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24/07/2011

Rapido...

D'autant plus rapidement que l'exposition fermait aujourd'hui et ne présente aucune peinture mais c'est l'occasion de signaler que la Galerie des Gobelins présente (en général deux fois par an) quelques pièces superbes sorties du mobilier national sur un thème donné, pour cette fois, l'éclat de la Renaissance Italienne.

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Une trentaine de tapisseries d'après, entre autres, des artistes célèbres comme Raphaël, Jules Romain ou Giovanni da Udine mais aussi d'artistes moins célèbres (Cinganelli) ou encore à découvrir. Il est d'ailleurs intéressant de voir que certaines oeuvres voient leur origine passer de l'Italie aux Flandres, montrant ainsi comment les motifs et les styles se diffusaient à travers l'Europe.

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La manège du Saracino dans la grande rue, d'après Michelangello Cinganelli.

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La Messe de Bolsène, d'après Raphaël.

16/07/2011

Pour occuper un weekend pluvieux...

Pourquoi ne pas aller voir deux expositions des musées de la ville de Paris qui ferment ce dimanche ?

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Le musée de la Vie Romantique présente un ensemble d'œuvres d'art témoignant de l'évolution des parcs et jardins de 1770 à 1840. Si le propos de l'exposition ne passionnera pas forcément, le curieux trouvera de quoi charmer son regard parmi les peintures, gouaches et aquarelles présentes. Personnellement, j'ai eu une nette préférence pour les portraits sur fond de paysage, dont trois très beaux Boilly, un 'Portrait de l'impératrice Joséphine' de Gros et 'La Reine Hortense à Aix-les-Bains' d'Antoine Duclaux qui sert d'affiche à l'expo, alors que les paysages eux-mêmes, sans doute trop topographiques, sont souvent curieux mais pas toujours très intéressants. On notera que peu de noms connus sont présentés. Enfin il y a quelques représentations de plantes avec des aquarelles de Redouté et le célèbre 'Yucca gloriosa dans le parc de Neuilly' d'Antoine Chazal présenté habituellement au Louvre. Une exposition sympa mais dispensable.

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photo Petit Palais

 

Le Petit Palais a décidé de présenter régulièrement ses collections d'art graphique par l'intermédiaire d'expositions temporaires et ce sont des scènes de genre hollandaises qui sont présentées jusqu'à dimanche. Parmi la vingtaine d'œuvres exposées, on notera des gravures de Rembrandt et Adrien von Ostade mais aussi deux beaux dessins sur vélin de Frans van Mieris, une superbe vieille fileuse de Cornelis Visscher et une série des quatre saisons de Herman Saftleven, à mi-chemin du paysage et de la scène de genre. Une exposition courte mais de toute beauté dont on aurait aimé qu'elle bénéficie d'un petit catalogue...

 

Profitons de l'occasion pour pousser deux petits coups de gueule : comment se fait-il que dans un musée récemment refait à neuf de nombreuses toiles brillent terriblement quand d'autres sont dans la pénombre ? Pourquoi avoir choisi comme à Orsay d'interdire totalement les photographies même sans flash ? On n'ose imaginer que ce soit juste  pour permette aux gardiens de ne strictement avoir rien à faire, vu qu'il est difficile de prétendre comme à Orsay que c'est pour éviter les attroupements devant certaines œuvres (il y a malheureusement très peu de monde pour profiter des superbes collections permanentes) et que la boutique a très peu de choses à vendre et c'est un euphémisme... On vous invite à lire les articles sur ce sujet de la Tribune de l'Art, ici ou .

 

- Jardins romantiques français (1770-1840), du jardin des Lumières au parc romantique, musée de la Vie Romantique, 8 mars - 17 juillet 2011

- Les Scènes de genre du Siècle d’or hollandais, musée du Petit Palais jusqu'au 17 juillet.

08/07/2011

C'est déjà fermé...

