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07/11/2012

London Baby ! Part III

Si sur le papier l'exposition The Lost Prince : the life and death of Henry Stuart ne concerne pas forcément énormément ces pages, une bonne moitié des oeuvres présentées sont en fait des peintures, miniatures et dessins (le reste étant composé de lettres, livres, médailles...).

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Bien entendu, une grande majorité des peintures sont des portraits du prince, de sa famille et de ses proches, par les principaux portraitistes et miniaturistes actifs à cette époque en Angleterre (et souvent d'origine étrangère) : Robert Peake l'ancien, John de Critz, Marcus Gheeraerts le jeune, Nicolas Hilliard ou Isaac Oliver (très belle miniature du prince, qui sert d'ailleurs d'affiche à l'exposition, utilisé bien plus tard par Daniel Mytens pour en faire un portrait). Souvent un peu secs et archaïsants, ils permettent de voir l'évolution du genre aux environs de 1600 avec l'apparition du portrait équestre ou en extérieur. Ils souffrent quand même de la comparaison avec un portrait bien plus moderne et naturel de Michiel van Mierevelt (et encore plus avec celui peint par Rubens 20 ans plus tard...).

 

Dans les autres sections consacrées à son intérêt pour les arts ou la politique, on notera une belle marine d'Adam Willaerts, l'embarquement de l'Electeur Palatin après son mariage avec Elisabeth, la soeur d'Henry, quelques semaines après sa mort, un superbe vieillard tenant un coquillage de Mierevelt, un Christ chez Marthe et Marie de Hans Vredeman de Vries et Anthonie Blocklandt ainsi que deux très beaux portraits dessinés de Hans Holbein le jeune.

 

Une exposition intéressante mais qui risque de frustrer un peu aussi bien l'amateur d'histoire (mais que dire d'un prince mort à 18 ans ?) que l'amateur d'art (les oeuvres sont de qualité très inégale), d'autant qu'elle n'est pas très grande mais relativement chère (14 $ !).

 

The Lost Prince : the life and death of Henry Stuart, National Portrait Gallery, Londres, jusqu'au 13 janvier 2013.

04/11/2012

London Baby ! Part II

L'ambition de ce modeste blog n'est pas de faire une analyse détaillé (pour ça, on vous renvoie au superbe billet de la Tribune de l'Art) mais d'exprimer son ressenti après la visite d'une exposition. Et la grande rétrospective consacrée au Préraphaélites à la Tate Gallery me laisse avec les étranges impressions contradictoires de n'avoir rien appris, d'en avoir pris plein les yeux et de ne pas en avoir vu assez (pourtant avec plus de 150 oeuvres et deux heures de visite...).

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Prenons par exemple la première salle (par ailleurs trop petite pour la foule, ce qui provoque un goulot d'étranglement alors que le reste de l'exposition est assez fluide) consacrée à l'origine du mouvement et à ses débuts : elle présente quelques oeuvres d'artistes ayant influencé les futurs Préraphaélites (Overbeck, Dyce, Holst et même Lorenzo Monaco) mais sans doute pas assez (les Nazaréens auraient pu être mieux représentés) avec la Isabella de Millais, le Rienzi de Hunt et l'Enfance de la vierge Marie de Rossetti, trois des premières oeuvres de la confrérie exposées au public. Très bien. Mais où sont les artistes officiels de l'époque pour comprendre à quoi ils s'opposaient et en quoi leur art est révolutionnaire. Et c'est là le problème de l'exposition : nous vendre les Préraphaélites comme une avant-garde sans nous expliquer pourquoi et n'être donc au final qu'une gallerie d'images (et le catalogue n'est pas mieux, pas cher mais quasi dépourvu d'essais critiques).

 

Mais quelle gallerie d'images par contre...

 

La plupart des oeuvres vues en reproduction quelque part (les plus célèbres donc) sont là, dans une des différentes sections (History, Nature, Salvation, Beauty, Paradise, Mythologies) de l'exposition : l'Ophélie, le John Ruskin ou La Jeune Aveugle de Millais ; L'ombre de la mortLe Mauvais Berger , La Dame de Shalott ou La Lumière du Monde de Hunt ; L'annonciation ,  Lady Lilith ou Trouvée de Rossetti ; Le TravailLes Jolis Agneaux ou The Last of England de Ford Madox Brown ; le cycle de Persée, Les escaliers dorés ou Le Roi Cophetua et la Jeune Mendiante de Burne-Jones... ils sont tous là et bien d'autres encore ! On peut aussi admirer quelques oeuvres d'autres participants au mouvement (ou d'artistes proches) en regrettant de ne pas voir plus de tableaux de William Shakespeare Burton, Arthur Hughes ou John Brett.

