08/11/2012
London Baby ! Part IV
Un peu de chance, puisque c'est le dernier jour de mon court séjour londonien (le 02/11) qu'ouvrait la nouvelle exposition de la Queen's Gallery consacrée à la renaissance dans les états du nord.
Après une première petite salle consacrée aux portraits expliquant la situation politique, on entre dans le vif du sujet avec la salle consacrée à Dürer puis à l'art dans l'empire romain germanique. Du grand maître allemand, une seule peinture, le Burkhard of Speyer, mais beaucoup de gravures dont certaines des plus célèbres (la série de l'Apocalypse ou le Chevalier, la Mort et le Diable) ce qui rappelle des bons souvenir de la grande exposition du petit Palais mais fait un peu doublon, et heureusement, une belle série de dessin, dont un Lévrier ou une Vierge à l'enfant couronnée par un ange. De ses compatriotes, on notera surtout trois oeuvres de Lucas Cranach l'ancien (Apollon et Diane) aidé de son atelier (Lucrèce, Le jugement de Paris) et des portraits (Apt, Brosamer, Baldung Grien).
La salle suivante est consacrée à Hans Holbein le jeune et à la renaissance française. Si cette dernière est assez mal représentée par des dessins de l'école de Fontainebleau et des portraits de qualité assez inégale et dont on ressortira le Hercule-François, duc d'Alençon et d'Anjou par François Clouer, le premier est bien entendu très bien représenté par un Noli Me Tangere et une superbe série de portraits, peints et dessinés, dont le Derich Born, le Sir Henry Guildford et le Sir Richard Southwell auront ma préférence. Dans de petits cabinets, on admire des miniatures et autres oeuvres sur papier. Enfin la dernière salle consacrée aux flamands présentent quelques chefs-d'oeuvres (Les quatre dernières choses de Heemskerck , Adam et Eve de Gossaert, le Massacre des Innocents de Pieter Brueghel) et d'autres oeuvres plus anecdotiques. On note enfin de magnifiques armures et tapisseries, malheureusement hors catalogue.
Bref, une expo qui mérite le détour...
The Northern Renaissance: Dürer to Holbein, The Queen's Gallery, jusqu'au 14 avril 2013.
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07/11/2012
London Baby ! Part III
Si sur le papier l'exposition The Lost Prince : the life and death of Henry Stuart ne concerne pas forcément énormément ces pages, une bonne moitié des oeuvres présentées sont en fait des peintures, miniatures et dessins (le reste étant composé de lettres, livres, médailles...).
Bien entendu, une grande majorité des peintures sont des portraits du prince, de sa famille et de ses proches, par les principaux portraitistes et miniaturistes actifs à cette époque en Angleterre (et souvent d'origine étrangère) : Robert Peake l'ancien, John de Critz, Marcus Gheeraerts le jeune, Nicolas Hilliard ou Isaac Oliver (très belle miniature du prince, qui sert d'ailleurs d'affiche à l'exposition, utilisé bien plus tard par Daniel Mytens pour en faire un portrait). Souvent un peu secs et archaïsants, ils permettent de voir l'évolution du genre aux environs de 1600 avec l'apparition du portrait équestre ou en extérieur. Ils souffrent quand même de la comparaison avec un portrait bien plus moderne et naturel de Michiel van Mierevelt (et encore plus avec celui peint par Rubens 20 ans plus tard...).
Dans les autres sections consacrées à son intérêt pour les arts ou la politique, on notera une belle marine d'Adam Willaerts, l'embarquement de l'Electeur Palatin après son mariage avec Elisabeth, la soeur d'Henry, quelques semaines après sa mort, un superbe vieillard tenant un coquillage de Mierevelt, un Christ chez Marthe et Marie de Hans Vredeman de Vries et Anthonie Blocklandt ainsi que deux très beaux portraits dessinés de Hans Holbein le jeune.
Une exposition intéressante mais qui risque de frustrer un peu aussi bien l'amateur d'histoire (mais que dire d'un prince mort à 18 ans ?) que l'amateur d'art (les oeuvres sont de qualité très inégale), d'autant qu'elle n'est pas très grande mais relativement chère (14 $ !).
The Lost Prince : the life and death of Henry Stuart, National Portrait Gallery, Londres, jusqu'au 13 janvier 2013.
