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06/08/2011

Une expo de vacances

Pour ceux qui passent dans les Pyrénées ces jours-ci, un petit passage par Bagnères-de-Bigorre leur permettra de voir au musée Salies une exposition consacrée à Blanche Odin (1865-1957) et Ulpiano Checa (1860-1916).

 

Si les deux artistes ont été proches (Odin est même signalée comme élève de Checa sur Wiki) et ont Bagnères comme point commun (l'une s'y est installée et y a fini sa vie, l'autre y venait en vacances), l'intérêt de confronter leurs œuvres ne saute pas forcément aux yeux. Là où la française semble redéfinir à chacune de ses aquarelles de fleurs le sens des adjectifs joli et aimable en les rapprochant dangereusement de mièvre (heureusement quelques portraits sont un peu plus intéressants), l'espagnol fait preuve d'une économie et d'une verve rares dans le trait, ce qui lui permet d'exceller dans les dessins, les gravures et les affiches sur des sujets très divers.

 

Et si avec ses locaux exigües, ses explications pour le moins fragmentaire et son accrochage bricolé (les Checa s'entassent sur les murs), l'exposition fait vieillotte, elle reste néanmoins fort sympathique et impose deux conclusions : Blanche Odin est une artiste plaisante pour cartes postales alors qu'Ulpiano Checa mérite une vraie grande rétrospective où l'on pourra découvrir plus que ses œuvres sur papier (on trouve de superbes reproductions de toiles sur le web).

 

Blanche Odin et Ulpiano Checa : rencontre de deux artistes, musée Salies, Bagnères-de-Bigorre, jusqu'au 30 octobre 2011.

27/07/2011

Si vous avez le temps...

Intéressant complément de la grande exposition sur l'Orientalisme à Marseille et aux collections du musée de Narbonne, le Musée de Gajac à Villeneuve-sur-Lot présente un bel ensemble de gravures sorties de ses réserves et réalisées sur les ordres de Napoléon en souvenir de l'expédition en Egypte.

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Si la plupart des pièces ont essentiellement (outre le magnifique travail des graveurs) un intérêt archéologique, ethnographique ou naturaliste, un certain nombre de gravures de paysages, en particulier réalisées d'après les dessins d'André Dutertre (1753-1842) se suffisent amplement à elles-mêmes. Si l'exposition est présentée d'une façon susceptible de plaire aux petits comme aux grands, on regrettera fortement l'absence de tout cartel explicatif et de toute précision sur les différents artistes.

 

Description de l'Egypte, Musée de Gajac, Villeneuve-sur-Lot, du 6 juillet au 31 décembre 2011.

24/07/2011

Rapido...

D'autant plus rapidement que l'exposition fermait aujourd'hui et ne présente aucune peinture mais c'est l'occasion de signaler que la Galerie des Gobelins présente (en général deux fois par an) quelques pièces superbes sorties du mobilier national sur un thème donné, pour cette fois, l'éclat de la Renaissance Italienne.

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Une trentaine de tapisseries d'après, entre autres, des artistes célèbres comme Raphaël, Jules Romain ou Giovanni da Udine mais aussi d'artistes moins célèbres (Cinganelli) ou encore à découvrir. Il est d'ailleurs intéressant de voir que certaines oeuvres voient leur origine passer de l'Italie aux Flandres, montrant ainsi comment les motifs et les styles se diffusaient à travers l'Europe.

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La manège du Saracino dans la grande rue, d'après Michelangello Cinganelli.

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La Messe de Bolsène, d'après Raphaël.

16/07/2011

Pour occuper un weekend pluvieux...

Pourquoi ne pas aller voir deux expositions des musées de la ville de Paris qui ferment ce dimanche ?

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Le musée de la Vie Romantique présente un ensemble d'œuvres d'art témoignant de l'évolution des parcs et jardins de 1770 à 1840. Si le propos de l'exposition ne passionnera pas forcément, le curieux trouvera de quoi charmer son regard parmi les peintures, gouaches et aquarelles présentes. Personnellement, j'ai eu une nette préférence pour les portraits sur fond de paysage, dont trois très beaux Boilly, un 'Portrait de l'impératrice Joséphine' de Gros et 'La Reine Hortense à Aix-les-Bains' d'Antoine Duclaux qui sert d'affiche à l'expo, alors que les paysages eux-mêmes, sans doute trop topographiques, sont souvent curieux mais pas toujours très intéressants. On notera que peu de noms connus sont présentés. Enfin il y a quelques représentations de plantes avec des aquarelles de Redouté et le célèbre 'Yucca gloriosa dans le parc de Neuilly' d'Antoine Chazal présenté habituellement au Louvre. Une exposition sympa mais dispensable.

