10/01/2026
Ca ferme demain...
... et vous ne pourrez peut-être pas la voir si ce n'est pas encore fait car la billetterie d’Orsay indique complet. Il y avait pourtant peu de monde quand je me suis enfin décidé à m'y rendre et cela grâce aux quelques centimètres de neige paralysant la capitale.

L'exposition consacrée à John Singer Sargent est donc à la fois une superbe réussite et une petite déception : superbe réussite car elle nous montre bien sa formation, son évolution, ses différentes facettes et pas seulement ses chefs-d’œuvre. Et petite déception car on aurait aimé en voir encore plus (l'exposition Boldini au Petit Palais était bien plus complète par exemple...). Mais c'était quand même indéniablement une des expositions de l'hiver.
Et puis il faut en profiter pour voir l'exposition consacrée au sculpteur Paul Troubetzkoy, les dessins et études de Seurat disséminés au milieu des œuvres contemporaines de Bridget Riley ainsi que pour faire un tour dans les collections où des peintures vont et viennent (tiens un Léo Gausson, tiens une scène gauloise de Xénophon Hellouin...).
John Singer Sargent : Éblouir Paris, Paris, musée d'Orsay, jusqu'au 11 janvier 2026
20:51 Publié dans exposition à Paris | Lien permanent | Commentaires (0)
14/12/2025
L'art du multiple
Belle initiative de la part des musées de Pontoise et de l'Isle-Adam de présenter de concert sous le titre L'art du multiple une exposition consacrée à la gravure dans leurs collections.

Au musée Senlecq, les œuvres sont présentées dans des vitrines au milieu des salles où l'exposition (très réussie) Trois siècles à L'Isle-Adam a été prolongée de plusieurs mois en essayant de rester dans le thème de la salle. On notera entre autres Armand de Bourbon par Claude Mellan, des gravures d'interprétation d’œuvres de Jules Dupré par Laurens, Français et Anastasi, de très beaux paysages de Daubigny père et fils, Léonide Bourges, Lemaire, Vlaminck et Gatier. On reste un peu sur sa faim devant le petit nombre d’œuvres présentées mais comme l'exposition sur la ville est un plaisir à revoir...
Plus dense en œuvres, l'exposition du musée Pissarro a choisi elle-aussi de présenter les gravures au milieu des collections "permanentes" (qui tournent beaucoup, on note de récents (?) prêts du musée d'Aix-les-Bains, du musée d’Étampes, du CNAP et du conseil départemental) là-aussi en essayant de rester dans une thématique. Elles s'étalent sur une période plus large qu'au musée Senlecq, et outre de très belles pièces des différents membres de la famille Pissarro, on pourra admirer, entre autres, le sublime Portrait du graveur Henri Guérard par Norbert Goeneutte (repris sur l'affiche), la Ville de Pontoise d'Israel Silvestre, une très belle Chaumière à Valhermey de Charles Beauverie, une scène paysanne d'Henri Rivière en versions lithographie et lithographie couleur, le Ru de Valmondois de Charles François Daubigny, une Tête de chien de Paul Gachet ou Le grand chat de Cornelis Visscher. Un bel exemple d'exposition pour mettre en valeur ses collections.
L'art du multiple, musée Senlecq à L'Isle-Adam et musée Pissarro à Pontoise, jusqu'au 15 février 2026.
17:33 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
30/11/2025
Ca ferme aujourd'hui à Beauvais !

15:59 Publié dans exposition en province | Lien permanent | Commentaires (0)
31/10/2025
Les quais de Libourne
Il peut paraître surprenant de faire un long déplacement pour voir 6 tableaux et 8 photos mais 1. ça valait le coup ; 2. c'est l'occasion de se refaire le musée de Libourne (où on attend maintenant l'accrochage du Guido Reni redécouvert récemment).

