heureusement quelques jolies œuvres pas souvent montrées comme une version très originale du Sardanapale par Madeleine Dines la fille de Maurice Denis (dont est présentée aussi une vue de l'atelier), un portrait de Dedreux-Dorcy, une étude pour le monument à Delacroix de Jules Dalou, l'étude pour l'Immortalité de Fantin-Latour ou une lumineuse étude pour une eau-forte à la gloire de Delacroix par Charles Courtry. De là à payer plein pot si on connait déjà le musée...
Contrairement à ce que son titre pour laisser penser, l'exposition Après Michel-Ange au cabinet des dessins Jean Bonna à l'ENSBA présente comment le maître été étudié, copié et regardé à la Renaissance (quelques gravures et un dessin) mais surtout en France au XIX° autour de l'immense copie du jugement dernier par Sigalon. Parmi des œuvres très diverses (dont des dessins par les élèves actuels de l'école qui n'apportent pas grand chose...) et pas toutes intéressantes, un ensemble de copies / études par Géricault et Carpeaux, un très beau Michel-Ange veillant son serviteur malade de Robert-Fleury, l'étude d'après la Bataille de Cascina de Triqueti et une magnifique étude de tête de pestiféré de David. Pour moi une des expositions les moins réussies du cabinet des dessins ces dernières années.
On ne va pas s’appesantir sur l'exposition que le musée des Avelines consacre à l'aéronautique, la place consacrée à Dassault paraissant excessive et sans intérêt et le nombre d’œuvres correspondant à la ligne de ce blog étant faible (il y a quelques très beaux objets). Reste que le Devambez d'Orsay qui fait l'affiche est toujours sublime, qu'il y a une poignée de beaux portraits et que l'exposition a tout pour plaire aux familles.

Difficile de parler de "petite" exposition au musée de Meudon vu le nombre de peintures et dessins présentées en un accrochage ultra-serré dans les quatre petites salles du premier étage mais la très grande différence de qualité entre les œuvres interrogent un peu même si l'on comprend bien que le but de la collection Courtois est de montrer l'immense variété des paysages de l'ouest parisien depuis la fin du XIX°. Au milieu de quelques noms connus (Lebourg, Frank Myers Boggs et son fils Frank-Will, Harpignies, Raffaelli, Lépine, Luce) et d'autres aperçus ici et là (Tauzin, César Pattein, Etienne Maxime Vallée, Victor de Grailly), de belles découvertes (très beau paysage de neige de Victor Henry, étonnant étang de Villebon de l'inconnu Georges Meurice, le paysage à l'étang de Charles Antoine Armand Lenglet ou le bois de Boulogne de Pierre Chapuis) mais aussi des choses nettement moins intéressantes. A noter un bel ensemble de René Durey même si je ne suis pas très fan.
Salomé. Henner et Moreau face au mythe, musée Henner, Paris, jusqu'au 22 juin 2026.
La Sirène et le poète, musée Moreau, Paris, jusqu'au 4 mai 2026.
Delacroix. Un lieu, un artiste, musée Delacroix, Paris, jusqu'au 6 septembre 2026.
Après Michel-Ange, ENSBA, jusqu'au 24 mai 2026.
Saint-Cloud dans les nuages, une aventure aéronautique, musée des Avelines, Saint-Cloud, jusqu'au 5 juillet 2026.
L’âme artistique et urbaine de l’Ouest parisien, la collection Courtois, musée d'Art et d'Histoire, Meudon, jusqu'au 12 juillet 2026.
19:54 Publié dans exposition à Paris, exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
28/02/2026
Ibels à Saint Germain
Si l'exposition consacrée à la gravure chez les nabis à la BNF a fermé ses portes il y a quelques jours, il est encore temps d'aller découvrir celle que le musée Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye consacre à Ibels. Comme quasiment toujours actuellement organisée de façon chrono-thématique, elle nous présente les nombreuses facettes de l'artiste depuis ses débuts jusqu'à ses dernières années en présentant un nombre très important non seulement d’œuvres gravées (affiches, programmes, caricatures, partitions...) mais aussi de dessins, aquarelles et peintures. On trouvera également quelques œuvres de ses proches (Gausson, Seguin, Denis, Roussel, Vallotton) et de ses "concurrents" (Chéret, Fau, Hermann-Paul).

Et c'est un immense plaisir de se balader au milieu de très nombreuses œuvres gravées (l'exposition de la BNF en exposait trop peu de lui) pour lesquelles Ibels fut réputé et extrêmement actif où il fait preuve d'une grande inventivité et d'un esprit acéré. Mais aussi de découvrir un peintre, parfois trop sous l'influence de certains de ses amis nabis, parfois trop illustrateur, mais aussi d'autres fois plein d'imagination. Et s'il semble avoir regretté à la fin de sa vie de revoir moins d'honneur que ses amis faute d'avoir été assez peintre, on ne peut que constater que c'est dans son œuvre gravée qu'il se montre le plus brillant, sans aucun doute parmi les tous meilleurs du début du XX°.
On n'oubliera pas de se rendre en même temps à l'espace Ducastel-Vera découvrir l'exposition sur le château neuf de Saint-Germain-en-Laye pour découvrir l'histoire du château, voir un bel ensemble de gravures anciennes (Silvestre, Pérelle, Rigaud), des aquarelles (Dugourc, Basire, Bunout, Brun-Buisson) et l'un des projets de François Joseph Bélanger pour la reconstruction.
H.G. Ibels, un nabi engagé, musée Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye, jusqu'au 1er mars 2026.
14:27 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
15/02/2026
Ca ferme à Versailles...
Il y avait cet hiver deux expositions à voir à Versailles et les deux ferment aujourd’hui...

