02/08/2026
Roses & Pivoines
Elle ferme demain et s'il n'est pas forcément facile de se rendre au château de Rueil-Malmaison et à son "annexe" le château de Bois Préau où on lieu ses expositions temporaires, il ne faut pas hésiter à s'y rendre car même si pas très grande, elle mérite d'être vue.

Si je ne suis pas fan des expositions mêlant art ancien et moderne, il faut bien reconnaitre qu'au moins ici le lien est logique et si je suis loin d'être fan des œuvres de Thilo Westermann, au moins elle ne jure pas à côté de celles de Redouté et de ses contemporains. N'attendez pas une rétrospective du "Raphaël des fleurs" mais la quinzaine d’œuvres présentées (auxquelles il faut rajouter des gravures d'après ses dessins) avec des techniques et des supports différents suffit largement à ravir les yeux. Mention spéciale à la gouache du Louvre montant des pivoines sur fond noir qui fait la moitié gauche de l'affiche. Et puis c'est aussi un plaisir de découvrir un Vallayer Coster, un Van Dael ou un Gérard van Spaendonck qu'on ne connait pas...
Roses & Pivoines, Pierre-Joseph Redouté | Thilo Westermann, château de Rueil-Malmaison, jusqu'au 3 août 2026.
22:46 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
29/07/2026
Splendeurs du baroque
Même si on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, le titre de la dernière exposition du musée Jacquemart-André est peut-être un peu trop emphatique : impossible de donner une vraie vision de la splendeur du baroque espagnole à partir des seules collections de la Hispanic Society of America. Si on ajoute à cela les deux reproches habituelles du lieu (la petitesse des salles, heureusement il y avait très peu de monde quand j'y suis allé en cette fin juillet et l'éclairage), on pourrait penser que l'exposition ne vaut pas la peine de s'y rendre avant qu'elle ne ferme à la fin de la semaine. Il n'en est rien, et pour plusieurs raisons.

1. La principale : qui aura l'occasion d'aller prochainement ou plus lointainement à NY découvrir ces collections ? Pas moi en tout cas et c'est un plaisir de les découvrir à paris même s'il y a peu de chef-d’œuvre et surtout des tableaux mineurs des grands maîtres présentés (on attend en revanche beaucoup de la prochaine exposition Zurbaran au Louvre).
2. Une belle section est consacrée aux peintres partis travailler dans le nouveau monde et aux écoles de peinture qui s'y sont crées, chose qu'on n'a pas l'habitude de voir à Paris (la dernière fois me semble être le Mexique au Louvre il y a une dizaine d'année).
3. L'exposition présente finalement un panorama, certes succinct, mais assez complet vu le faible nombre d’œuvres, du siècle d'or espagnol. Et donne envie de repasser au Louvre revoir les salles qui lui sont consacrées (si elles sont ouvertes...) mais aussi de retourner voir les grands musées espagnols.
Bref, pas une grande exposition, mais une exposition qui mérite d'y passer.
Splendeurs du baroque - De Greco à Velázquez, Paris, musée Jacquemart-André, jusqu'au 2 août 2026.
18:59 Publié dans exposition à Paris | Lien permanent | Commentaires (0)
20/07/2026
Ca ferme au Louvre
Le Louvre semble malheureusement lui-aussi se spécialiser dans les expositions "blockbusters" (David, Delacroix bientôt Zurbaran, heureusement il y a eu Guillon Lethière) pas toujours réussie. Trois grands noms, deux expositions, fallait-il aller au Louvre au printemps et au début de l'été ?