Il peut sembler inutile de parler d'une exposition qui vient de fermer. Mais d'une part je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire ces derniers temps, et d'autre part j'ai fait l'expo le jour de sa fermeture... Car on ne peut pas dire que L'aigle blanc, Stanislas Auguste, dernier roi de Pologne (bonjour le titre) ait bénéficié d'une communication et d'une publicité importantes. Mais comme le catalogue est disponible partout, on va quand même en dire quelques mots.

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Ouvrant sur un superbe portrait de Stanislas Auguste en habit de couronnement par le peintre italien Marcello Bacciarelli (1731-1818) à qui le roi confia la création de l'académie des Beaux-Arts, l'exposition est répartie, dans des espaces par forcément prévus pour ça, par thèmes : portraits de famille et de proches, collection de peintures, collection de dessins et de gravures, des bâtiments et des décors, des artistes européens au service du roi, l'académie de peinture et la destinée de la Pologne. Si le propos est intéressant et aurait mérité d'être davantage étendu dans le catalogue, certaines œuvres de certains thèmes souffrent de la proximité immédiate d'autres œuvres plus immédiates.

 

Ainsi les dessins et gravures (malgré un superbe Savery ou un très beau Rembrandt) souffrent de passer immédiatement après les peintures, riches de quelques chef d'œuvres d'artistes célèbres comme le 'Savant à son pupitre' de Rembrandt, la 'Vieille Femme' de Gérard Dou ou la 'Vue d'un port au matin' de Claude Joseph Vernet et de tableaux charmants d'artistes moins connus comme Duflos, Charpentier (mignon 'Garçon nourrissant des oisillons'), Le Paon, Norblin de la Gourdaine (français qui fit un long séjour en Pologne) ou Tadeusz Kuntze (amusante allégorie baroque sur 'l'Art'). De même les meubles présentés à côté de quatre des grands paysages de Pologne peints par Bernardo Bellotto, le neveu de Canaletto, ainsi que les dessins présentant les châteaux royaux, situés dans des petits cabinets juste en face de quatre somptueux éléments de décors de Jean-Baptiste Pillement, passent un peu inaperçus.

 

Une exposition intéressante et agréable mais inégale, reproche que l'on peut également faire à un catalogue dont on aurait aimé qu'il nous offre davantage de matière (et d'illustrations), en particulier sur les collections de peinture du roi et sur les artistes de l'académie. Les notices d'œuvres auraient elles aussi gagnées à être un peu plus complètes et à bénéficier de photos plus grandes (pour les Pillement en particulier) ou de meilleure qualité (pour les Bellotto). Saluons néanmoins le palais impérial de Compiègne pour cette manifestation (en regrettant, mais on y reviendra peut-être, qu'une grande partie de ses collections ne soit pas toujours visibles).

 

L'aigle blanc, Stanislas Auguste, dernier roi de Pologne, Palais impérial de Compiègne, jusqu'au 4 juillet. Catalogue RMN Grand-Palais.

22/06/2011

Même à la guerre, il faut être bien habillé...

Si l'exposition présentée actuellement au musée des Invalides ne semblent pas à première vue avoir de rapport avec ce blog, elle y a néanmoins sa place, et pas seulement pour la présence d'un Portrait équestre de François premier en armure sur parchemin attribué à Jean Clouet ou un Portrait du duc d'Anjou à la pierre noire et sanguine de Francois Clouet. C'est surtout l'occasion de découvrir un certain nombre de dessins maniéristes ayant par la suite servis pour la décoration d'armures.

 

A côté d'artistes très connus comme Luca Penni ou Jean Cousin (père et fils), on trouve entre autres des œuvres de Baptiste Pellerin (1542-1575) qu'on est progressivement en train de redécouvrir ou du graveur Etienne Delaume (ca1519-ca1583), montrant comment les motifs chers à l'école de Fontainebleau sont réutilisées pour orner différentes parties de l'armure, écus ou épées : scène mythologiques, de guerre ou de chasse, grotesques... puis de comparer avec le "résultat final" sur les superbes armures royales d'apparat. Une très belle expo, qui donne envie d'en (sa)voir plus...

