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29/09/2019

Un été parisien 2019 VIII-louvre

Impossible de ne pas finir cette petite recension des expositions ayant lieu cet été sur Paris et la région parisienne avec les expositions de dessins du musée du Louvre qui se terminent demain. Je n'ai pu les voir que tardivement, les problèmes nés du déplacement de la Joconde m'ayant empêché de m'y rendre avant, mon Pass ne me donnant plus droit aux accès prioritaires et le musée n'ayant été accessible de nombreux jours que sur réservation. Il est d'ailleurs ridicule de voir la queue immense sous la pyramide pour accéder à la Joconde alors que la plupart des salles sont vides...

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Ainsi y-a-t-il très peu de monde pour voir les dessins d'Antoine Jean Gros et c'est bien dommage ! Car on découvre un dessinateur d'une grande inventivité et d'une belle virtuosité, beaucoup plus libre pas ce médium que par la peinture, annonçant vraiment le Romantisme. Reste qu'en voulant élargir le propos en montrant des dessins (très beaux au demeurant) de son maître David et de ses condisciples dans l'atelier (Girodet, Gérard, Fabre) et quelques toiles déjà bien connues, l'exposition, qui partage une des deux anciennes galeries consacrées à l'histoire du Louvre avec une présentation didactique des différentes types d’œuvres sur papier, ne présente qu'une toute partie des dessins qu'elle possède alors qu'on aurait aimé en voir davantage...

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L'exposition consacrée aux dessins italiens de la collection Mariette bénéficie, elle, de l'intégralité de l'autre moitié des anciennes salles sur l'histoire du Louvre, et il fallait bien cela. Après nous avoir présenter le collectionneur et sa façon de collectionner, les dessins sont présentés par école et on finit sur une salle consacrée à sa façon de monter les dessins. Les pièces sublimes se succèdent, tous les grands maîtres sont présents (Michel-Ange, Raphael, Corrège, Parmesan, Véronèse, Carrache, Tiepolo... Coups de cœur (entre autres) pour ma part pour un Buste de jeune homme de Michelangelo Anselmi, un Vieillard barbu enturbanné de Pittoni, Six études pour St François recevant les stigmates de Palma le jeune, Dieu le père apparaissant à Adam et Eve du Baciccio ou le Paysage rocheux à l'orée d'un bois de Campagnola. Un exposition que les amoureux du dessin ne devaient pas rater....

 

Antoine-Jean Gros, 1771-1835 Dessins du Louvre et Dessins italiens de la collection Mariette, Paris, Louvre, jusqu'au 30 septembre

28/09/2019

Un été parisien 2019 VII - Meaux

Composée d’œuvres venant de diverses institutions meldoises ainsi que d'une petite dizaine de peintures venues d'une collection privée, l'exposition Des Animaux et des Hommes est plus une grande exposition dossier qu'autre chose. Elle n'en est pas moins très intéressante par sa manière de nous montrer les différentes façon de représenter l'animal, du simple attribut d'un saint (le très beau St Jean l'évangéliste de Girolama Marchesi da Cotignano) ou compagnon des humain sur un paysage ou un portrait, au sujet principal du tableau, mort ou vif...

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Mais l'intérêt principal d'une telle exposition est de découvrir des œuvres habituellement cantonnées en réserves et on est franchement étonné que le Chaton cajolé de Rochegrosse qui a été (à juste titre) choisi pour l'affiche ne soit pas présenté d'habitude (en tout cas pas à chaque fois que je suis allé au musée Bossuet). C'est donc l'occasion de voir des paysages de petits maîtres comme Charles Kuwasseg, Aymar Pezant, Camille Dufour, François Vuagnat, Armand Guéry... qui rappellent à quel point le XIX° a été riche et varié. Et cerise sur le gâteau avec les œuvres plus anciennes venues d'une collection privée où l'on retrouve Poussin, Fyt, Stoskopff, P van Bloemen, Potter...

 

Des animaux et des hommes, musée Bossuet, Meaux, jusqu'au 29 septembre 2019

22/09/2019

Un été parisien 2019 VI-orsay

Si vous avez envie d'une sortie bien copieuse et bondée pour les journées du patrimoine et que vous n'avez pas encore fait l'exposition Morisot... bein bon courage !

