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07/07/2025

Boudin à Marmottan

Ayant pu voir la magnifique exposition Boudin au Havre il y a quelques années, je n'attendais pas forcément énormément de choses de celle organisée par le musée Marmottan-Monet, d'autant que les œuvres venant d'une seule collection privée (accompagnées par quelques oeuvres du musée) j'avais un peu peur qu'il y ait beaucoup d'esquisses et de petites pochades.

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Mais en fait pas du tout ! La collection réunie est absolument magnifique et donne un bon aperçu de l'art d'Eugène Boudin. L'exposition est comme souvent pour les expositions monographiques chrono-thématiques : les liens avec Monet, les débuts, la Bretagne, la Normandie, le Nord et Bordeaux, le Sud et Venise. Et c'est une succession d’œuvres de très belle qualité.

 

Car Boudin excelle à retranscrire le ciel et la mer du Nord (c'est moins ça pour le soleil du Sud...) avec ses infinies variétés de bleus-gris : ports, plages, campagnes, vaches... se succèdent avec toujours un grand plaisir. Une vraie belle exposition pour faire honneur à une collection privée incroyable.

 

Eugène Boudin, le père de l'impressionnisme : un collection particulière, Paris, musée Marmottan-Monet, jusqu'au 31 août 2025.

06/07/2025

Printemps 2025 en IdF 3 : Regnault à Saint Cloud

L'exposition ferme la semaine prochaine et je vous invite fortement à y aller (personnellement j'y suis allé deux fois)  car je ne pense pas qu'une exposition plus complète aura lieu dans les prochaines années.  Car s'il manque des pièces majeures (trop grandes, comme les tableaux d'Orsay, où trop difficiles à faire venir)(la seule œuvre dont on a du mal à comprendre l'absence est son grand prix de Rome), difficile d'imaginer une grande institution faire une rétrospective sur un artiste mort si jeune.

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Et donc l'exposition commence par la fin : la mort d'Henry Regnault à Buzenval en 1871 qui fera de lui un "héros" national : portraits, dessins faits sur le front, images posthumes... Comment un jeune artiste prometteur devient une sorte de martyre de la défaite de la guerre de 1870.  La section suivante nous présente sa formation à l'école des beaux-arts où il obtiendra le prix de Rome, ses travaux en Italie puis sur les chemins du voyage avec ses amis Clairin (si un musée voulait bien un jour lui consacrer une exposition...), Benjamin-Constant et Bida.

 

Consacrées aux portraits et aux voyages, les deux sections suivantes ne font que confirmer le talent d'un artiste qui avait tous les choix de carrière possible : ses portraits au crayon ont une technique imparable et une grande puissance d'expression que confirme le portrait du Baron Portalis présenté au salon de 1864 ; ses images d'Espagne ou d'Orient rivalisent sans problème avec les meilleurs artistes de son temps. Et Regnault aurait pu être un peintre d'histoire post-romantique extraordinaire. On ne le saura jamais mais ce que nous montre le musée de Saint-Cloud est suffisant pour apprécier une carrière courte mais intense.

 

Henri Regnault (1843-1871), le sabre et le pinceau, Saint-Cloud, musée des Avelines, jusqu'au 13 juillet 2025.

02/07/2025

Petit passage en galeries...

Malgré la chaleur, petite balade dans les galeries parisiennes dont ressortent deux expositions monographiques vraiment très intéressantes.

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La galerie La Nouvelle Athènes présente un superbe ensemble de dessins de Jean Baptiste Lavastre ( 1834 - 1891 ), surtout connu comme décorateur d'opéra. S'il y a finalement assez peu d'études pour des décors (mais certains ont déjà rejoints leurs nouveaux propriétaires...), il y a de très nombreux dessins du sud de la France et de Paris dans un grand nombre de techniques et de points de vue différents qui montrent un paysagiste vraiment sensible. Si vous ne pouvez pas vous déplacer (c'est dommage), le catalogue est en ligne par ici.

 

La galerie Claude Vittet présente, elle, une trentaine d’œuvres sur papier, essentiellement des aquarelles, de Victor Jean Nicolle ( 1754 - 1826 ). Ces vues italiennes, essentiellement de Rome, sont surtout des vues urbaines très fidèles, l'artiste ayant eu d'abord une formation d'architecte. Si j'ai préféré les paysages où les architectures laissent un peu de place à la nature (arbre, rivière, campagne), il est indéniable que Nicolle est un très bel artiste. Et la première salle de la galerie présente un superbe ensemble de toiles et quelques gouaches du XVII° (mais pas que). A voir !