Si j'ai peu apprécié l'initiative "100 œuvres qui racontent le climat" du musée d'Orsay et surtout son côté prêter des œuvres sans raison valable, j'ai trouvé que l'idée de présenter autour du tableau prêtée une petite exposition-dossier sur la représentation des quais maritimes et ferroviaires excellente car ce sont des exemples parfaits de comment le paysagiste à la fin du XIXème / début du XXème peut renouveler ses thèmes et se trouver confronter à de nouvelles difficultés de représentation (côté gris et sale, brume industrielle...).
À tout seigneur, tout honneur, commençons par le superbe Les Docks de Cardiff de Lionel Walden venu d'Orsay où il est loin d'être toujours montré malgré les mots très élogieux de l'édito du catalogue. Tableau sombre et poisseux, où l'humidité comme les vapeurs venues de toute part semblent nous coller au corps, il nous fait ressentir à merveille à la fois le vide humain et l'effervescence industrielle.
Les tableaux qui l'accompagnent ont été parfaitement choisi : le petit Guillemet rapidement brossé montre deux rives de la Seine totalement différentes tandis que les militaires de Luigi Loir s'attroupent dans la neige pour attendre le train qu'on ne devine que par sa vapeur. Le port de Bordeaux de Cazaubon se partage entre anciens navires à rames ou à voiles et plus modernes monstres à vapeur tandis que Les quais de Bordeaux d'Alfred Smith montre toute l'animation de la ville le soir venu et les Usines au crépuscule du méconnu Maurice Falliès nous font découvrir les nouveaux quartiers industriels. Tous montrent un monde en mutation mais aussi les nouveaux effets picturaux nécessaires à sa représentation.
A noter qu'un petit catalogue a été publié avec de très belles photos (en particulier des doubles-pages de détails) et de bonnes notices. On regrettera juste que l'article sur le "Paradoxe du paysage industriel" ne soit pas plus beaucoup plus étoffé et illustré. Cela ferait en tout cas un excellent sujet pour une plus grosse exposition !
D'un quai à l'autre, chapelle du Carmel, Libourne, jusqu'au 11 janvier 2026.
14:31 Publié dans exposition en province | Lien permanent | Commentaires (0)
27/10/2025
Sarah Lipska à Meudon
Il y a des musées auxquels on fait confiance même quand le thème de leur nouvelle exposition ne semble pas être pour soi et le petit mais très actif musée d'art et d'histoire de Meudon en fait partie. Et ne m'a comme toujours pas déçu.

Il faut dire que Sarah Lipska, artiste polonaise formée à la sculpture par Xawery Dunikowski, venue s'installer avec la fille qu'elle a eu avec son maître à Paris, où elle commença à travailler pour les costumes et décors des ballets russes, n'est a priori pas ma tasse de thé. Et ce serait mentir de dire que j'ai été emballé par son œuvre "art déco" aux formes souvent trop simplifiées et aux couleurs trop vives pour moi. Mais j'ai été fasciné par le destin étonnant de cette artiste multi-facette, à la fois sculptrice, peintre, styliste et décoratrice ainsi que par la personnalité qui s'exprime dans ses travaux (mention aux bustes sculptés, j'aurais aimé en voir plus).
Et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai parcouru les petites salles du musée de Meudon à la découverte d'une artiste que je ne connaissais pas et dont l'univers m'a intéressé même si tout ne m'a pas forcément plu. L'exposition passera après au musée Sainte Croix de Poitiers dans une version étendue, on verra si on aura le courage de s'y rendre pour en découvrir plus...
Sarah Lipska (1882-1973), sculptrice, peintre, styliste et décoratrice, musée d'art et d'histoire, Meudon, jusqu'au 22 février 2026.
16:30 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
21/10/2025
Madame de Caen
Si on connait très bien certains généreux donateurs de l'Institut de France / Académie des Beaux Arts (Marmottan, Jacquemart-André), on a totalement oublié Anne-Sophie Marchoux, comtesse de Caen ( 1809 - 1870 )(dont on peut admirer le somptueux portrait commandé à Adolphe Yvon) et sa fondation crée par testament dont le but était d'aider les jeunes artistes venant d'avoir le prix de Rome. Si les œuvres acquises par la fondation furent exposées au musée de la comtesse, installé dans le pavillon qui porte aujourd’hui son nom au Palais de l’Institut de France, cela fait maintenant plus de 50 ans que la plupart n'ont pas été montrées.