 

Bref, un ravissement pour les yeux, mais en ne proposant ni l'art qu'ils rejetaient ni l'art qu'ils ont pu influencer, l'exposition montre les Préraphaélites sans expliquer leur modernisme ou leurs différences. Il reste les livres...

 

Pre-Raphaelites : Victorian Avant-Garde, Tate Gallery, jusqu'au 13 janvier 2013.

03/11/2012

London Baby ! Part I

En proposant une exposition consacrée aux débuts de la carrière de Peter Lely, la Courtauld Gallery réussit à éblouir et à frustrer terriblement. En effet, en réunissant 12 peintures de très belle qualité dans une seule salle, il propose ce qui aurait fait l'introduction parfaite à une grande rétrospective. Les deux portraits présents dans les collections permanentes ne suffisent pas à satisfaire notre appétit...

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Difficile de deviner parmi ces scènes pastorales que l'on a affaire au futur "remplaçant" de van Dyck comme portraitiste officiel de la cour. On pense sur quelques oeuvres à son maître supposé, Peter de Grebber ; sur d'autres à Jacob van Loo, autre nordique exilé ; enfin certains détails "réalistes" et certains éclairages évoquent les caravagesques d'Utrecht. Bref, une exposition "dossier" passionnante qui nous montre un jeune artiste cherchant encore son style en ne proposant que de très belles oeuvres. On n'en dira pas autant de la petite exposition de dessins de Lely et d'artistes qu'il a collectionné...

 

Enfin, si l'exposition est petite, c'est l'occasion de rappeler que la Courtauld Gallery présente une collection permanente de premier plan depuis les primitifs italiens jusqu'aux impressionnistes (avec des peintures célèbres de Manet, Renoir, Degas...) et au delà, avec des oeuvres de Botticelli, Metsys, Parmesan, Rubens, Goya, Guardi... Une visite indispensable si on passe à Londres !

 

Peter Lely: A Lyrical Vision, The Courtauld Gallery, jusqu'au 13 janvier 2013

02/09/2012

ND de Mirande

Voilà un parfait exemple du peu d'intérêt (euphémisme) qui peut être porté aux différents tableaux ornant les églises de France. N'espérez ainsi trouver le moindre renseignement sur les œuvres de Notre-Dame de Mirande quand vous la visiterez. Et guère plus sur le net...

 

Pourtant cette grande Assomption placée dans un autel baroque a été reconnue par Jean-Claude Boyer comme le May de Notre-Dame de Paris commandé à Antoine Coypel (1661 - 1722) en 1679. Il n'en est fait aucune mention dans l'église (en tout cas c'était le cas quand j'y suis passé) et l'œuvre est encore considérée comme anonyme sur les bases patrimoniales (où ne sont pas les peintures suivantes qui ne sont donc pas classées)... On vous conseille la lecture de l'article de 2007 sur cette importante redécouverte.

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Affecté d'après la base Arcade au musée de Mirande, après avoir été exposé au Salon de 1875 (comme on peut le voir sur cette photo) et acheté par l'Etat (son premier), le Daniel dans la fosse aux lions de Edouard Debat-Ponsan (1847 - 1913) se trouve derrière la porte d'entrée (ce qui explique l'angle de la photo et l'ombre...). Elève de Cabanel aux Beaux-Arts où il restera longtemps sans réussir à décrocher le prix de Rome, il débute au Salon en 1870. Peintre de portraits, d'histoire, de la paysannerie et de l'Orient, sa carrière officielle a souffert de son engagement pro-Dreyfus au Salon de 1898 avec la Vérité sortant du puit. Il est bien représenté dans les musées de province (Toulouse, Carcassone, Nantes...).

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Aucun renseignement en revanche sur cette vierge entouré d'anges dans les cieux (une autre assomption ?) dont on ne peut s'approcher assez pour voir si elle est signée.

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Même chose pour cette pentecôte dont la composition rappelle vaguement quelque chose.

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28/08/2012

Pendant qu'on est à Bagnères de Luchon...

... l'église St Etienne de Barcugnas est actuellement ouverte pour accueillir l'exposition Vierges à l'enfant qui présente moins d'une dizaine de statues polychromes venant des églises de la région. Intéressante (si on lit les rapports de restauration laissés sur une table) bien qu'un peu maigre (les vierges à l'enfant anciennes se comptent a priori par dizaines dans les églises du coin), l'expo ne rentre pas vraiment dans les limites de ce blog.

 

Mais c'est l'occasion de voir (trop de petites églises sont fermées 99% du temps) deux tableaux sur lesquels je n'ai pu trouver aucun renseignement. Il y a donc un beau Christ en croix apparemment du XVIII° :

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et un tableau néo-classique dont le sujet est obscur :

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Si quelqu'un sait quelque chose...

