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18/08/2012

Notre-Dame de Valence d'Agen

Construite en 1902 dans un mélange de styles néo-quelque chose, l'église Notre-Dame contient très peu de mobilier ancien, en particulier un seul tableau, une très belle Apparition de la Vierge à Saint-Antoine de Padoue datée 1726 mais anonyme.

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Datant de la construction de l'église, une copie de La déposition du christ de Jusepe de Ribera (Louvre) est signalée comme de Domergue sur le cartel. Même s'il fut un participant actif aux différents courants de l'art moderne, c'est peut-être Edouard Domergue-Lagarde (1874 - 1952 ), né à Valence, élève du peintre religieux Cazottes, de Bonnat et de Carrière, qui fut peintre de portraits, de natures mortes et de paysages, sociétaire au salon d'Automne en 1918 et chevalier de la Légion d'Honneur en 1925.

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Dans le chœur a été ajoutée dans les années 30 une série de décorations par René Lala-Gaillard ( 1893 - 1974 ). Si on ne trouve rien sur lui dans le Bénézit, on peut apprendre sur le net (il a même une page Wiki) qu'il est connu pour ses nombreuses restaurations et décorations d'églises dans le Tarn-et-Garonne, comme à Faudoas ou à Belesta. S'il est très daté dans son style et pas exempt de maladresses dans le dessin, ce grand programme iconographique autour de la Résurrection, de l'Ascension et de Notre-Dame entourée de Saints colore agréablement une église pour le reste bien grise.

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15/08/2012

Isabey à Paris

Eugène Isabey fut très célèbre de son vivant, et si on peut facilement voir ses paysages, marines, scènes historiques et de genre (rien qu'à Paris, on ira au Louvre, à Orsay et au musée de la Marine) , c'est l'ensemble des aquarelles achetées par Napoléon III au peintre en 1864 que nous présente le musée du Louvre avec des carnets d'esquisses, quelques autres œuvres sur papier et deux peintures (on regrettera d'ailleurs que seules les aquarelles de Napoléon III soient dans le catalogue).

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Et l'on découvre un artiste qui, loin de ses scènes de naufrage ou de combat naval au romantisme un peu pompeux et ses scènes en costume d'époque, a représenté les côtes bretonnes et normandes avec une touchante simplicité. Le motif le plus banal, une dune, une plage, des rochers, une ferme, un escalier, une ruelle... est propice à une éblouissante démonstration de virtuosité. On navigue entre ces aquarelles rehaussée de gouache, comme on ferait mille découvertes pendant une longue balade le long des côtes, ébloui par la sérénité et la lumière. l'exposition mérite le détour et on pourra s'en faire une petite idée en allant sur le site du Louvre admirer huit des œuvres présentées. Maintenant, si le Grand Palais voulait bien organiser une grande rétrospective...

 

Eugène Isabey (1803-1886) Par les ruelles et par les grèves, Louvre, jusqu'au 17 Septembre 2012.

13/08/2012

L'Inde à Villeneuve

Le musée de Gajac organise chaque année une grande expo et en 2012 on a le droit à un thème bien vaste, l'Inde, qui donne lieu a un rassemblement un peu hétéroclite : gravures montrant la vision de l'Inde des occidentaux, tissus à l'indienne, miniatures indiennes, vêtements... S'il y a de beaux objets, il est quasiment impossible de trouver un propos cohérent à l'ensemble.

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Par contre, on peut admirer de belles peintures d'artistes du XIX° et du début du XX° ayant fait le voyage là-bas : une toile et une belle étude d'Albert Besnard ainsi que de beaux ensembles de Georges Gasté (1869 - 1910 ) et Auguste Borget (1808 - 1877 ). Du premier, on notera des portraits de gens du peuple et des paysages à la touche libre et aux couleurs chatoyantes, alors que le deuxième est représenté par deux grandes vues panomariques d'une facture très classique et un Observatoire au bord de l'Oogly bien plus léger et décoratif.