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photo Petit Palais

 

Le Petit Palais a décidé de présenter régulièrement ses collections d'art graphique par l'intermédiaire d'expositions temporaires et ce sont des scènes de genre hollandaises qui sont présentées jusqu'à dimanche. Parmi la vingtaine d'œuvres exposées, on notera des gravures de Rembrandt et Adrien von Ostade mais aussi deux beaux dessins sur vélin de Frans van Mieris, une superbe vieille fileuse de Cornelis Visscher et une série des quatre saisons de Herman Saftleven, à mi-chemin du paysage et de la scène de genre. Une exposition courte mais de toute beauté dont on aurait aimé qu'elle bénéficie d'un petit catalogue...

 

Profitons de l'occasion pour pousser deux petits coups de gueule : comment se fait-il que dans un musée récemment refait à neuf de nombreuses toiles brillent terriblement quand d'autres sont dans la pénombre ? Pourquoi avoir choisi comme à Orsay d'interdire totalement les photographies même sans flash ? On n'ose imaginer que ce soit juste  pour permette aux gardiens de ne strictement avoir rien à faire, vu qu'il est difficile de prétendre comme à Orsay que c'est pour éviter les attroupements devant certaines œuvres (il y a malheureusement très peu de monde pour profiter des superbes collections permanentes) et que la boutique a très peu de choses à vendre et c'est un euphémisme... On vous invite à lire les articles sur ce sujet de la Tribune de l'Art, ici ou .

 

- Jardins romantiques français (1770-1840), du jardin des Lumières au parc romantique, musée de la Vie Romantique, 8 mars - 17 juillet 2011

- Les Scènes de genre du Siècle d’or hollandais, musée du Petit Palais jusqu'au 17 juillet.

08/07/2011

C'est déjà fermé...

Il peut sembler inutile de parler d'une exposition qui vient de fermer. Mais d'une part je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire ces derniers temps, et d'autre part j'ai fait l'expo le jour de sa fermeture... Car on ne peut pas dire que L'aigle blanc, Stanislas Auguste, dernier roi de Pologne (bonjour le titre) ait bénéficié d'une communication et d'une publicité importantes. Mais comme le catalogue est disponible partout, on va quand même en dire quelques mots.

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Ouvrant sur un superbe portrait de Stanislas Auguste en habit de couronnement par le peintre italien Marcello Bacciarelli (1731-1818) à qui le roi confia la création de l'académie des Beaux-Arts, l'exposition est répartie, dans des espaces par forcément prévus pour ça, par thèmes : portraits de famille et de proches, collection de peintures, collection de dessins et de gravures, des bâtiments et des décors, des artistes européens au service du roi, l'académie de peinture et la destinée de la Pologne. Si le propos est intéressant et aurait mérité d'être davantage étendu dans le catalogue, certaines œuvres de certains thèmes souffrent de la proximité immédiate d'autres œuvres plus immédiates.

 

Ainsi les dessins et gravures (malgré un superbe Savery ou un très beau Rembrandt) souffrent de passer immédiatement après les peintures, riches de quelques chef d'œuvres d'artistes célèbres comme le 'Savant à son pupitre' de Rembrandt, la 'Vieille Femme' de Gérard Dou ou la 'Vue d'un port au matin' de Claude Joseph Vernet et de tableaux charmants d'artistes moins connus comme Duflos, Charpentier (mignon 'Garçon nourrissant des oisillons'), Le Paon, Norblin de la Gourdaine (français qui fit un long séjour en Pologne) ou Tadeusz Kuntze (amusante allégorie baroque sur 'l'Art'). De même les meubles présentés à côté de quatre des grands paysages de Pologne peints par Bernardo Bellotto, le neveu de Canaletto, ainsi que les dessins présentant les châteaux royaux, situés dans des petits cabinets juste en face de quatre somptueux éléments de décors de Jean-Baptiste Pillement, passent un peu inaperçus.

 

Une exposition intéressante et agréable mais inégale, reproche que l'on peut également faire à un catalogue dont on aurait aimé qu'il nous offre davantage de matière (et d'illustrations), en particulier sur les collections de peinture du roi et sur les artistes de l'académie. Les notices d'œuvres auraient elles aussi gagnées à être un peu plus complètes et à bénéficier de photos plus grandes (pour les Pillement en particulier) ou de meilleure qualité (pour les Bellotto). Saluons néanmoins le palais impérial de Compiègne pour cette manifestation (en regrettant, mais on y reviendra peut-être, qu'une grande partie de ses collections ne soit pas toujours visibles).

 

L'aigle blanc, Stanislas Auguste, dernier roi de Pologne, Palais impérial de Compiègne, jusqu'au 4 juillet. Catalogue RMN Grand-Palais.

22/06/2011

Même à la guerre, il faut être bien habillé...