Au château, le Grand Dauphin était à l'honneur dans une grande rétrospective présentée de façon chrono-thématique : naissance, éducation, carrière militaire, domaines, collections, descendance... Au milieu des innombrables documents et objets d'art, les peintures se taillent la part du lion avec des œuvres de grande qualité et souvent peu vues. Des portraits, bien sûr, par Nocret, Beaubrun, Elle, Mignard, Rigaud, De Troy, Largillierre... mais aussi des peintures d'histoire comme les éléments du décor de ses appartements enfant aux Tuileries par JB de Champaigne et Claude II Audran, des œuvres de Jouvenet, La Fosse, Boullogne, Vuez... mais aussi deux belles scènes de vènerie de Desportes, deux vases de fleurs de Blin de Fontenay et une partie des superbes gouaches représentant le parc du château de Versailles déjà présentées il y a quelques années à l'exposition Cotelle. Bref une exposition qu'il ne fallait pas manquer même si on n'y apprend pas forcément beaucoup de choses si on s'intéresse un peu à l'histoire de France. A noter que l'exposition sur les Amérindiens, qui a lieu en même temps, présente, elle, très peu d’œuvres mais on y apprend plein de choses...
Le musée Lambinet présentait lui la collection de Fernande et Marcel Guy léguée au musée il y a une vingtaine d'années et montrée dans son intégralité (seules quelques œuvres sont d'habitude dans le circuit des collections permanentes) après restauration. Si elle est baptisée "passion post-impressionniste", elle regroupe des tableaux et dessins d'une période plus large puisqu'il y a aussi des œuvres impressionnistes (deux dessins de Sisley, un très beau Guillaumin et deux superbes Lebourg ), symbolistes (Puvis de Chavannes) ou plus tardives (Ottmann, Frank-Will). Mais la majorité des œuvres peut effectivement être mise sous ce nom un peu fourre-tout puisqu'on retrouve Signac, Lebasque, Moret, Maufra, D'Espagnat Malherbe mais surtout deux beaux ensembles de Luce et de Loiseau. Beaucoup de belles choses à voir, qui, pour la plupart, retrouveront dans doute les réserves...
Le Grand Dauphin, fils de roi, père de roi et jamais roi, château de Versailles, jusqu'au 15 février 2026.
Passion post-impressionniste : histoire d’une collection, Versailles, musée Lambinet, jusqu'au 15 février 2026.
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14/12/2025
L'art du multiple
Belle initiative de la part des musées de Pontoise et de l'Isle-Adam de présenter de concert sous le titre L'art du multiple une exposition consacrée à la gravure dans leurs collections.

Au musée Senlecq, les œuvres sont présentées dans des vitrines au milieu des salles où l'exposition (très réussie) Trois siècles à L'Isle-Adam a été prolongée de plusieurs mois en essayant de rester dans le thème de la salle. On notera entre autres Armand de Bourbon par Claude Mellan, des gravures d'interprétation d’œuvres de Jules Dupré par Laurens, Français et Anastasi, de très beaux paysages de Daubigny père et fils, Léonide Bourges, Lemaire, Vlaminck et Gatier. On reste un peu sur sa faim devant le petit nombre d’œuvres présentées mais comme l'exposition sur la ville est un plaisir à revoir...
Plus dense en œuvres, l'exposition du musée Pissarro a choisi elle-aussi de présenter les gravures au milieu des collections "permanentes" (qui tournent beaucoup, on note de récents (?) prêts du musée d'Aix-les-Bains, du musée d’Étampes, du CNAP et du conseil départemental) là-aussi en essayant de rester dans une thématique. Elles s'étalent sur une période plus large qu'au musée Senlecq, et outre de très belles pièces des différents membres de la famille Pissarro, on pourra admirer, entre autres, le sublime Portrait du graveur Henri Guérard par Norbert Goeneutte (repris sur l'affiche), la Ville de Pontoise d'Israel Silvestre, une très belle Chaumière à Valhermey de Charles Beauverie, une scène paysanne d'Henri Rivière en versions lithographie et lithographie couleur, le Ru de Valmondois de Charles François Daubigny, une Tête de chien de Paul Gachet ou Le grand chat de Cornelis Visscher. Un bel exemple d'exposition pour mettre en valeur ses collections.
L'art du multiple, musée Senlecq à L'Isle-Adam et musée Pissarro à Pontoise, jusqu'au 15 février 2026.
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