 

L'exposition ne mérite peut-être pas le détour mais donne envie de découvrir un peu plus ces artistes ayant voyagé en Inde. On signalera que le musée de Gajac a encore changé la présentation de ses collections et on ne peut que regretter que le manque de place provoque un roulement dans la présentation des collections (on aimerait pouvoir revoir l' 'Apothéose de St Louis' de Frère Luc à côté du superbe 'Jésus dans le temple parmi les docteurs' d'Antoine Coypel)

 

Un été Indien : de Pondichéry à Bollywood, musée de Gajac, Villeneuve sur Lot, jusqu'au 31 décembre 2012

10/08/2012

Alger à Gaillac

On ne peut pas toujours apprécier les expos qu'on va voir et il fallait bien que parmi les nombreuses manifestations consacrées aux Orientalistes ces dernières années, il y en ait une qui me déçoive.

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Sous le titre Alger ou les peintres en quête d'un Orient, 1830-1950, le musée des Beaux-Arts de Gaillac présente une soixantaine d'œuvres provenant d'une seule collection privée représentant des paysages, des scènes de genre et des portraits. Le choix de ce titre est un peu trompeur car une majorité des oeuvres sont sur papier et du XX° siècle, n'ayant pour moi que très peu d'intérêt. Parmi les quelques tableaux, on note deux très beaux paysages de Curtius Grölig, un proche d'Horace Vernet, trois de Maxime Noiré et un de Joseph Sintès. C'est bien peu mais l'exposition plaira sans doute davantage aux amateurs d'œuvres plus contemporaines.

 

Mais la visite fut avant tout l'occasion de découvrir des artistes locaux : l'efficace portraitiste Henry Loubat, le paysagiste lumineux Raymond Tournon et surtout Firmin Salabert (1811-1895). Elève d'Ingres, il commença sa carrière par des portraits, en particulier des pastels pendant son séjour à Londres puis multiplia les paysages de la Savoie, découverte grâce à son ami et beau-père Prosper Dunant. Si on ne trouve que peu de portraits (il y a quand même un bel autoportrait et un solide portait de son maître) dans le fond d'atelier légué à la ville, il y a par contre un très bel ensemble de paysages, surtout d'Annecy et de sa région, qui montrent un artiste s'éloignant assez vite du paysage classique et présentant la nature de façon très sensible. Une très belle découverte.

 

Alger ou les peintres en quête d'un Orient, 1830-1950, musée des Beaux-Arts de Gaillac, jusqu'au 17 septembre.

07/08/2012

Paysages du Tarn

Si le musée du Pays Vaurais est fermé pour restructuration depuis plusieurs années, cela n'empêche pas la ville de Lavaur d'organiser chaque année une belle exposition temporaire (Debat-Ponsan en 2005, Coups de Vents en 2009...).

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En 2012, ce sont des représentations (environ une centaine) des plus beaux sites du Tarn par des artistes du XIX° et XX° siècle qui sont exposées et si l'on ne trouve pas d'artistes connus, la région semblant avoir moins attiré les peintres que d'autres, c'est l'occasion de découvrir des petits maîtres locaux. Parmi les oeuvres que j'ai préférées, A Cordes d'Albigeois de Arséne Pelegry, Vue de Castres d'Albert Abrespy, La vanneuse et Petites filles au reposoir à Blaye de Joseph-Bernard Artigue, Vue d'Albi de Léon Soulié, Vue de Mazamet d'Anthony Rives...  Bref une très jolie expo pour les amateurs de paysages, en particulier de la deuxième moitié du XIX° (les peintures plus récentes sont souvent moins convancantes).

