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16/05/2015

Une petite visite toujours sympa

Le musée Eugène Delacroix est un lieu bien agréable et s'il ne propose pas de « grandes » expositions (il n'a ni la place ni la vocation à ça), ses expositions dossiers sont toujours intéressantes et permettent de faire un roulement des œuvres exposées...

 

Après les objets dans la peinture, souvenir du Maroc, ce sont au tour des acquisitions récentes d'être présentées. S'il n'y a pas de grands chefs d'œuvre (il suffit de traverser la Seine et d'aller au Louvre pour ça), on découvre une facette plus intime de l'artiste : portraits non officiels, esquisses de tableaux religieux, gravures... Et on s'enthousiasme de voir l'activité du musée pour réunir une collection aussi complète et variée du maître et de ses proches. Et le changement d'accrochage est l'occasion de voir des peintures pas présentées la dernière fois, comme deux très beaux paysages de Paul Huet.

 

Un musée, une collection en hommage à Delacroix, douze ans d’acquisition, 2002­ 2014, Paris, musée Eugène Delacroix, jusqu'au 29 juin 2015.

01/01/2015

Oh Toulouse

La réhabilitation progressive des grands peintres officiels de la fin du XIX° qu'on qualifie fort heureusement de moins en moins de Pompiers continue : après Cabanel, Gérome, Gervex, Laurens, Rochegrosse... c'est au tour de Benjamin-Constant d'avoir le droit à une grande rétrospective au musée des Augustins à Toulouse.

 

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Depuis ses débuts à l'école des BA de Toulouse jusqu'au sublime Flamand Rose qui conclut l'exposition, on suit son évolution chronologique et par thèmes. Surtout connu comme orientaliste, où il fait preuve d'un coloris flamboyant hérité de Delacroix, on le découvre aussi décorateur (excellente occasion de passer au Capitole voir (entre autres) son Entrée d'Urbain II à Toulouse, malheureusement partiellement caché par des plantes et une tribune) et portraitiste (un peu trop classique et sage dans le portrait mondain, beaucoup plus intéressant dans les portraits plus intimes).

 

Mais évidemment, ses toiles orientalistes sont les plus nombreuses, depuis des grands formats comme l'Entrée de Mehmet II à Constantinople laissée logiquement dans la salle des grands formats du musée jusqu'à des études sur le motif comme l'Etal du Boucher. Excellant dans l'art de représenter les matières (ses tissus et ses métaux en particulier) et les chairs, il ne se montre pas trop putassier contrairement à certains de ses contemporains dans la représentation des scènes e(x/r)otiques de Harem et est à son meilleur dans des scènes entre genre et histoire (Jour des funérailles, Les prisonniers marocains, Le roi du Maroc allant recevoir un ambassadeur européen...). Bref une expo à ne pas manquer, même s'il ne reste que quelques jours.

 

Benjamin-Constant, merveilles et mirages de l'orientalisme, Toulouse, musée des Augustins jusqu'au 4 janvier puis Montréal du 31 janvier au 31 mai 2015.

10/12/2014

Allez à Meudon !

Merci à La Tribune de l'Art d'avoir consacré un article à l'exposition Jean Laronze (1852 - 1937 ). Sans cela, je l'aurais sans doute loupée, le musée d'Art et d'Histoire de Meudon ayant tendance à bien trop peu médiatiser ses expos, pourtant souvent excellentes (il y a eu Théodore Rousseau l'an dernier par exemple).

 

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Je ne connaissais Laronze essentiellement qu'à travers les illustrations du catalogue de l'exposition Paysages de Bourgogne ayant eu lieu à Dijon en 2001-2002. La trentaine d'œuvres présentées m'a fait découvrir un artiste sensible et délicat, créant à travers une lumière douce, souvent du soir, des ambiances particulièrement sereines sur des paysages calmes où l'être humain ne joue, au mieux, qu'un rôle accessoire, et cela aussi bien dans ses représentation du bord de Loire, qu'il adorait, que de la côte du Nord, où il dut se rendre en raison de la santé de son fils.

 

Aussi à l'aise sur toile que sur papier (quelques grands dessins au fusain et à la craie sont vraiment superbes), il digère ses influences de Barbizon au Symbolisme pour créer des scènes d'une telle quiétude qu'elles paraissent idylliques. Au final, si l'exposition du musée de Meudon mérite amplement le détour et permet de redécouvrir bien plus qu'un "petit maître", on regrette un peu qu'une partie de son œuvre ne soit pas représentée (les paysages avec bergères comme La gardeuse de moutons du musée de Dijon ou La Marguerite du musée de Charolles) et que des toiles comme Le Soir, Charolais (Mâcon), L'angélus (Mâcon) ou Pêcheurs charolais (Dijon) ne soient pas présentes. Sans parler des œuvres apparemment vendues outre-Atlantique...

 

Comme tant d'autres, Laronze mériterait une vraie grande rétrospective, mais ce n'est sans doute par pour demain, alors il faut se dépêcher d'aller à Meudon...

 

Jean Laronze, rives et rivages, musée d’Art et d’Histoire de Meudon, jusqu'au 15 décembre 2014.

30/11/2014

Portrait de l'époque romantique

Je ne connaissais pas le lieu, et il est tout à fait charmant. Quoi de mieux en effet qu'un vieil intérieur bourgeois au milieu des bois pour exposer plus d'une centaine de portraits de la première moitié du XIX° dans toute leur diversité (miniature, dessin ou peinture ; intime ou officiel) ?

