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16/04/2012

Ce printemps, au Louvre

Le Louvre ne présente pas que Léonard ce printemps, la preuve !

 

* Une petite exposition dossier consacré à Thomas Cole ferme aujourd'hui et devrait être la première d'une série consacrée à l'art américain, en association avec des musées et des fondations d'Outre-Atlantique. Organisée autour du tableau du Louvre, La croix dans la contrée sauvage, représentant un indien devant la tombe du missionnaire qui l'a converti et surprenant par sa composition (tableau carré formant le cadre en trompe-l'oeil d'une œuvre circulaire au centre duquel se trouve le soleil), elle ne présente que trois autres œuvres du maître et une de son ami Asher B Durand mais cherche à montrer comment son art d'abord sous l'influence de John Martin et de Loutherbourg va se modifier au contact de la nature sauvage et de la découverte de Turner et du paysage classique français pour devenir un des pères de la peinture locale (alors qu'il était anglais d'origine). Les tableaux sont superbes, le petit catalogue « Solo » très bien fait (à part des reproductions trop petites...) et cela donne très envie que le Grand Palais (ou autre) consacre une grosse exposition à Cole ou plus généralement aux paysages américains.

 

* Le cabinet des dessins propose lui une magnifique exposition consacré à Paul Delaroche qui mérite à elle-seule le déplacement au Louvre. On y découvre un artiste esquissant avec brio de minuscules dessins de compositions peuplées de nombreux personnages, méticuleux sur le moindre détail (six études de tête de St Jean Baptiste dans un plat), techniquement brillant (ah, ces draperies...) et excellant aussi bien pour des petites études rapides de position au crayon que des portraits finement détaillés rehaussés au pastel. Et cerise sur le gâteau, la National Gallery a prêté L'exécution de Lady Jane Grey (autour duquel se presse les passants, aussi fascinés par la scène à Paris qu'à Londres) que l'on peut ainsi comparer à plusieurs dessins. Superbe !

 

New Frontiers : L'art américain entre au Louvre. Thomas Cole et la naissance de la peinture de paysage en Amérique (jusqu'au 16 avril 2012) et Un oeil sur l'histoire : dessins de Paul Delaroche (jusqu'au 21 mai 2012), musée du Louvre, Paris.

03/03/2012

Sympa, l'Ernest

Si l'exposition consacrée à Ernest de Bavière, prince-évèque de Liège, ne concerne apparemment pas ce lieu, de nombreux thèmes bénéficiaient de quelques peintures pour les représenter. On pouvait ainsi admirer Les quatre philosophes de Rubens, L'alchimiste de David Teniers, deux scènes de bataille de Sebastien Vranckx et Roelandt Savery, deux portraits et une Forge de Vulcain de Gerard Douffet, une Mine de cuivre de Lucas Gassel, le Christ chez Marthe et Marie de Joos Goemare, le portrait en pied du prince (dont j'ai oublié l'artiste) et celui de son prédécesseur par Otto van Veen.

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Une petite section était consacrée à Lambert Lombard, le grand artiste liégeois ayant crée une académie. Outre une œuvre du maître (Les saintes femmes au tombeau) et son superbe portrait par Antonio Moro, on trouve quelques œuvres de ses élèves, assez médiocres et parfois en fort mauvais état. Une belle exposition (qui intéressera les enfants, en plus), riches d’œuvres d'art variées et présentant un personnage haut en couleur (marié, avec des enfants, chasseur de sorcières mais pratiquant l'alchimie...) à laquelle il ne manque qu'un catalogue...

 

Ernest de Bavière (1554-1612), un prince de Liège dans l'Europe Moderne, Liège, Grand Curtius, jusqu'au 20 mai 2012.

29/02/2012

J'attends Namur...

Un petit voyage en Belgique a été l'occasion de faire plusieurs expositions en commençant par une passionnante rétrospective au musée Félicien Rops de Namur consacrée à William Degouve de Nuncques. Peintre symboliste quasi-autodidacte (ce qui donne un petit côté naif à certaines toiles) proche de Toorop, De Groux, Verhaeren ou Maeterlinck, il est l'auteur d'une œuvre très diverse mais marquée par un certain immobilisme et l'absence quasi-absolue de présence humaine.

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En effet, à part dans sa période "mystique" où il a peint des sujets religieux (saisissante Fuite en Egypte, toute de bleus comme d'autres tableaux), elle ne se remarque que par ses constructions mais quasiment jamais par ses figures. Ainsi ses nombreux paysages de neige (sublime Arbre aux corbeaux) comme les quelques vues de Majorque (la partie la plus colorée de son œuvre, par exemple sur 'Côte aux Baléares') nous mettent face à une nature belle, simple et nue. S'il n'a ni la brillance technique d'un Guigou pour les effets de chaleur, ni celle d'un Thaulow pour les effets de neige, ses paysages utilisant souvent des lignes très géométriques et une succession de plans sont d'une poésie rare.