25/08/2012

N-D à Bagnères de Luchon

Petit retour sur une église dont j'avais parlé il y a plus d'un an en omettant certaines de ses œuvres.

 

La chapelle de la vierge a été peinte elle-aussi par Romain Cazes ( 1808 - 1881 ) en 1867. Sur la coupole, la Vierge à l'enfant où la vierge tend le rosaire à St Dominique pendant que l'enfant bénit Ste Thérèse et des deux côtés, St Joseph et St Jean.

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Il est plus difficile de savoir si le St Aventin et le St Bertrand de Comminges peints au dessus des portes latérales du chœur sont du maître ou de Bertrand Bernard, son élève luchonais et fidèle collaborateur sur plusieurs grands décors (la question reste posée dans le catalogue de l'exposition des dessins du musée de Montauban, dans l'église ils sont attribués à l'élève).

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Le décor de la chapelle du sacré-cœur est lui bien l'œuvre de l'élève en 1893. Considéré comme peintre décorateur sur la signature des peintures du chœur, on trouve très peu de choses sur Bertrand Bernard. Il n'est pas dans le Bénézit, serait mort en 1902 et est l'auteur de différents décors dans la région (en particulier dans l'église voisine de Mautauban-de-Luchon, malheureusement toujours fermée quand j'ai essayé de m'y rendre). Il était également membre de la société archéologique et aurait redécouvert les fresques du XV° de Cazeaux-de-Larboust. Comme pour d'autres artistes vus dans les églises du sud-ouest et ayant conservé un art très classique jusqu'au milieu du XX°, il est dommage qu'on ne trouve presque rien sur lui.

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22/08/2012

N-D des Tables à Montpellier

Le visiteur de la partie montpelliéraine de l'exposition Corps et Ombres n'aura que quelques mètres à faire pour compléter sa visite en admirant le Christ en croix avec la Vierge, saint Ignace, saint Jean et saint François Xavier de Guy François ( vers 1578 - 1650 ) à l'église Notre-Dame-des-Tables (par contre, attention, toutes les églises de la ville sont longuement fermées le midi...).

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On ne sait rien sur la formation et quasiment rien sur le (ou les) passage à Rome (une seule mention) de Guy François (et pas plus sur son frère Jean, on pourra lire à leur sujet Le temps du caravagisme de Jean Penent) mais on retrouve par contre beaucoup d'oeuvres pour les églises de la région après son retour au Puy-en-Velay. D'abord très marqué par Carlo Saraceni, son art évoluera progressivement et ce christ en croix, peint vers la fin de sa vie, montre l'influence de Tournier, installé lui à Toulouse. Il est en tout cas considéré aujourd'hui comme un des principaux caravesques français.

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L'assomption (1804) accrochée en haut du choeur est une des rares oeuvres religieuses (avec la Nativité de Saint Louis en L'Île) de Jean Charles Nicaise Perrin ( 1754 – 1831 ). Elève de Doyen et de Durameau, il fit une belle carrière officielle (deuxième prix de Rome en 1775 avec Aman confondu par Esther devant Assuérus, reçu académicien en 1787 avec Venus faisant panser les blessures d'Enée, exposant au Salon de 1787 à 1822 avec médaille d'or en 1800) comme peintre d'histoire antique. Son néoclassicisme est ici encore très tempéré par l'art du milieu du XVIII°.

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Edouard Antoine Marsal (1845 - 1929 ) fut élève de Mallet et de Cabanel, professeur à l'école des B-A puis au Lycée de Montpellier et exposa au Salon de 1868 à 1888. Il semble être plus connu comme illustrateur et les reproductions d'oeuvres que l'on peut trouver sur le net (des peintures très finies et surchargées, voir ici ou ) sont assez éloignées de ce Saint Roch (1885) assez touchant.

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On sera en revanche moins convaincu par le Saint Francois Xavier de Jean Jacques Bestieu ( 1754 – 1842 ) avec son dessin un peu naïf et sa perspective un peu aléatoire. Il fut élève de Restout à l'académie et actif dans la région de sa ville natale Montpellier. De lui, on pourra voir sur le net Les adieux de calas à sa famille du musée des Augustins, St Goerges présentant le dragon à Dioclétien de l'église de Saint-Georges-d'Orques ou Les âmes du purgatoire de l'église de Gignac.

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Enfin, donné à Van Loo (oui mais lequel ?) dans l'église et à l'école de Van Loo sur la plaquette consacrée à l'église, une Adoration des bergers occupe une petite chapelle où elle est bien difficile à voir. Elle avait remplacé le christ de Guy François au maître autel avant d'être elle-même remplacée par l'assomption de Perrin.