On ne peut donc que remercier l'Institut, même si c'est pour un temps assez court, de présenter une partie des œuvres de cette collection dans le pavillon qui les a autrefois accueillies. Et il est étonnant de voir à quel point la plupart des lauréats du prix de Rome à partir de 1872 ont été oublié (ou ont totalement changé de style). Parmi ceux ayant laissé un trace, on notera la surprenante et brillante Salomé d'Aimé Morot (ce chef-d’œuvre est LA redécouverte de l'exposition), La Pensée et Le Travail d'Albert Besnard conçus en décor pour le musée de Caen et encore loin des chefs-d’œuvre de l'artiste remis brillamment en valeur il y a quelques années par le Petit Palais ou la Danaé d'André Devambez très très loin de ce que fut par la suite l’œuvre future de l'artiste (lui aussi remis brillamment en valeur par le Petit Palais et le musée de Rennes).
Mais qui connait encore Joseph Wencker, dont la Baigneuse doit tout à la Naissance de Vénus de Cabanel, Alfred Bramtot dont la Léda aurait sans doute fait fureur 20 ans plus tôt, Lucien Doucet mort trop tôt dont la Jeune fille à sa toilette montre un talent pour le pastel incroyable, Victor Guétin dont le En Famille peint en 1908 parait si loin des avant-gardes triomphant à l'époque. Le Prix de Rome était devenu alors si loin des préoccupations artistiques "modernes"... Si l'on ajoute à cela un très bel ensemble de sculptures (somptueuse Cigale de Marqueste) et de dessins d'architectes (Acropole de Marcel Lambert, Restauration de la Villa Médicis de Gaston Redon, Arc de Constantin de Maurice Boutterin), on tient là une exposition à voir à tout prix, d'autant qu'elle est gratuite...
Le musée secret de la comtesse de Caen, Paris, Institut de France, jusqu'au 30 novembre 2025.
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20/10/2025
L'école de Paris
Parfois on va à une exposition un peu à reculons et on a une bonne surprise. Ce fut mon cas au musée de Montmartre pour l'exposition L’École de Paris, Collection Marek Roefler, où je ne me suis rendu que pour l'affiche (superbe Danseuse russe de Tamara de Lempicka, qui n'est d'ailleurs pas toujours rattaché à l'école de Paris) et un peu de curiosité.

Il faut dire que je n'apprécie guère les artistes rattachés à ce courant artistique qui n'est en pas vraiment un, tant il réunit des profils divers n'ayant comme point commun que Paris, l'avant-garde et, pour la plupart, d'être étranger. Ainsi derrière les références Van Gogh et Cézanne, on touche ici un peu à tout au niveau des influences : cubisme, fauvisme, expressionnisme, art déco..., le même artiste montrant souvent des visages très différents au cours du temps.
Mais voilà, il faut reconnaître que la collection réunie par Marek Roefler est incroyable et m'a fait apprécier des œuvres d'auteurs qui, jusqu'ici, ne m'avaient jamais touché, comme la saisissante Maternité de Mela Muter, Les fortifications, Issy-les-Moulineaux de Michel Kikoïne, Paysage de Kérity de Louis Marcoussis, le Paysage très géométrique de Alice Halicka ou le double portrait Zoucha et Louis Tas de Moïse Kisling. Ajoutons à cela deux beaux petits ensembles de Tamara Lempicka (étonnant Coin d'atelier) et Eugène Zak (très beaux portraits dessinés) et on obtient une exposition où tout le monde trouvera son bonheur... et des choses qu'il appréciera moins...
L’École de Paris, Collection Marek Roefler, Paris, musée de Montmartre, jusqu'au 15 février 2026.
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