 

Mais le plus saisissant dans l'exposition restent ses paysages mystérieux et ses nocturnes. On s'angoisse de devoir entrer dans La Forêt lépreuse, on s'attend à voir surgir des fantômes de cette batisse abandonnée situé le long du Canal, qui provoque l'incroyable sensation de découvrir la vue comme si on était en train de glisser sur le fleuve, on découvre un nouveau visage de la Sérénissime dans A Venise...  L'excellent catalogue est plein d'essais très instructifs et de très belles photos, qui nous feraient presque regretter qu'il n'y ait pas eu deux fois plus d'œuvres présentées... Une expo à ne pas manquer si vous passez dans le coin.

 

William Degouve de Nuncques, maître du mystère, musée Félicien Rops de Namur jusqu'au 6 mai 2012 puis au Kröller-Müller Museum d'Otterlo du 26 mai au 2 septembre 2012.

18/02/2012

Vite, ça ferme demain !

Deux mois que je dois parler de l'exposition Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme. De Seurat à Matisse au Musée Marmottan - Claude Monet et que je repousse le billet par manque de temps et d'inspiration. Du coup, elle ferme demain et on va juste en dire quelques mots...

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Comme le nom l'indique, il ne s'agit pas vraiment d'une exposition monographique mais plutôt de replacer l'art de Cross au milieu de celui de ses contemporains (Henri Matisse, Maximilien Luce et Théo van Rysselberghe sont particulièrement bien représentés) depuis les débuts de l'apparition du divisionnisme (où les artistes restent assez proches) jusqu'à l'ouverture sur les avant-gardes (fauvisme mais pas que). Il est alors fascinant de voir comment les recherches de chacun l'emmène à des utilisations différentes de la technique en fonction de ses envies et de ses besoins. Si pour ma part, parmi la trentaine de peintures de Cross, j'aurais une préférence pour ses représentations de la campagne avec une lumière très frontale (Femmes liant la vigne et Les vendanges en particulier), chacun trouvera son plaisir dans cette très belle expo qui aurait sans doute mérité de présenter le double d'oeuvres pour mieux étayer son propos. Et une grande rétrospective Cross ne semblerait pas imméritée...

 

Henri Edmond Cross et le néo-impressionnisme. De Seurat à Matisse au Musée Marmottan - Claude Monet, jusqu'au 19 février 2012

01/01/2012

Cet hiver au Louvre

Les "grandes" expositions actuelles du Louvre (Au Royaume d'Alexandre le Grand et La Cité Interdite au Louvre) ne correspondent peut-être pas au contenu de ce blog mais cela ne signifie pas qu'il n'y ait rien à se mettre sous la dent...

 

- Dessins français de la collection Mariette (du 10 Novembre 2011 au 6 Février 2012) présente à la fois un intérêt didactique avec une salle présentant la marque et les montages du célèbre collectionneur et un régal pour les yeux avec des oeuvres sur papier superbes des plus grands maîtres du XVII° (Vouet, Poussin, Bourdon...) et du XVIII° (Van Loo, Natoire, Watteau...) mais aussi d'artistes moins célèbres et de sculpteurs. L'ensemble de dessins de son ami Edme Bouchardon est en particulier tout à fait remarquable.

 

- Giorgio Vasari - Dessins du Louvre (du 10 Novembre 2011 au 8 Février 2012) présente un ensemble somptueux de feuilles du peintre maniériste plus connu de nos jours pour avoir écrit Les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes que pour ses oeuvres. Aussi bien les études foisonnantes de plafonds que les grandes planches très finies font preuve d'une vigueur et d'une inventivité rares qui contrastent avec la seule oeuvre peinte présente, un peu sèche et froide. Un seul regret pour cette remarquable exposition (comme d'habitude) du cabinet de dessins : que les oeuvres définitives n'aient pas donné lieu à des reproductions plus grandes qu'un timbre poste sur les cartels (et à pas de reproduction du tout dans le catalogue...).

 

- enfin les deux derniers tableaux du mois sont le Suzanne au bain de Jean-Baptiste Santerre et La vierge d'humilité de Niccolo di Buonaccorso qui vient d'entrer au Louvre après une drôle d'histoire.

21/12/2011

La collection kremer

Encore une fois, on peut s'interroger sur le bien-fondé d'une exposition de la Pinacothèque de Paris et sur son accrochage, mais il est clair qu'un certain nombre d'oeuvres méritent amplement le déplacement.

