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12/03/2011

Giuseppe de Nittis

Publié auparavant sur jécoutedelamusiquedemerde (le 6 novembre 2010).

 

Vous vouliez avoir voir l'expo Claude Monet mais les heures de queue et l'idée de se masser à 50 devant chaque oeuvre vous rebutent ? Pourquoi ne pas traverser l'avenue Winston Churchill et profiter de l'expo sur son contemporain Giuseppe de Nittis au Petit-Palais ?

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Artiste protéiforme dans ses thèmes (l'expo est d'ailleurs regroupé ainsi plutôt que chronologiquement : le Vésuve, les courses, Londres...) et dans sa manière (de l'esquisse impressionniste à des tableaux au métier très fini), l'italien basé en France connut un beau succès tout à fait compréhensible à la vue de la centaine d'oeuvres exposées. Il fait ainsi un sérieux concurrent à son ami Tissot dans la représentation des élégantes mondaines (le côté ampoulé et sec en moins) et un peintre des rues parisiennes agitées bien plus convaincant et moins anecdotique qu'un Béraud. On sent toujours chez lui le souci de la représentation magnifiée de la nature et de ses éléments, que ce soit dans un paysage d'Italie bercé de soleil et composé en atelier ou des petits tableaux de nuages brossés sur le vif.

 

Personnellement, j'avouerai une préférence pour les trois charmantes scènes de neige et pour la magnifique série de petites vues du Vésuve, d'une liberté de touche  et de composition extraordinaires tout en admirant sa capacité (d'apparence surprenante pour quelqu'un du sud) à rendre les ambiances brumeuses et humides, ce qui en faisait le peintre parfait des rues animées de Londres, cette salle de l'expo étant sans doute celle qu'il est le plus difficile de quitter...

 

Encore une très belle expo au Petit-Palais, qu'on recommandera chaudement. Tous les renseignements pratiques sont sur ce site

Le maestro della tela jeans

Auparavant publié sur jécoutedelamusiquedemerde (le 27 octobre 2010).

 

Étrangement, le billet de Thomas sur la série Maison Close m'emmène à parler de l'exposition Le Maître de la toile de jeans à la Galerie Canesso qui ferme dans quelques jours (en fait elle est prolongée jusqu'au 27 novembre, courrez-y !). Quel rapport, me direz-vous ? La représentation d'une certaine misère. Mais là où on peut s'interroger sur les motivations d'une chaîne qui a crée son empire sur la trinité Foot-Cul-Déconne en montrant un bordel du passé (notons que je n'essaierai jamais de regarder cette série), un maître anonyme de la fin du XVIIème siècle reste d'une étonnante actualité.

 

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En voyant ce Petit mendiant avec une part de tourte d'il y a au moins 300 ans, difficile de ne pas penser à ces reportages sur les Roms dont les infos télé nous ont gavé ces dernières semaines. Et pas seulement en raison de cette veste en jean rapiécée qui paraît d'abord totalement anachronique. Peu importe de savoir si cette toile de coton de Gênes est à l'origine du jean ou pas, l'important est qu'elle est servie à rassembler un petit groupe de toiles anonymes (10 dont 8 sont présentes à l'expo) sous un patronyme générique excellemment trouvé (le Maître de la toile de jeans, donc) parmi ces peintres de la réalité où il y a encore tant de choses à découvrir.

 

Fans d'expositions copieuses, passez votre chemin car il n'y a « que » 14 œuvres à admirer (trois de peintres précédant notre anonyme et trois probablement postérieures). Mais cela laisse d'autant plus de temps pour admirer, comparer et méditer. Car il n'y a chez le Maître de la toile de jeans aucun désir d'anecdote, encore moins de leçon de morale et absolument pas de performance technique. La condition humaine des pauvres gens est représentée dans toute sa simplicité, sa banalité, sa brutalité. Il n'y a pas de beau ici, pas d'histoire non plus, et on peut s'interroger sur le public qu'il pouvait y avoir pour ce genre d'œuvres. A moins qu'un sens caché ne nous échappe aujourd'hui. Reste huit toiles, un peu hors du temps, qui nous touche plus qu'elle ne le devrait....

 

Et ce qu'il se dégage finalement, chez ces « petites gens », est un fort sentiment de lassitude, de résignation, de renoncement. Et de se demander si un artiste n'obtiendrait pas le même genre de chose en cherchant à représenter la France d'octobre 2010... Ce qui serait autrement plus intéressant, judicieux, osé et significatif que de s'intéresser à la condition des putes il y a 140 ans. Mais quel en serait le public ?

Les Orientales

Auparavant publié sur jécoutedelamusiquedemerde (le 17 avril 2010).

 

Pour marquer le redémarrage progressif de ce blog, une petite expo parisienne avec Les Orientales au musée Victor Hugo.

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Il est amusant de constater que, si la peinture orientaliste est très présente en librairie, elle est finalement peu représentée dans les musées (on serait curieux de voir les réserves du musée d'Orsay (entre autre) sur ce thème) et bénéficie rarement d'expositions. Une bonne raison de se rendre place des Vosges...

 

Organisée autour de grands thèmes tels les précurseurs (section d'ailleurs malheureusement pauvre en oeuvres), en Grèce ou les femmes, l'expo nous présente sculptures, dessins, gravures et peintures, souvent de petites dimensions, aussi bien d'artistes majeurs (Delacroix, Géricault, Chassériau) que quasi-inconnus mais pour une bonne partie rarement ou jamais vues (pas mal proviennent de collections privées ou des musées d'Athènes). Le tout organisé autour de textes du grand Totor (oui, il faut bien justifier la présence de l'expo en ce lieu).

 

Si l'ensemble n'est pas d'une grande cohérence, ni thématique ni qualitative, on prend plaisir à flâner dans les salles pour découvrir de charmants petits trésors en lisant les extraits proposés. Et parmi les différentes représentations, souvent assez comiques avec notre regard contemporrain, il faut bien le dire, de Mazeppa, celle de Géricault nous éblouit et laisse un souvenir impérissable. On n'en dira pas autant d'une exposition sympathique mais d'une portée trop limitée.