28/02/2026
Ibels à Saint Germain
Si l'exposition consacrée à la gravure chez les nabis à la BNF a fermé ses portes il y a quelques jours, il est encore temps d'aller découvrir celle que le musée Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye consacre à Ibels. Comme quasiment toujours actuellement organisée de façon chrono-thématique, elle nous présente les nombreuses facettes de l'artiste depuis ses débuts jusqu'à ses dernières années en présentant un nombre très important non seulement d’œuvres gravées (affiches, programmes, caricatures, partitions...) mais aussi de dessins, aquarelles et peintures. On trouvera également quelques œuvres de ses proches (Gausson, Seguin, Denis, Roussel, Vallotton) et de ses "concurrents" (Chéret, Fau, Hermann-Paul).

Et c'est un immense plaisir de se balader au milieu de très nombreuses œuvres gravées (l'exposition de la BNF en exposait trop peu de lui) pour lesquelles Ibels fut réputé et extrêmement actif où il fait preuve d'une grande inventivité et d'un esprit acéré. Mais aussi de découvrir un peintre, parfois trop sous l'influence de certains de ses amis nabis, parfois trop illustrateur, mais aussi d'autres fois plein d'imagination. Et s'il semble avoir regretté à la fin de sa vie de revoir moins d'honneur que ses amis faute d'avoir été assez peintre, on ne peut que constater que c'est dans son œuvre gravée qu'il se montre le plus brillant, sans aucun doute parmi les tous meilleurs du début du XX°.
On n'oubliera pas de se rendre en même temps à l'espace Ducastel-Vera découvrir l'exposition sur le château neuf de Saint-Germain-en-Laye pour découvrir l'histoire du château, voir un bel ensemble de gravures anciennes (Silvestre, Pérelle, Rigaud), des aquarelles (Dugourc, Basire, Bunout, Brun-Buisson) et l'un des projets de François Joseph Bélanger pour la reconstruction.
H.G. Ibels, un nabi engagé, musée Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye, jusqu'au 1er mars 2026.
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15/02/2026
Ca ferme à Versailles...
Il y avait cet hiver deux expositions à voir à Versailles et les deux ferment aujourd’hui...

Au château, le Grand Dauphin était à l'honneur dans une grande rétrospective présentée de façon chrono-thématique : naissance, éducation, carrière militaire, domaines, collections, descendance... Au milieu des innombrables documents et objets d'art, les peintures se taillent la part du lion avec des œuvres de grande qualité et souvent peu vues. Des portraits, bien sûr, par Nocret, Beaubrun, Elle, Mignard, Rigaud, De Troy, Largillierre... mais aussi des peintures d'histoire comme les éléments du décor de ses appartements enfant aux Tuileries par JB de Champaigne et Claude II Audran, des œuvres de Jouvenet, La Fosse, Boullogne, Vuez... mais aussi deux belles scènes de vènerie de Desportes, deux vases de fleurs de Blin de Fontenay et une partie des superbes gouaches représentant le parc du château de Versailles déjà présentées il y a quelques années à l'exposition Cotelle. Bref une exposition qu'il ne fallait pas manquer même si on n'y apprend pas forcément beaucoup de choses si on s'intéresse un peu à l'histoire de France. A noter que l'exposition sur les Amérindiens, qui a lieu en même temps, présente, elle, très peu d’œuvres mais on y apprend plein de choses...
Le musée Lambinet présentait lui la collection de Fernande et Marcel Guy léguée au musée il y a une vingtaine d'années et montrée dans son intégralité (seules quelques œuvres sont d'habitude dans le circuit des collections permanentes) après restauration. Si elle est baptisée "passion post-impressionniste", elle regroupe des tableaux et dessins d'une période plus large puisqu'il y a aussi des œuvres impressionnistes (deux dessins de Sisley, un très beau Guillaumin et deux superbes Lebourg ), symbolistes (Puvis de Chavannes) ou plus tardives (Ottmann, Frank-Will). Mais la majorité des œuvres peut effectivement être mise sous ce nom un peu fourre-tout puisqu'on retrouve Signac, Lebasque, Moret, Maufra, D'Espagnat Malherbe mais surtout deux beaux ensembles de Luce et de Loiseau. Beaucoup de belles choses à voir, qui, pour la plupart, retrouveront dans doute les réserves...
Le Grand Dauphin, fils de roi, père de roi et jamais roi, château de Versailles, jusqu'au 15 février 2026.
Passion post-impressionniste : histoire d’une collection, Versailles, musée Lambinet, jusqu'au 15 février 2026.
16:02 Publié dans exposition en région parisienne | Lien permanent | Commentaires (0)
14/12/2025
L'art du multiple
Belle initiative de la part des musées de Pontoise et de l'Isle-Adam de présenter de concert sous le titre L'art du multiple une exposition consacrée à la gravure dans leurs collections.