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L'exposition Ilone et George Kremer héritiers de l'Âge d'Or hollandais possède donc un titre pour le moins ronflant (voire prétentieux) et s'il y a de quoi largement réjouir les yeux dans la collection de peintures néerlandaises (mais que fait là Abraham Janssens ?) de nos deux "héritiers", un certain nombre de questions se posent :

 

1. pourquoi une expo temporaire quand certains tableaux étaient déjà exposés dans les "collections permanentes" de la Pinacothèque ?

 

2. certaines toiles "suiveur de" "autrefois attribué à" "élève anonyme de" "cercle de"... méritaient-elles vraiment d'être là ?

 

3. le choix d'une présentation par thèmes (portraits, paysages, scènes de genre...) était-il vraiment pertinent ? Réunir les oeuvres autrement (maniérisme tardif, autour de Rembrandt, les caravagesques hollandais...) auraient peut-être eu plus de sens.

 

 

Bon allez, une petite liste des oeuvres que j'ai préféré dans une expo qui mérite quand même le détour si vous aimez le siècle d'or hollandais :

Abraham Bloemaert - Chaumière et paysan trayant leurs chèvres

Gerrit Dou - Autoportrait

Meindert Hobbema - Paysage boisé dans une ferme

Abraham Janssens - La vierge Marie à l'enfant et le jeune St Jean-Baptiste

Paulus Morelsee - Bergère

Matthijs Naiveu - Homme fumant dans une cour ombragée

Egbert van der Poel - Incendie de village la nuit (placée juste à côté d'un tableau d'Adam Colonia sur le même sujet)

Jacob van Loo - Danaé

 

 

Ilone et George Kremer héritiers de l'Âge d'Or hollandais, Pinacothèque de Paris, jusqu'au 25 mars 2012.

16/11/2011

St Louis en l'ile : 1ère partie

Assez bien cachée au milieu de l'île St Louis (il faut savoir qu'elle est là pour aller la visiter), l'église Saint Louis en l'île possède de très nombreuses oeuvres d'art de tous styles et de toutes époques, souvent en bon état ou restaurées récemment, peut-être parce qu'encadrées dans des boiseries à la fin du XIX° (mais souvent très mal éclairées par la lumière naturelle et rendue peu visibles par la fermeture des chapelles...). Parmi les peintures, si la période 1840-1880 se taille la part du lion, on note néanmoins de nombreuses oeuvres plus anciennes, de la médiocre copie au grand tableau d'autel...

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Parmi les anonymes, une série de huit petits formats de l'école rhénane (signalée comme du début du XVI°) assez truculente sort du lot.

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Du XVI° siècle, les Pèlerins d'Emmaus de l'école vénitienne est un bon tableau mais l'attribution au Titien signalée sur le cartel (qui date du siècle dernier voire même de celui d'avant...) parait pour le moins exagérée... D'ailleurs à un autre endroit dans l'église il est signalé comme "école du" qui ne veut pas dire grand chose mais parait plus judicieux. D'un autre côté vu de loin, avec un angle important et un éclairage incertain difficile de juger quoi que ce soit...

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Du XVII°, on note le Baptême de Jésus-Christ par St Jean-Baptiste de Antoine Bouzonnet-Stella (1637-1682), neveu et élève (avec ses trois soeurs, surtout connues pour leurs gravures d'après Poussin) de Jacques Stella et reçu à l'académie en 1666. Ce très bel exemple de classicisme, ainsi que les rares toiles dont on trouve des reproductions sur le net, Le frappement du rocher de Grenoble (d'après Poussin) et son morceau de réception à l'académie, les Jeux Pythiens, conservé à l'ENSBA donnent vraiment envie d'en savoir plus sur cet artiste Jacques Stella (1596-1657).

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Enfin du XVII° (ou du XVIII°) ce tableau non signalé sur les différents cartels de l'église et qui pourrait être le Louis XIII recevant la communion des mains de saint François de Sales donné à l'école de Simon Vouet ou plus vraisemblablement le Saint Ambroise et l'empereur Théodose Ier anonyme que l'on trouve tous les deux sur les bases de données gouvernementales. Difficile à voir avec l'éclairage, le tableau semble de bonne qualité a été identifié comme l'apparition de St Nicolas à l'empereur Constantin de Jean-Baptiste Corneille (1649-1695). On conseillera l'article que lui a consacré Anne Le Pas de Sénéchal par ici.

 

Merci à Sylvain Kerspern pour ces précisions et on peut regretter que personne n'ait cru bon depuis des années de signaler tout cela à l'intérieur de l'église...