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04/11/2012
London Baby ! Part II
L'ambition de ce modeste blog n'est pas de faire une analyse détaillé (pour ça, on vous renvoie au superbe billet de la Tribune de l'Art) mais d'exprimer son ressenti après la visite d'une exposition. Et la grande rétrospective consacrée au Préraphaélites à la Tate Gallery me laisse avec les étranges impressions contradictoires de n'avoir rien appris, d'en avoir pris plein les yeux et de ne pas en avoir vu assez (pourtant avec plus de 150 oeuvres et deux heures de visite...).
Prenons par exemple la première salle (par ailleurs trop petite pour la foule, ce qui provoque un goulot d'étranglement alors que le reste de l'exposition est assez fluide) consacrée à l'origine du mouvement et à ses débuts : elle présente quelques oeuvres d'artistes ayant influencé les futurs Préraphaélites (Overbeck, Dyce, Holst et même Lorenzo Monaco) mais sans doute pas assez (les Nazaréens auraient pu être mieux représentés) avec la Isabella de Millais, le Rienzi de Hunt et l'Enfance de la vierge Marie de Rossetti, trois des premières oeuvres de la confrérie exposées au public. Très bien. Mais où sont les artistes officiels de l'époque pour comprendre à quoi ils s'opposaient et en quoi leur art est révolutionnaire. Et c'est là le problème de l'exposition : nous vendre les Préraphaélites comme une avant-garde sans nous expliquer pourquoi et n'être donc au final qu'une gallerie d'images (et le catalogue n'est pas mieux, pas cher mais quasi dépourvu d'essais critiques).
Mais quelle gallerie d'images par contre...
La plupart des oeuvres vues en reproduction quelque part (les plus célèbres donc) sont là, dans une des différentes sections (History, Nature, Salvation, Beauty, Paradise, Mythologies) de l'exposition : l'Ophélie, le John Ruskin ou La Jeune Aveugle de Millais ; L'ombre de la mort , Le Mauvais Berger , La Dame de Shalott ou La Lumière du Monde de Hunt ; L'annonciation , Lady Lilith ou Trouvée de Rossetti ; Le Travail , Les Jolis Agneaux ou The Last of England de Ford Madox Brown ; le cycle de Persée, Les escaliers dorés ou Le Roi Cophetua et la Jeune Mendiante de Burne-Jones... ils sont tous là et bien d'autres encore ! On peut aussi admirer quelques oeuvres d'autres participants au mouvement (ou d'artistes proches) en regrettant de ne pas voir plus de tableaux de William Shakespeare Burton, Arthur Hughes ou John Brett.
Bref, un ravissement pour les yeux, mais en ne proposant ni l'art qu'ils rejetaient ni l'art qu'ils ont pu influencer, l'exposition montre les Préraphaélites sans expliquer leur modernisme ou leurs différences. Il reste les livres...
Pre-Raphaelites : Victorian Avant-Garde, Tate Gallery, jusqu'au 13 janvier 2013.
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03/11/2012
London Baby ! Part I
En proposant une exposition consacrée aux débuts de la carrière de Peter Lely, la Courtauld Gallery réussit à éblouir et à frustrer terriblement. En effet, en réunissant 12 peintures de très belle qualité dans une seule salle, il propose ce qui aurait fait l'introduction parfaite à une grande rétrospective. Les deux portraits présents dans les collections permanentes ne suffisent pas à satisfaire notre appétit...
Difficile de deviner parmi ces scènes pastorales que l'on a affaire au futur "remplaçant" de van Dyck comme portraitiste officiel de la cour. On pense sur quelques oeuvres à son maître supposé, Peter de Grebber ; sur d'autres à Jacob van Loo, autre nordique exilé ; enfin certains détails "réalistes" et certains éclairages évoquent les caravagesques d'Utrecht. Bref, une exposition "dossier" passionnante qui nous montre un jeune artiste cherchant encore son style en ne proposant que de très belles oeuvres. On n'en dira pas autant de la petite exposition de dessins de Lely et d'artistes qu'il a collectionné...
Enfin, si l'exposition est petite, c'est l'occasion de rappeler que la Courtauld Gallery présente une collection permanente de premier plan depuis les primitifs italiens jusqu'aux impressionnistes (avec des peintures célèbres de Manet, Renoir, Degas...) et au delà, avec des oeuvres de Botticelli, Metsys, Parmesan, Rubens, Goya, Guardi... Une visite indispensable si on passe à Londres !