 

Paysages du Tarn, Regards d'artistes - 1800-1950, Lavaur, jusqu'au 31 août 2012

04/08/2012

Le cas ravage (oui, c'est pourri comme titre)

Excellente initiative des musées de Montpellier et de Toulouse que d'organiser une exposition sur le développement du caravagisme en Europe. Dans le premier, on trouvera des œuvres du Caravage (neuf plus une copie), de peintres italiens, ses contemporains, ses suiveurs immédiats (Manfredi, Saraceni, Gentileschi), et des artistes postérieurs (Guido Reni, Guerchin, Lanfranco, Strozzi) intégrant certaines de ses innovations ainsi que des maîtres français (Vouet, Valentin, La Tour) et espagnols (Ribera, Zurbaran, Velasquez). Dans le second, on retrouve des artistes nordiques depuis l'intégration de cette nouvelle esthétique chez des maîtres maniéristes (Bloemaert, Wtewael) jusqu'au baroque anversois (Seghers, Rombouts) en passant par l'école d'Utrecht (Ter Brugghen, Honthorst, Baburen, Bijlert)

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J'ai aimé :

- que la coupure entre les deux parties de l'exposition soit assez naturelle (ou du moins pas trop dérangeante), les caravagesques nordiques étant vraiment différents de leurs camarades italiens ou français, même si cela provoque un net déficit de notoriété entre les artistes présents des deux côtés expliquant sans doute la différence de fréquentation,

- la salle consacrée au Caravage présentant des œuvres pas trop vues,

- la présence de nombreux tableaux anonymes et de très belle qualité, ce qui permet de se rendre compte de la difficulté des attributions pour cette période de l'histoire de l'art,

- les salles consacrées à Ter Brugghen, Honthorst et Stom, absolument superbes (des rétrospectives consacrées à ces artistes, ça serait merveilleux...),

- découvrir comment des artistes qui iront dans des directions différentes (classicisme, baroque) piochent dans certains des apports du maître pour créer leur propre esthétique (éclairage, plastique, modelé, dialogue entre les personnages...).

 

J'aurais aimé :

- que les deux expositions soient réunies afin de pouvoir comparer (entre autres) tous les différents reniements de St Pierre,

- qu'il y ait un peu moins de tableaux provenant des musées français (j'en avais déjà vu beaucoup et certains sont de qualité moindre) et plus de grands musées étrangers (mais j'imagine que les américains qui ont déjà envoyé certaines des plus belles œuvres présentes n'avaient pas non plus envie de trop se dépouiller),

- qu'il n'y ait pas d'œuvres n'ayant que trop peu de rapports avec le thème (Rembrandt, Bramer, Sweerts...) quand certains artistes ne sont pas (Cecco del Caravaggio, Abraham Janssens) ou trop peu (Baglione, Borgianni, Riminaldi, Serodine, Jan Janssens, Tournier (les grands tableaux du musée des Augustins auraient eu leur place à Montpellier)) représentés.

 

Reste une magnifique exposition en deux parties qui méritent largement le déplacement dans le sud...

 

Corps et ombres. Caravage et le caravagisme européen, musée Fabre de Montpellier et musée des Augustins à Toulouse, jusqu'au 14 octobre.

20/07/2012

Théo van Rysselberghe à Lodève

Depuis l'exposition de Gand en 1993 où je l'avais découvert, j'éprouve une vive passion pour Théo van Rysselberghe. Et si j'ai manqué la grande rétrospective qui lui fut consacré à Bruxelles il y a quelques années, ma présence dans le Sud rendait inévitable mon passage à Lodève.

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Présentée par ordre chronologique afin de montrer son évolution stylistique (formation académique, découverte du divisionnisme, création d'un style propre avec des touches plus larges, retour à un certain classicisme...), l'exposition présente une soixantaine de peinture et une quinzaine d'œuvres sur papier qui permettent de se faire une bonne idée de l'art de celui qui reste mon « pointilliste » préféré, une large place étant consacré aux portraits, genre dans lequel il excelle mais qui peut sembler moins plaisant que d'autres.

 

Si elle n'est pas indispensable (un peu plus d’œuvres (on pense avec envie aux 200 (!!!) présentées à Bruxelles) aurait été agréable, en particulier dans le domaine du paysage, même si du coup il y a peu de choses mineures), l'exposition de Lodève est quand même chaudement recommandé si vous passez dans le coin, que l'on connaisse déjà ou pas cette figure majeure du Post-Impressionisme.

 

Théo van Rysselberghe, l'instant sublimé, jusqu'au 21octobre 2012, musée de Lodève.

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