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Alors que dans les musées on s'habitue à ne voir que les grands maîtres et que dans les châteaux les portraits font en quelque sorte partie des meubles, cette présentation, qui va d'œuvres anonymes parfois maladroites à d'autres de maîtres reconnus (Winterhalter, Devéria, Dubufe, Hersent, Isabey...), permet de mieux appréhender un genre dont le but restait de garder ou de perpétuer le souvenir. Et s'il y a du coup beaucoup de petites choses anecdotiques, il est néanmoins passionnant de découvrir toutes les variations dans les poses, les décors, les expressions, les costumes...

 

Portrait de l'époque romantique, une passion de collectionneur. Maison de Chateaubriand, Chatenay-Malabry jusqu'au 15 décembre

31/10/2014

L'enfant vu par les peintres du XIX° siècle

Il ne reste que trois jours aux amateurs de peintures de la deuxième moitié du XIX° siècle pour se rendre à Chatou admirer une quarantaine d'œuvres sur le thème de l'enfant depuis la naissance jusqu'à l'enterrement. On y trouve une grande variété de thèmes, dont l'enfant peut-être le sujet principal ou un détail de la composition, comme une grande variété d'ambiances, du misérabilisme des enfants des rues de Pelez à la douceur familiale du foyer Dantan.

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Mais c'est surtout l'occasion de retrouver (Pelez ou Dantan ont eu droit récemment à une exposition monographique, Géo à un très beau livre) et de découvrir certains petits maîtres injustement qualifiés d'académiques voire de pompiers, et de constater encore une fois à quels points leurs ambitions comme leurs styles (du néo-classicisme de Sauvage à l'impressionnisme sage de Henri Michel Levy en passant -entre autres- par le naturalisme ou l'imitation des maîtres anciens) peuvent être différents. Mes tableaux préférés auront sans doute été le lumineux La femme du jardinier de Saintin que je ne connaissais que par ses paysages, Le retour du marché de Léon Albert Hayon et le saisissant L'ivrogne de Gustave Edme Brun mais toutes les œuvres présentées méritent d'être vues.

 

Une exposition très intéressante même si on l'aurait préférée plus dense (quid des thèmes de l'école et de la lecture ?) et dont le seul défaut est d'avoir un catalogue bien maigre avec quelques photos médiocres, des notices bien maigres (quand elles existent) sur les auteurs, une bibliographie rachitique et un essai d'introduction qui nous explique essentiellement que tout reste à faire sur le sujet. Souhaitons que quelqu'un le fasse, le thème de l'enfant le mérite largement.

 

L'enfant vu par les peintres du XIX° siècle, musée Fournaise, Chatou, jusqu'au 2 novembre 2014.

15/08/2014

Vite ça ferme aussi !

Je ne savais pas du tout qu'il y avait un musée à Courbevoie, et encore moins qu'il était en partie consacré à Ferdinand Roybet, maître reconnu de la fin du XIX°, surtout connu aujourd'hui pour ses scènes de genre historique, en particulier de "mousquetaires". La découverte dans le Pariscope d'une expo baptisée Femmes et artistes au XIXe siècle, m'incite donc à aller le découvrir.

 

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Organisée autour de quatre femmes, Valérie Simonin, plus connue sous le pseudonyme de Gustave Haller, qui fut comédienne, trois fois mariées, sculpteur, écrivain et critique d'art, ses filles Consuelo Fould et Georges Achille-Fould ainsi que l'italienne Juana Romani qui commença comme modèle pour Falguière, Carolus Duran, Henner..., l'exposition présente leur vie, parfois très romanesque, et leurs œuvres mais aussi celles de leur cercle ou de leurs maîtres, essentiellement tirées des collections du musée mais pas uniquement.

 

Et si elles ont toutes tendance à rester dans un académisme des plus classiques, elles le font avec un certain talent et non sans faire preuve de ce qu'on pourrait facilement taxer de nos jours de féminisme. Difficile de rester insensible aux scènes historiques légèrement symbolistes de Consuelo Fould (Les druidesses apaisant la tempête, Sur les ailes du rêve), aux portraits de sa sœur Georges Achille-Fould (La chauffeuse de tramway, Lydie Rodrigues Henriques en mariée) et de Juana Romani (Portrait de femme en costume vénitien, Portrait de jeune fille) et le seul regret que l'on a finalement en sortant (comme pour beaucoup d'expositions consacrées à ces peintres un peu oubliés des Salons de la fin XX° / début XX°), c'est qu'il n'y ait pas beaucoup plus d'œuvres...

 

Femmes et artistes au XIXe siècle, du 17 mai au 18 août, musée Roybet Fould, Courbevoie.

04/01/2014

arras - saint jean baptiste

Passer à Douai pour l'expo Corot était l'occasion rêvée de faire aussi un tour à Arras,  revoir le très beau musée des BA (dommage qu'une partie des collections XIX° soit décrochée pour une expo de tapisseries contemporaines)(même problème d'ailleurs à Douai) et entre autres, d'aller admirer la Déposition de croix de Rubens (un des nombreux tableaux du maître anversois sur ce thème dans la région Nord) accroché dans l'église Saint Jean Baptiste.

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Accroché en hauteur, sans doute pour sa protection, il souffre malheureusement d'un éclairage naturel par les grandes baies vitrées de l'édifice qui le fait briller sous presque tous les angles. A noter que le seul autre tableau de l'église est encore plus mal loti puisqu'il est situé dans une tribune au dessus d'un bas-côté et donc quasi-impossible à voir. Et que malheureusement, St Jean Baptiste sera la seule église de la ville que je trouverais ouverte avec la cathédrale, un phénomène malheureusement de plus en plus fréquent.