Au musée Senlecq, les œuvres sont présentées dans des vitrines au milieu des salles où l'exposition (très réussie) Trois siècles à L'Isle-Adam a été prolongée de plusieurs mois en essayant de rester dans le thème de la salle. On notera entre autres Armand de Bourbon par Claude Mellan, des gravures d'interprétation d’œuvres de Jules Dupré par Laurens, Français et Anastasi, de très beaux paysages de Daubigny père et fils, Léonide Bourges, Lemaire, Vlaminck et Gatier. On reste un peu sur sa faim devant le petit nombre d’œuvres présentées mais comme l'exposition sur la ville est un plaisir à revoir...
Plus dense en œuvres, l'exposition du musée Pissarro a choisi elle-aussi de présenter les gravures au milieu des collections "permanentes" (qui tournent beaucoup, on note de récents (?) prêts du musée d'Aix-les-Bains, du musée d’Étampes, du CNAP et du conseil départemental) là-aussi en essayant de rester dans une thématique. Elles s'étalent sur une période plus large qu'au musée Senlecq, et outre de très belles pièces des différents membres de la famille Pissarro, on pourra admirer, entre autres, le sublime Portrait du graveur Henri Guérard par Norbert Goeneutte (repris sur l'affiche), la Ville de Pontoise d'Israel Silvestre, une très belle Chaumière à Valhermey de Charles Beauverie, une scène paysanne d'Henri Rivière en versions lithographie et lithographie couleur, le Ru de Valmondois de Charles François Daubigny, une Tête de chien de Paul Gachet ou Le grand chat de Cornelis Visscher. Un bel exemple d'exposition pour mettre en valeur ses collections.
L'art du multiple, musée Senlecq à L'Isle-Adam et musée Pissarro à Pontoise, jusqu'au 15 février 2026.
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27/10/2025
Sarah Lipska à Meudon
Il y a des musées auxquels on fait confiance même quand le thème de leur nouvelle exposition ne semble pas être pour soi et le petit mais très actif musée d'art et d'histoire de Meudon en fait partie. Et ne m'a comme toujours pas déçu.

Il faut dire que Sarah Lipska, artiste polonaise formée à la sculpture par Xawery Dunikowski, venue s'installer avec la fille qu'elle a eu avec son maître à Paris, où elle commença à travailler pour les costumes et décors des ballets russes, n'est a priori pas ma tasse de thé. Et ce serait mentir de dire que j'ai été emballé par son œuvre "art déco" aux formes souvent trop simplifiées et aux couleurs trop vives pour moi. Mais j'ai été fasciné par le destin étonnant de cette artiste multi-facette, à la fois sculptrice, peintre, styliste et décoratrice ainsi que par la personnalité qui s'exprime dans ses travaux (mention aux bustes sculptés, j'aurais aimé en voir plus).
Et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai parcouru les petites salles du musée de Meudon à la découverte d'une artiste que je ne connaissais pas et dont l'univers m'a intéressé même si tout ne m'a pas forcément plu. L'exposition passera après au musée Sainte Croix de Poitiers dans une version étendue, on verra si on aura le courage de s'y rendre pour en découvrir plus...
Sarah Lipska (1882-1973), sculptrice, peintre, styliste et décoratrice, musée d'art et d'histoire, Meudon, jusqu'au 22 février 2026.
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04/10/2025
L'autre côté du château de Sceaux
Comme d'autres avant lui, le musée du Domaine départemental de Sceaux propose une exposition sur l'envers du décor : comment s'est crée et amplifiée la collection, quels sont les rôles du musée... Les habitués de ce genre d'exposition n'apprendront pas grand chose de nouveau (à part les particularités de la formation des collections locales) mais c'est toujours l'occasion de découvrir des œuvres de tout genre habituellement cantonnées aux réserves. Et il y a toujours de belles surprises.