Si l'exposition présentée actuellement au musée des Invalides ne semblent pas à première vue avoir de rapport avec ce blog, elle y a néanmoins sa place, et pas seulement pour la présence d'un Portrait équestre de François premier en armure sur parchemin attribué à Jean Clouet ou un Portrait du duc d'Anjou à la pierre noire et sanguine de Francois Clouet. C'est surtout l'occasion de découvrir un certain nombre de dessins maniéristes ayant par la suite servis pour la décoration d'armures.

 

A côté d'artistes très connus comme Luca Penni ou Jean Cousin (père et fils), on trouve entre autres des œuvres de Baptiste Pellerin (1542-1575) qu'on est progressivement en train de redécouvrir ou du graveur Etienne Delaume (ca1519-ca1583), montrant comment les motifs chers à l'école de Fontainebleau sont réutilisées pour orner différentes parties de l'armure, écus ou épées : scène mythologiques, de guerre ou de chasse, grotesques... puis de comparer avec le "résultat final" sur les superbes armures royales d'apparat. Une très belle expo, qui donne envie d'en (sa)voir plus...

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'Compartiment supérieur et inférieur d'une rondache : les armes de France entre deux putti et deux sphinx; deux femmes avec une sphère armillaire assises devant des trophées d'armes' et un zodiaque de Baptiste Pellerin.

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'Timbre d'armet décoré d'une scène d'une bataille de cavaliers et de fantassins antiques' attribué à Jean Delaume, le fils d'Etienne.

 

Sous l'égide de Mars : Armures des princes d'Europe, les Invalides jusqu'au 26 juin 2011.

15/06/2011

Sainte Elisabeth (2ème partie)

Le déambulatoire de Sainte Elisabeth est orné de quatre grandes peintures (commandées en 1844) en demi-cercle (sans doute un hommage direct aux loges de Raphaël) qui figurent parmi les meilleurs témoignages, avec les chapelles de ND de Lorette, de ceux qu'on appelle parfois (abusivement ?), autour de Orsel, Périn, Amaury-Duval, Janmot et Signol, les nazaréens ou les préraphaelites français. Elles ont été visiblement restaurées récemment en espérant que ce ne soit pas à la manière du grand Thomas Couture du musée d'Orsay...

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On peut bien parler de nazaréen devant 'les Béatitudes' de Guerman von Bohn (1812-1899) allemand venu finir sa formation à Paris auprès de Ary Scheffer et Henry Lehmann, qui voyagea en Italie, fit carrière en France puis dans son pays d'origine (peintre de la cour royale de Würtemberg) et qui est surtout connu a priori pour ses scènes de genre romantiques avec des jeunes filles rêveuses, tant elle doit beaucoup à Overbeck dans sa recherche d'une certaine spiritualité. Reste que s'il y a de forts beaux morceaux de peintures (dans le groupe de gauche en particulier), l'ensemble est assez sec et austère, en particulier à cause d'un thème pas franchement folichon.

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S'il hérite lui aussi d'un sujet pas forcément facile à illustrer ('Les sept oeuvres de Miséricorde')(le sujet n'est pas rare mais les tableaux sur ce thème souvent barbant...), Jean-Louis Bézard (1799-1861) se montre nettement plus inspiré : les différents groupes sont bien mis en évidence dans une architecture bien délimitée, le tout dans un coloris fort délicat. L'élève de Guérin et de Picot, prix de Rome en 1829 avec 'Jacob refusant de livrer Benjamin', est loin d'être toujours aussi inspiré dans les nombreuses oeuvres de lui qu'on peut trouver dans les différentes églises parisiennes mais il offre ici une oeuvre inspirée à la fois par les loges de Raphaël et les Vénitiens (Carpaccio, Bellini) de tout premier plan (l'esquisse fut présentée à l'exposition Les Années Romantiques).

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Alors qu'il hérite d'un sujet autrement plus passionnant, Paul Jourdy (1805-1856) fait preuve d'une extrême platitude dans la représentation de ses 'Sacrements'. Si chacun des trois groupes principaux est de belle qualité, l'élève de Lethière puis d'Ingres, prix de Rome en 1834 avec 'Homère chantant ses vers' et auteur d'une honorable carrière de peintre d'histoire, peine à les lier entre eux et à rendre sa scène un peu vivante. Tellement classique qu'on a parfois l'impression de voir ses références (Pérugin ?).

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Elève de Gros ayant connu une bonne carrière officielle de peintre de batailles et de scènes religieuses pour les églises parisiennes, Adolphe Roger (1800-1880) offre une version étonnamment calme et personnelle du 'Jugement dernier'. Loin de l'agitation habituelle de ce genre de scène comme de ses propres oeuvres très inspirées des primitifs italiens de la chapelle des fonts baptismaux de l'église ND de Lorette à Paris, Roger semble ici s'approprier la leçon de Michel-Ange.