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En effet, les salles du premier étage qui abrite l'exposition (et seront semble-t-il désormais consacrées à ça) sont assez petites et peu adaptées à une foule nombreuse. En août ça restait supportable même si le confort de visite était moyen, mais en début de semaine c'était l'enfer alors je n'imagine même pas le dernier jour... Bousculades et engueulades seront sans doute au rendez-vous ! S'il est logique d'avoir mis Sérusier, Gauguin et Van Gogh au 5ème étage à la suite des Impressionnistes, ces salles étaient, me semble-t-il, bien plus adaptées aux expositions temporaires qu'elles ont abritées pendant des années.

 

La rétrospective Berthe Morisot est en revanche une grande réussite. Bien construite, plus riche en œuvres majeures que celle du musée Marmottan il y a quelques années (même s'il y a pas mal de peintures en commun), elle donne une vision très complète d'une artiste que j'avais du mal (à tord donc) à mettre aux premiers rangs de l'impressionnisme. Et pour compléter la visite, il faut absolument aller voir les pastels de Mary Cassatt exposés au 5ème étage ainsi que les dessins de Morisot, Cassatt, Bracquemond... exposées au rez-de-chaussé...

 

Berthe Morisot (1841 - 1895 ), Paris, musée d'Orsay, jusqu'au 22 septembre 2019.

Un été parisien 2019 V - Courbevoie

Si vous avez envie d'une petite sortie pas trop copieuse pour les journées du patrimoine, un petit saut au musée Roybet-Fould s'impose ! Vous pourrez profiter des œuvres de Ferdinand Roybet, George Achille-Fould et Consuelo Fould dans un accrochage qui profite de l'ouverture d'une nouvelle salle au première étage ainsi que de la petite exposition-dossier consacrée à l'enfance dans les collections du musée.

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S'il y a peu d’œuvres présentées dans deux petites salles, c'est l'occasion de découvrir des dessins et peintures habituellement dans les réserves comme le somptueux Portrait de Melle Bramme (qui sert d'affiche) de Roybet également représenté (entre autres) par La fillette à la poupée et Jeune page en grisaille. On notera aussi La poupée cassée de Louis Antoine Capdevielle et la Jeune fille à la poupée de Gustave Poetzsch. Plein de bonnes raisons de se rendre dans ce musée petit mais très actif...

 

L'enfance dans l'art, opus II, Courbevoie, musée Roybet-Fould, jusqu'au 22 septembre

15/09/2019

Un été parisien 2019 IV - Petit Palais

Si vous avez raté (quelle erreur !) au Petit Palais la sublime exposition sur les dessins allemands du musée de Weimar, occasion unique de découvrir un ensemble exceptionnel d'œuvres de Füssli, Friedrich, des Nazaréens..., il est encore temps de courir aujourd'hui y voir Paris romantique.

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Et si vous n'aimez pas le romantisme (quelle erreur !), sachez que ce n'est pas tant le sujet de cette exposition (même si bien évidemment tous les grands artistes, peintres, sculpteurs, écrivains, musiciens... du mouvement sont évoqués) que la vie à Paris à l'époque romantique sous tous ses aspects. On découvre donc à travers les salles les goûts des souverains comme des élégants de cette période 1815-1848 à travers une foultitude d'objets divers (costumes, accessoires de mode, vaisselle, mobilier, dessins, peintures, sculptures ...) et il est difficile de ne pas se perdre tellement cela foisonne de partout.

 

Au milieu de tout ça, la salle consacrée au Salon avec son accrochage dense et serré est un ravissement. Entre les œuvres pas forcément très connues d'artistes majeurs (Géricault, Delacroix, Gérard, Girodet) et des œuvres majeures d'artistes aujourd'hui moins célèbres (gros coup de cœur pour 'Un rayon de soleil' de Célestin Nanteuil, 'Un gypaète dévorant sa proie de Jules Coignet et le 'Réveil du juste, réveil du méchant' d'Emile Signol). On notera aussi un grand nombre de portraits de qualité dont on ressortira deux superbes portraits de femme par Joseph Désiré Court.

 

Ca ferme, il faut y courir, ainsi qu'au musée de la Vie Romantique qui abrite la partie de l'exposition consacrée au salons littéraires.

 

Paris romantique, 1815-1848, Paris, Petit Palais, jusqu'au 15 septembre 2019.