 

 

17/04/2025

Printemps 2025 en IdF 2

Toujours très actif, le musée d'Art et d'Histoire de Meudon consacre sa nouvelle exposition aux œuvres d'art (tableaux comme l'indique le titre de l'exposition mais aussi sculptures et objets liturgiques) provenant des églises de la ville, témoignant ainsi de ce qui présente une partie fondamentale de la vie d'un musée : restaurer et étudier ses collections.

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Ainsi il n'y a aucun tableau majeur parmi la petite vingtaine d’œuvres présentées mais chacun d'entre eux pose des questions auxquelles on espère avoir un jour la réponse : de quelle scène religieuse pouvait provenir ce fragment avec trois personnages assis ? Qui peut être l'auteur de ces quatre grandes scènes de la vie de Saint Antoine le Grand ? D’où provient cette crucifixion de la fin du XVI° ? Qu'a pu peindre ce Antoine Kastner dont on ne trouve trace sur le net que de copies de toiles religieuses comme ce joli Mariage mystique de Sainte Catherine d'après Correge ?

 

Et on n'oubliera pas de se rendre à l'étage (outre pour y revoir les salles permanentes consacrées au paysage) pour y découvrir une magnifique et étonnante Adoration des mages avec sa composition toute en hauteur du méconnu Édouard Odier mais aussi une superbe Vue du château de Meudon dessinée en préparation à une gravure par Jacques Rigaud judicieusement acquise récemment par le musée.

 

Tableaux retrouvés, le patrimoine des églises de Meudon, Meudon, musée d'Art et d'Histoire, jusqu'au 29 juin 2025

15/04/2025

Printemps 2025 en IdF 1

Oublions le fait de présenter la "restauration" du lieu comme une œuvre d'art contemporaine. Oublions le fait que le mélange d'œuvres du Frac Île-de-France (d'ailleurs très peu nombreuses) et d'objets traditionnels ne fonctionne quasiment jamais. Oublions même la vacuité totale du propos de ces histoires de châteaux (quelques portraits / souvenirs d'anciens habitants de Rentilly, quelques représentations de châteaux d'IdF, une évocation des contes de fées...). Non, le pire problème est ailleurs.
 

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Il est que ces deux grands étages de béton sont vides (à ce stade on ne peut vraiment plus dire clairsemés...) et qu'il y a très très peu à voir. Au premier étage pour cet accrochage annuel (impossible de parler d'exposition...) on notera tout juste deux cartons de tapisserie de Jean Veber, deux beaux portraits de Laurent-Gsell et Kinsoen venus de Moulins où je n'ai pas souvenir d'avoir vu le deuxième, une grande nature morte de Marie Coignet dont on ne comprend pas comment elle a rattaché au thème (mais c'est très joli), un beau paysage du peu connu Louis Émile Lapierre venu du tribunal de grande instance et quelques œuvres de Nélie Jacquemart et Henrietta Thuret qui habitèrent le château. Et au deuxième, au milieu du néant (un espace lecture vide, un espace créatif vide, un espace... vide), un carré de béton à l'intérieur duquel sont présentées 16 peintures de l'école de Lagny (Gausson, Cavallo-Peduzzi, Prodhon...) soit bien moins que ce que présentait autrefois le petit musée de Lagny qui a transféré ses collections au musée intercommunal.
 
Bref deuxième fois que je m'y rends, deuxième ratage complet. Il faudra vraiment une exposition prometteuse (sur un des membres de l'école de Lagny par exemple) pour que je prenne une nouvelle fois le RER vers Torcy puis traverse la zone commerciale pour m'y rendre...
 
Histoire(s) de château(x), château de Rentilly à Bussy-Saint-Martin, jusqu'au 13 juillet 2025.

31/12/2024

Achille Varin à nemours

J'avais découvert il y a quelques années Achille Varin (1863 - 1942 ) avec son grand Rebecca à la fontaine que le château-musée de Nemours faisait restaurer et j'attendais avec impatience l'exposition promise à l'époque. Une nouvelle donation de la famille permet qu'elle voit enfin le jour, et on ne dira jamais assez merci à tous ces musées de régions, petits ou grands, cherchant à remettre en valeur ces bons artistes, souvent locaux (Varin a vécu à Nemours) et en grande partie oubliés, innombrables entre le XIX° et le début du XX°.