Vouloir comparer le travail de Michel-Ange et de Rodin pouvait sembler artificiel, surtout autour du sujet du corps qui est par principe même la question principale de tout sculpteur, mais entre les sections au titre aussi fumeux que leur contenu (nature et antiquité : réinventer le modèle ; non finito ; corps et âme ; énergie et vie) et le fait que forcément Michel-Ange est très peu représenté au niveau sculpture (oui, il y a des copies, des œuvres de contemporains ou qui lui furent à un moment attribuées mais ça ne permet pas de voir son génie), l'exposition ne fait pas sens (pour découvrir Rodin autant aller en son musée). Heureusement, il y a de nombreux dessins du grand maître italien, seul véritable intérêt à mon sens de venir. A noter que la réunion de deux grands noms ne suffit plus à attirer les foules...
S'il est quasi-inconnu du grand public, Martin Schongauer est un artiste majeur dont l'influence fut considérable dans toute l'Europe, ce que l'exposition montre avec brio. Réunissant une bonne partie de son œuvre peinte comme gravée, elle commence par nous montrer les origines de son art avant de nous présenter les peintures (quel bonheur de revoir la vierge au buisson de roses, malheureusement dans un coffret de verre avec des reflets), les gravures puis l'influence considérable qu'elles ont eu sur les arts pendant des décennies. Une exposition magistrale malheureusement très peu fréquentée (quelques touristes perdus y rentrent par hasard et en sortent bien vite...).
A noter que si ces deux expositions ferment aujourd'hui, il y a encore un gros mois pour aller admirer ce chef-d’œuvre absolu qu'est le retable de Moulins dans des conditions qui ne se reproduiront plus avant longtemps...
Michel-Ange - Rodin : Corps vivants, Paris, le Louvre, jusqu'au 20 juillet 2026
Martin Schongauer : le bel immortel, Paris, le Louvre, jusqu'au 20 juillet 2026
08:23 Publié dans exposition à Paris | Lien permanent | Commentaires (1)
04/04/2026
Quelques "petites" expositions à Paris et autour...
Loin du circuit des expositions blockbusters (Louvre, Orsay, Versailles, Marmottan, Jacquemart-André...), des institutions moins prestigieuses organisent des expositions bien moins fréquentées, de qualités et de tailles très diverses, mais où il y a toujours l'occasion de découvrir de découvrir de belles choses...
Au musée Henner, on s'intéresse sur deux petites salles à l'interprétation par le maître des lieux et par Gustave Moreau du mythe de Salomé. Si bien évidemment la plupart des œuvres majeures des deux artistes sur ce thème n'ont pas fait le déplacement, les tableaux et dessins présentés permettent de se faire une idée du processus de création des deux artistes ainsi que de la diversité des représentations possibles. Une belle exposition-dossier avec un très bon petit catalogue.

Le musée Moreau présente lui pour un temps fort court une exposition dossier autour de "L'ultime chef-d’œuvre" du maître, La Sirène et le poète, dont on peut découvrir la superbe tapisserie, mais aussi le grand carton récemment redécouvert et restauré ainsi que différentes œuvres préparatoires allant de la grande esquisse peinte à des simples études d'animaux marins d'après le Magasin Pittoresque. Là-aussi une très belle exposition-dossier qui aurait peut-être elle aussi mérité un catalogue.
Autre maison-atelier d'artiste, le musée Delacroix présente son nouvel accrochage dont le titre en lui-même montre un gros manque d'inspiration : les trois salles de la maison sont consacrées aux proches, à la maison et aux hommages / copies tandis que l'accrochage de l'atelier consacré aux peintures a à peine été modifié. Il y a heureusement quelques jolies œuvres pas souvent montrées comme une version très originale du Sardanapale par Madeleine Dines la fille de Maurice Denis (dont est présentée aussi une vue de l'atelier), un portrait de Dedreux-Dorcy, une étude pour le monument à Delacroix de Jules Dalou, l'étude pour l'Immortalité de Fantin-Latour ou une lumineuse étude pour une eau-forte à la gloire de Delacroix par Charles Courtry. De là à payer plein pot si on connait déjà le musée...
Contrairement à ce que son titre pour laisser penser, l'exposition Après Michel-Ange au cabinet des dessins Jean Bonna à l'ENSBA présente comment le maître été étudié, copié et regardé à la Renaissance (quelques gravures et un dessin) mais surtout en France au XIX° autour de l'immense copie du jugement dernier par Sigalon. Parmi des œuvres très diverses (dont des dessins par les élèves actuels de l'école qui n'apportent pas grand chose...) et pas toutes intéressantes, un ensemble de copies / études par Géricault et Carpeaux, un très beau Michel-Ange veillant son serviteur malade de Robert-Fleury, l'étude d'après la Bataille de Cascina de Triqueti et une magnifique étude de tête de pestiféré de David. Pour moi une des expositions les moins réussies du cabinet des dessins ces dernières années.
On ne va pas s’appesantir sur l'exposition que le musée des Avelines consacre à l'aéronautique, la place consacrée à Dassault paraissant excessive et sans intérêt et le nombre d’œuvres correspondant à la ligne de ce blog étant faible (il y a quelques très beaux objets). Reste que le Devambez d'Orsay qui fait l'affiche est toujours sublime, qu'il y a une poignée de beaux portraits et que l'exposition a tout pour plaire aux familles.