Peter Lely: A Lyrical Vision, The Courtauld Gallery, jusqu'au 13 janvier 2013
21:22 Publié dans exposition à l'étranger | Lien permanent | Commentaires (0)
02/09/2012
ND de Mirande
Voilà un parfait exemple du peu d'intérêt (euphémisme) qui peut être porté aux différents tableaux ornant les églises de France. N'espérez ainsi trouver le moindre renseignement sur les œuvres de Notre-Dame de Mirande quand vous la visiterez. Et guère plus sur le net...
Pourtant cette grande Assomption placée dans un autel baroque a été reconnue par Jean-Claude Boyer comme le May de Notre-Dame de Paris commandé à Antoine Coypel (1661 - 1722) en 1679. Il n'en est fait aucune mention dans l'église (en tout cas c'était le cas quand j'y suis passé) et l'œuvre est encore considérée comme anonyme sur les bases patrimoniales (où ne sont pas les peintures suivantes qui ne sont donc pas classées)... On vous conseille la lecture de l'article de 2007 sur cette importante redécouverte.
Affecté d'après la base Arcade au musée de Mirande, après avoir été exposé au Salon de 1875 (comme on peut le voir sur cette photo) et acheté par l'Etat (son premier), le Daniel dans la fosse aux lions de Edouard Debat-Ponsan (1847 - 1913) se trouve derrière la porte d'entrée (ce qui explique l'angle de la photo et l'ombre...). Elève de Cabanel aux Beaux-Arts où il restera longtemps sans réussir à décrocher le prix de Rome, il débute au Salon en 1870. Peintre de portraits, d'histoire, de la paysannerie et de l'Orient, sa carrière officielle a souffert de son engagement pro-Dreyfus au Salon de 1898 avec la Vérité sortant du puit. Il est bien représenté dans les musées de province (Toulouse, Carcassone, Nantes...).
Aucun renseignement en revanche sur cette vierge entouré d'anges dans les cieux (une autre assomption ?) dont on ne peut s'approcher assez pour voir si elle est signée.
Même chose pour cette pentecôte dont la composition rappelle vaguement quelque chose.
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28/08/2012
Pendant qu'on est à Bagnères de Luchon...
... l'église St Etienne de Barcugnas est actuellement ouverte pour accueillir l'exposition Vierges à l'enfant qui présente moins d'une dizaine de statues polychromes venant des églises de la région. Intéressante (si on lit les rapports de restauration laissés sur une table) bien qu'un peu maigre (les vierges à l'enfant anciennes se comptent a priori par dizaines dans les églises du coin), l'expo ne rentre pas vraiment dans les limites de ce blog.
Mais c'est l'occasion de voir (trop de petites églises sont fermées 99% du temps) deux tableaux sur lesquels je n'ai pu trouver aucun renseignement. Il y a donc un beau Christ en croix apparemment du XVIII° :
et un tableau néo-classique dont le sujet est obscur :
Si quelqu'un sait quelque chose...
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25/08/2012
N-D à Bagnères de Luchon
Petit retour sur une église dont j'avais parlé il y a plus d'un an en omettant certaines de ses œuvres.
La chapelle de la vierge a été peinte elle-aussi par Romain Cazes ( 1808 - 1881 ) en 1867. Sur la coupole, la Vierge à l'enfant où la vierge tend le rosaire à St Dominique pendant que l'enfant bénit Ste Thérèse et des deux côtés, St Joseph et St Jean.
Il est plus difficile de savoir si le St Aventin et le St Bertrand de Comminges peints au dessus des portes latérales du chœur sont du maître ou de Bertrand Bernard, son élève luchonais et fidèle collaborateur sur plusieurs grands décors (la question reste posée dans le catalogue de l'exposition des dessins du musée de Montauban, dans l'église ils sont attribués à l'élève).
Le décor de la chapelle du sacré-cœur est lui bien l'œuvre de l'élève en 1893. Considéré comme peintre décorateur sur la signature des peintures du chœur, on trouve très peu de choses sur Bertrand Bernard. Il n'est pas dans le Bénézit, serait mort en 1902 et est l'auteur de différents décors dans la région (en particulier dans l'église voisine de Mautauban-de-Luchon, malheureusement toujours fermée quand j'ai essayé de m'y rendre). Il était également membre de la société archéologique et aurait redécouvert les fresques du XV° de Cazeaux-de-Larboust. Comme pour d'autres artistes vus dans les églises du sud-ouest et ayant conservé un art très classique jusqu'au milieu du XX°, il est dommage qu'on ne trouve presque rien sur lui.
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