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Organisé autour d'une nouvelle donation familiale (l'artiste avait lui-même donné des œuvres au musée après sa création) et présentant des peintures et dessins venues de collections privées (les descendants j'imagine), l'exposition n'est pas une rétrospective, présentant très peu de moyens / grands formats peints pour les différents Salons (qu'il a par ailleurs assez peu fréquenté, n'en ayant apparemment pas le besoin financier) mais surtout des petits formats, des études et des esquisses. Cela permet néanmoins de se faire une idée de l'art d'un peintre, comme bien d'autres à l'époque, parfaitement formé par les maîtres des écoles parisiennes (passage à l'académie Julian et à l'ENSBA).

 

Et de comprendre un peu pourquoi il n'est pas passé à la postérité. Paysages, scènes de genre, scènes bretonnes, représentations de fables... il y a un peu de tout. D'ailleurs son grand Rebecca se place parmi ces peintures bibliques de l'époque cherchant à donner un côté historiquement réaliste en donnant un côté oriental. Et dans les paysages, il y a à la fois des scènes urbaines et champêtres, des vues influencées par l'école de Barbizon et d'autres pas les symbolistes... Et faute de dates, il est difficile de se faire une idée précise de son évolution pendant 50 ans d'activité... Mais on prend un réel plaisir à découvrir tout cela, avec de vrais belles surprises comme ce paravent ornées de fables peint pour sa nièce ou les nombreux grands fusains à la fois très sensibles et d'une grande maîtrise technique.

 

Nemours n'est qu'à 1h20 de Paris en train, et l'expo mérite qu'on s'y rende...

 

Achille Varin, une donation, château-musée de Nemours, jusqu'au 2 mars 2025.

30/12/2024

François Chifflart

La maison de Victor Hugo à Paris a vraiment une très belle politique d'expositions, qu'elles soient monographiques (Louis Boulanger, Georges Hugo et que de regrets de n'avoir pu voir François Auguste Biard en raison du Covid) ou thématiques avec des accrochages temporaires des collections. On regrettera juste que les catalogues soient souvent médiocres, avec très peu d'essais et même pas de reproductions de toutes les œuvres exposées.

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L'exposition François Chifflart (1825 - 1901 ) est ainsi une vraie grande réussite mettant en valeur un artiste essentiellement oublié et peu présenté dans les musées français à part dans sa ville natale de Saint-Omer. Essentiellement chrono-thématique, elle nous présente le jeune dessinateur prometteur passé dans l'atelier de Léon Cogniet dont on voit deux portraits, puis le grand prix de Rome (avec le superbe Périclès au lit de mort de son fils, sans doute un de mes préférés de cette époque avec le Cabanel) et le voyage en Italie, ses tentatives avortées de faire une grande carrière officielle dans la peinture d'histoire (essentiellement représentée par des petits formats, la grande Bataille de Cannes n'a pas pu faire le déplacement faute de place et n'a semble-t-il pas été accroché non plus par le Petit Palais dans les réserves duquel elle réside) pour finir sur la gravure (en particulier des œuvres de Hugo, d'où le lieu pour l'exposition) dans laquelle il se lança faute de réel succès en peinture et pour laquelle il a fourni des dessins absolument superbes.

 

Pourquoi cet insuccès ? Le sous-titre de l'exposition est "l'insoumis" et il faut sans doute entendre par là que Chifflart n'a pas compromis son art aux modes du moment (son prix de Rome montre qu'il avait pourtant la technique qui lui aurait permis de faire une carrière en faisant du joli et consensuel). Il me semble personnellement qu'il est né 20/30 ans trop tard. Dans son coloris, ses thèmes, la puissance des sentiments exprimés, je trouve quelque chose de Géricault. On l'imagine parfaitement à sa place au salon de 1819, bataille entre classiques et romantiques si bien montrée par le musée Girodet il y a quelques années. Se confronter à Delacroix, Scheffer, Decamps (dont j'ai trouvé ses paysages avec figures assez proche), Devéria... Pas une surprise qu'il ait excellé à illustrer Hugo...

 

Bref une exposition à faire absolument sur Paris !

 

François Chifflart, l'insoumis, Paris, maison de Victor Hugo, jusqu'au 23 mars 2025