Difficile de parler de "petite" exposition au musée de Meudon vu le nombre de peintures et dessins présentées en un accrochage ultra-serré dans les quatre petites salles du premier étage mais la très grande différence de qualité entre les œuvres interrogent un peu même si l'on comprend bien que le but de la collection Courtois est de montrer l'immense variété des paysages de l'ouest parisien depuis la fin du XIX°. Au milieu de quelques noms connus (Lebourg, Frank Myers Boggs et son fils Frank-Will, Harpignies, Raffaelli, Lépine, Luce) et d'autres aperçus ici et là (Tauzin, César Pattein, Etienne Maxime Vallée, Victor de Grailly), de belles découvertes (très beau paysage de neige de Victor Henry, étonnant étang de Villebon de l'inconnu Georges Meurice, le paysage à l'étang de Charles Antoine Armand Lenglet ou le bois de Boulogne de Pierre Chapuis) mais aussi des choses nettement moins intéressantes. A noter un bel ensemble de René Durey même si je ne suis pas très fan.
Salomé. Henner et Moreau face au mythe, musée Henner, Paris, jusqu'au 22 juin 2026.
La Sirène et le poète, musée Moreau, Paris, jusqu'au 4 mai 2026.
Delacroix. Un lieu, un artiste, musée Delacroix, Paris, jusqu'au 6 septembre 2026.
Après Michel-Ange, ENSBA, jusqu'au 24 mai 2026.
Saint-Cloud dans les nuages, une aventure aéronautique, musée des Avelines, Saint-Cloud, jusqu'au 5 juillet 2026.
L’âme artistique et urbaine de l’Ouest parisien, la collection Courtois, musée d'Art et d'Histoire, Meudon, jusqu'au 12 juillet 2026.
19:54 Publié dans exposition à Paris, exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
02/03/2026
Lumière agenaises
L'exposition que le musée d'Agen consacre à la période des lumières dans la région est très bien accrochée (bons quelques tableaux brillent un peu) dans des sortes de petits cabinets crées dans ce magnifique lieu qu'est la chapelle des Jacobins mais souffre de deux petits défauts : 1. sa thématique est trop large rendant les différentes sections plus ou moins complètes et intéressantes (mais le catalogue corrige sans doute ce petit problème); 2. Il faut avoir de bons yeux pour lire les cartels sans faire sonner les alarmes (mais elles m'ont semblé moins sensibles à la deuxième visite). Ces deux défauts signalés, on peut se concentrer sur ses nombreuses qualités...

L'exposition commence autour des collections, de la carrière et de la personnalité de Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis, duc d'Aiguillon qui furent saisies à la Révolution puis confié bien plus tard au musée d'Agen. Tombé en disgrâce après une brillante carrière (militaire, gouverneur en chef de la Bretagne, ministre) évoquée dans différentes salles à l'avènement de Louis XVI en raison de sa proximité avec Madame du Barry dont le superbe portrait en Flore par Drouais (il y en a deux versions) fait l'affiche de l'exposition, il s'exila sur ses terres où il tenta de recréer les fastes de Versailles.
Elle se poursuit en décrivant la situation et l'évolution de la région agenaise sur le plan économique, social, institutionnel, scientifique... et cela jusqu'à la révolution française. Au milieu de tableaux qui vont d’œuvres majeures de Vien, Boucher, Nattier... à des anonymes d'un intérêt uniquement historique, on trouve quantité de meubles, objets d'art divers, dessins d'architectures et de costumes, gravures... pour tenter de décrire au mieux cette période foisonnante. Bref une exposition à ne pas manquer cette dernière semaine si vous êtes dans la région.
Lumières françaises. De la cour de Versailles à Agen, chapelle des Jacobins, Agen, jusqu'au 8 mars 2026.
17:53 Publié dans exposition en province | Lien permanent | Commentaires (0)
28/02/2026
Ibels à Saint Germain
Si l'exposition consacrée à la gravure chez les nabis à la BNF a fermé ses portes il y a quelques jours, il est encore temps d'aller découvrir celle que le musée Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye consacre à Ibels. Comme quasiment toujours actuellement organisée de façon chrono-thématique, elle nous présente les nombreuses facettes de l'artiste depuis ses débuts jusqu'à ses dernières années en présentant un nombre très important non seulement d’œuvres gravées (affiches, programmes, caricatures, partitions...) mais aussi de dessins, aquarelles et peintures. On trouvera également quelques œuvres de ses proches (Gausson, Seguin, Denis, Roussel, Vallotton) et de ses "concurrents" (Chéret, Fau, Hermann-Paul).