15/08/2019

Un été parisien 2019 III - Auvers sur Oise

Ne venez pas à Auvers pour voir une rétrospective Corot contrairement à ce que le titre pourrait vous laisser penser. Il n'y a que 12 toiles du grand maître dont 10 proviennent du musée de Reims toujours en travaux et les deux autres de collections privées (dont une n'est qu'attribuée à). En revanche venez voir un très beau panorama de la peinture de paysage de cette époque avec les maîtres, les contemporains, les élèves et les imitateurs de Corot.

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N'espérez par ailleurs pas trop d'explications. Après une salle d'introduction exposant le Portrait de Corot par Dutilleux et deux œuvres de ses maîtres Bertin et Michallon (représenté par le superbe Moulin de la cave venant lui aussi de Reims), la grande salle suivante nous parle de Corot en Italie mais présente entre autres un paysage de Fontainebleau. Et si la suivante nous parle de Corot voyageur, difficile de trouver la moindre cohérence dans les œuvres présentées. Les trois dernières salles sont dénuées de panneau explicatif mais semblent avoir pour thème Corot et la gravure, l'école d'Arras et les imitateurs du maître.

 

je peux paraitre critique mais j'ai beaucoup aimé l'exposition, je regrette juste que si on en prend plein les yeux, on n'y apprend pas grand chose... Outre les Corot de Reims, tous très beaux (mention spéciale au sublime Mantes (le matin)), une petite liste des œuvres que j'ai préféré presque toutes provenant de collections privées :

- Bord de mer en Italie et Villa et moulin au bord de Méditerrannée de François Louis Français, très différents de ses habituels sous-bois,

- Le repos du jeune garçon et Neige à Barbizon d'Eugène Lavieille,

- La récolte, les champs de pomme de terre, d'Antoine Chintreuil

- Vue de Rome et Les chênes de Brascassat qui rappellent que le grand peintre animalier a été formé comme paysagiste,

- Le passage du bac de Louis Aimé Japy,

- Crépuscule de Louis Alexandre Bouché qui adapte la technique du maître à une lumière nocturne,

- Paysage à la mare avec bergère et moutons de la peu connue Marie Brodbeck qui fut élève du maître.

 

Camille Corot (1796-1875), Auvers sur Oise, musée Daubigny jusqu'au 22 septembre 2019

12/08/2019

Un été parisien 2019 II - Fondation Custodia

L'exposition Frans Hals a la fondation Custodia n'est certes pas une rétrospective mais elle est néanmoins indispensable. En effet cinq de ses portraits de famille ont été rassemblés (dont les trois fragments de La famille van Campen dont une vidéo explique comment on a reconstitué le "puzzle") et c'est un immense plaisir de pouvoir naviguer de l'un à l'autre (et facilement, il n'y a pas grand monde), comparer les compositions, les interactions, la manière. Si Hals est un immense portraitiste brossant brillamment les visages comme les costumes, on découvre sa façon de mettre en scène les rapports familiaux. Si on ne peut comparer les toiles du maîtres avec celles de ces contemporains, on peut en revanche voir sur des dessins d'Abraham van Diepenbeeck et Adriaen van Ostade de la fondation Custodia d'autres façons d'envisager ce genre de représentation.

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L'autre partie de l'exposition présente en effet les peintures et œuvres sur papier du siècle d'or appartenant à la Fondation et représentant des enfants, du bébé à l'adolescent. Du portrait officiel (Portrait de Cornelis van Groenendyck par Abraham van den Tempel) au plus intime (Willem Paets dans son berceau par Frans van Mieris l’Ancien) en passant par l'enfant qui joue (Un enfant jouant du tambour à friction par Adriaen van der Werff), les représentations sont très variées. Coups de cœur pour ma part pour des dessins : le superbe Femme portant un enfant sur ses genoux de Rembrandt, l'Étude de tête de fillette de Cornelis de Vos ou l'Enfant endormi de Govert Flinck ainsi que pour l'étonnant tableau Trois jeunes gens, l’un dessinant attribué avec réserves à Jacob van Oost l’Ancien, mais il y a vraiment énormément de belles choses dans la quarantaine d’œuvres présentées. Et pour ceux qui ne pourraient pas s'y rendre, le catalogue est consultable en ligne.

 

Frans Hals, portrait de famille & Enfants du siècle d'or, Paris, Fondation Custodia, jusqu'au 25 août.