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23/06/2018

Un printemps en région parisienne 2018 I : les Dubufe

Toujours très actif sur les peintres ayant un rapport direct avec la ville de St Cloud (on se rappelle des très belles expositions sur les Duval Le Camus père et fils, Edouard Dantan ou Gaston Latouche), le musée des Avelines présente pour encore quelques jours la « dynastie » Dubufe ce qui permet d'évoquer (en partie) l'évolution de la peinture au cours du XIX° siècle (surtout pour le portrait).

 

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Elève de David, Claude-Marie Dubufe ( 1790 – 1864 ) occupe les deux premières salles. Dans la première on découvre des portraits de format moyen et plutôt intime (saisissant autoportrait de jeunesse) encore très marqués par son maître mais également une scène de genre (deux petits savoyards) faisant regretter qu'il ne s'y soit pas plus consacré. Ses peintures d'histoire, sans doute trop volumineuses ne sont qu'évoquées. La deuxième est une superbe réunion de grands portraits d'apparats qui firent sa réputation. On y voit son style évoluer d'un néo-classicisme un peu rigide et austère à la suite du baron Gérard vers une version somptueuse mais adoucie du portrait ingresque. Si les étoffes et les mains (entre autres) y sont peintes avec brio, cela reste un peu superficiel et dénué d'émotion, à part dans le brillant portrait de son fils et de sa belle-fille.

 

Présent dans la salle précédente avec un portrait de sa femme qu'on peut ainsi comparer à celui de son père, Edouard Dubufe ( 1819 – 1889 ) occupe l'intégralité de la grande salle 3 avec ce qui fit sa gloire : les portraits ! Les dames y sont belles et élégantes avec des robes somptueuses aux drapés fantastiques, d'abord dans un ingrisme mesuré hérité de son père et de son autre maître Delaroche puis dans une chatoyance second-empire qui en fit le grand rival de Winterhalter (portrait de l'impératrice). Plus personnels, le célèbre portrait de Rosa Bonheur représentée avec son « animal fétiche » et le portrait de Rachel dans le rôle de Camille pas si éloigné de Chassériau montre un artiste loin de n'exceller que dans le portrait mondain, comme le montre aussi ses deux portraits d'homme plus tardifs, puissants et expressifs. Ses tableaux d'histoire ne sont évoqués que par une esquisse sur le fils prodigue qui donne envie d'en voir plus.

 

S'il fut élève de son père, Guillaume Dubufe (1853 - 1909 ) ne fut pas essentiellement portraitiste (mais se montre très sensible dans des portraits familiaux au crayon et à l'aquarelle comme à l'huile) mais fut un des grands décorateurs officiels (Elysée, Comédie Française, restaurant de la gare de Lyon...) de la fin du XIX°, sans doute inspiré par son autre maître Alexis-Joseph Mazerolle. Outre des dessins et esquisses préparatoires pleines de brio et de couleurs pour différents projets, on peut admirer deux petits paysages et des illustrations où il ne se montre pas très éloigné d'un Luc-Olivier Merson.

 

Le musée de St Cloud nous propose donc une formidable occasion de découvrir un peu mieux une famille d'artiste dont les œuvres sont disséminées (et pas toujours montrées) dans nos musées et de montrer une partie de l'évolution de la peinture officielle au XIX°. Il est juste dommage qu'il n'ait pas eu la possibilité de faire de même pour leurs grands tableaux d'histoire.

 

Claude-Marie, Édouard et Guillaume Dubufe, la peinture en héritage, St Cloud, musée des Avelines, jusqu'au 24 juin 2018

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