Et c'est un immense plaisir de se balader au milieu de très nombreuses œuvres gravées (l'exposition de la BNF en exposait trop peu de lui) pour lesquelles Ibels fut réputé et extrêmement actif où il fait preuve d'une grande inventivité et d'un esprit acéré. Mais aussi de découvrir un peintre, parfois trop sous l'influence de certains de ses amis nabis, parfois trop illustrateur, mais aussi d'autres fois plein d'imagination. Et s'il semble avoir regretté à la fin de sa vie de revoir moins d'honneur que ses amis faute d'avoir été assez peintre, on ne peut que constater que c'est dans son œuvre gravée qu'il se montre le plus brillant, sans aucun doute parmi les tous meilleurs du début du XX°.
On n'oubliera pas de se rendre en même temps à l'espace Ducastel-Vera découvrir l'exposition sur le château neuf de Saint-Germain-en-Laye pour découvrir l'histoire du château, voir un bel ensemble de gravures anciennes (Silvestre, Pérelle, Rigaud), des aquarelles (Dugourc, Basire, Bunout, Brun-Buisson) et l'un des projets de François Joseph Bélanger pour la reconstruction.
H.G. Ibels, un nabi engagé, musée Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye, jusqu'au 1er mars 2026.
14:27 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
15/02/2026
Ca ferme à Versailles...
Il y avait cet hiver deux expositions à voir à Versailles et les deux ferment aujourd’hui...

Au château, le Grand Dauphin était à l'honneur dans une grande rétrospective présentée de façon chrono-thématique : naissance, éducation, carrière militaire, domaines, collections, descendance... Au milieu des innombrables documents et objets d'art, les peintures se taillent la part du lion avec des œuvres de grande qualité et souvent peu vues. Des portraits, bien sûr, par Nocret, Beaubrun, Elle, Mignard, Rigaud, De Troy, Largillierre... mais aussi des peintures d'histoire comme les éléments du décor de ses appartements enfant aux Tuileries par JB de Champaigne et Claude II Audran, des œuvres de Jouvenet, La Fosse, Boullogne, Vuez... mais aussi deux belles scènes de vènerie de Desportes, deux vases de fleurs de Blin de Fontenay et une partie des superbes gouaches représentant le parc du château de Versailles déjà présentées il y a quelques années à l'exposition Cotelle. Bref une exposition qu'il ne fallait pas manquer même si on n'y apprend pas forcément beaucoup de choses si on s'intéresse un peu à l'histoire de France. A noter que l'exposition sur les Amérindiens, qui a lieu en même temps, présente, elle, très peu d’œuvres mais on y apprend plein de choses...
Le musée Lambinet présentait lui la collection de Fernande et Marcel Guy léguée au musée il y a une vingtaine d'années et montrée dans son intégralité (seules quelques œuvres sont d'habitude dans le circuit des collections permanentes) après restauration. Si elle est baptisée "passion post-impressionniste", elle regroupe des tableaux et dessins d'une période plus large puisqu'il y a aussi des œuvres impressionnistes (deux dessins de Sisley, un très beau Guillaumin et deux superbes Lebourg ), symbolistes (Puvis de Chavannes) ou plus tardives (Ottmann, Frank-Will). Mais la majorité des œuvres peut effectivement être mise sous ce nom un peu fourre-tout puisqu'on retrouve Signac, Lebasque, Moret, Maufra, D'Espagnat Malherbe mais surtout deux beaux ensembles de Luce et de Loiseau. Beaucoup de belles choses à voir, qui, pour la plupart, retrouveront dans doute les réserves...
Le Grand Dauphin, fils de roi, père de roi et jamais roi, château de Versailles, jusqu'au 15 février 2026.
Passion post-impressionniste : histoire d’une collection, Versailles, musée Lambinet, jusqu'au 15 février 2026.
16:02 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)