Parmi les acquisitions de ces dix dernières années, on note un très beau dessin de Jacques Rigaud préparatoire à une gravure aussi présentée, deux très belles vues prises à Montalais près de Sèvres de la méconnue Lina Jaunez ( 1798 - 1860 ) ou un charmant petit Dunouy. Parmi les œuvres transférées d'autres institutions, un étonnant Pont de Sèvres de l'inconnu Philippe de Séréville ( 1820 - ? ) ou l'encore plus étonnant Transfert des ossements des rois par François Joseph Heim, venus tous les deux de Carnavalet.
On trouvera aussi des œuvres non exposées en salle mais régulièrement prêtées comme les très belles Carrières à Gentilly de Mellé ou l'affreusement réaliste accident de chemin de fer de A. Provost, des aquarelles de Paul Véra, des toiles récemment restaurées (Luce, Drulin, un crépusculaire Chintreuil) et des questions nées du recollement (jolie vue de Gentilly par Charles Jean Forget). Bref n'attendez pas des merveilles mais venez-y pour faire le plein de curiosités...
Trésors et coulisses du Château. Histoire d’une collection, Château de Sceaux, jusqu'au 22 mars 2026.
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10/09/2025
Passage à Auvers...
C'est toujours un plaisir de flâner à Auvers-sur-Oise (beaucoup moins de prendre les transports en commun pour s'y rendre depuis Paris...) et de retourner au musée et à l'atelier Daubigny.

Le musée Daubigny consacre ses espaces du premier étage à la présentation d’œuvres animalières de ses collections. S'il y a très majoritairement des œuvres contemporaines (en particulier un gros ensemble de gravures de l'artiste japonais Koji Ikuta d'une superbe technique mais qui m'ont laissé froid), il y a quand même d'intéressantes sculptures et céramiques de la fin du XIX° (malheureusement dans un meuble vitré exigeant de se baisser), deux représentations de chats comme toujours de belle qualité de Steinlen et un étonnant Chat sauvage de Édouard Paul Mérite (1867 - 1941 ) artiste que je ne connaissais pas mais que j'ai désormais très envie de découvrir.
A quelques dizaines de mètres, l'Atelier Daubigny présente lui une petite exposition consacrée à l'atelier et à la peinture en plein air. Si une partie des œuvres sont présentées par des photos ou des copies modernes (mais le lieu peut difficilement faire venir des œuvres de grands musées étrangers...), il y a quand même des choses à voir, comme deux gravures (dont une vue de l'atelier Daubigny) de Léonide Bourges dont je n'avais vu que des peintures jusque là, un bel ensemble de caricatures de Daumier sur les peintres en plein air mais surtout le superbe petit tableau représentant Marie Sophie Daubigny cousant devant la fenêtre. Si le propos reste succinct, l'exposition bien que petite n'en est pas moins intéressante.
Âmes animales, musée Daubigny, Auvers-sur-Oise, jusqu'au 21 septembre 2025.
D'ateliers en paysages, Atelier Daubigny, Auvers-sur-Oise, jusqu'au 2 novembre 2025.
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06/07/2025
Printemps 2025 en IdF 3 : Regnault à Saint Cloud
L'exposition ferme la semaine prochaine et je vous invite fortement à y aller (personnellement j'y suis allé deux fois) car je ne pense pas qu'une exposition plus complète aura lieu dans les prochaines années. Car s'il manque des pièces majeures (trop grandes, comme les tableaux d'Orsay, où trop difficiles à faire venir)(la seule œuvre dont on a du mal à comprendre l'absence est son grand prix de Rome), difficile d'imaginer une grande institution faire une rétrospective sur un artiste mort si jeune.

Et donc l'exposition commence par la fin : la mort d'Henry Regnault à Buzenval en 1871 qui fera de lui un "héros" national : portraits, dessins faits sur le front, images posthumes... Comment un jeune artiste prometteur devient une sorte de martyre de la défaite de la guerre de 1870. La section suivante nous présente sa formation à l'école des beaux-arts où il obtiendra le prix de Rome, ses travaux en Italie puis sur les chemins du voyage avec ses amis Clairin (si un musée voulait bien un jour lui consacrer une exposition...), Benjamin-Constant et Bida.
Consacrées aux portraits et aux voyages, les deux sections suivantes ne font que confirmer le talent d'un artiste qui avait tous les choix de carrière possible : ses portraits au crayon ont une technique imparable et une grande puissance d'expression que confirme le portrait du Baron Portalis présenté au salon de 1864 ; ses images d'Espagne ou d'Orient rivalisent sans problème avec les meilleurs artistes de son temps. Et Regnault aurait pu être un peintre d'histoire post-romantique extraordinaire. On ne le saura jamais mais ce que nous montre le musée de Saint-Cloud est suffisant pour apprécier une carrière courte mais intense.
Henri Regnault (1843-1871), le sabre et le pinceau, Saint-Cloud, musée des Avelines, jusqu'au 13 juillet 2025.
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