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'Compartiment supérieur et inférieur d'une rondache : les armes de France entre deux putti et deux sphinx; deux femmes avec une sphère armillaire assises devant des trophées d'armes' et un zodiaque de Baptiste Pellerin.

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'Timbre d'armet décoré d'une scène d'une bataille de cavaliers et de fantassins antiques' attribué à Jean Delaume, le fils d'Etienne.

 

Sous l'égide de Mars : Armures des princes d'Europe, les Invalides jusqu'au 26 juin 2011.

15/06/2011

Sainte Elisabeth (2ème partie)

Le déambulatoire de Sainte Elisabeth est orné de quatre grandes peintures (commandées en 1844) en demi-cercle (sans doute un hommage direct aux loges de Raphaël) qui figurent parmi les meilleurs témoignages, avec les chapelles de ND de Lorette, de ceux qu'on appelle parfois (abusivement ?), autour de Orsel, Périn, Amaury-Duval, Janmot et Signol, les nazaréens ou les préraphaelites français. Elles ont été visiblement restaurées récemment en espérant que ce ne soit pas à la manière du grand Thomas Couture du musée d'Orsay...

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On peut bien parler de nazaréen devant 'les Béatitudes' de Guerman von Bohn (1812-1899) allemand venu finir sa formation à Paris auprès de Ary Scheffer et Henry Lehmann, qui voyagea en Italie, fit carrière en France puis dans son pays d'origine (peintre de la cour royale de Würtemberg) et qui est surtout connu a priori pour ses scènes de genre romantiques avec des jeunes filles rêveuses, tant elle doit beaucoup à Overbeck dans sa recherche d'une certaine spiritualité. Reste que s'il y a de forts beaux morceaux de peintures (dans le groupe de gauche en particulier), l'ensemble est assez sec et austère, en particulier à cause d'un thème pas franchement folichon.

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S'il hérite lui aussi d'un sujet pas forcément facile à illustrer ('Les sept oeuvres de Miséricorde')(le sujet n'est pas rare mais les tableaux sur ce thème souvent barbant...), Jean-Louis Bézard (1799-1861) se montre nettement plus inspiré : les différents groupes sont bien mis en évidence dans une architecture bien délimitée, le tout dans un coloris fort délicat. L'élève de Guérin et de Picot, prix de Rome en 1829 avec 'Jacob refusant de livrer Benjamin', est loin d'être toujours aussi inspiré dans les nombreuses oeuvres de lui qu'on peut trouver dans les différentes églises parisiennes mais il offre ici une oeuvre inspirée à la fois par les loges de Raphaël et les Vénitiens (Carpaccio, Bellini) de tout premier plan (l'esquisse fut présentée à l'exposition Les Années Romantiques).

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Alors qu'il hérite d'un sujet autrement plus passionnant, Paul Jourdy (1805-1856) fait preuve d'une extrême platitude dans la représentation de ses 'Sacrements'. Si chacun des trois groupes principaux est de belle qualité, l'élève de Lethière puis d'Ingres, prix de Rome en 1834 avec 'Homère chantant ses vers' et auteur d'une honorable carrière de peintre d'histoire, peine à les lier entre eux et à rendre sa scène un peu vivante. Tellement classique qu'on a parfois l'impression de voir ses références (Pérugin ?).

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Elève de Gros ayant connu une bonne carrière officielle de peintre de batailles et de scènes religieuses pour les églises parisiennes, Adolphe Roger (1800-1880) offre une version étonnamment calme et personnelle du 'Jugement dernier'. Loin de l'agitation habituelle de ce genre de scène comme de ses propres oeuvres très inspirées des primitifs italiens de la chapelle des fonts baptismaux de l'église ND de Lorette à Paris, Roger semble ici s'approprier la leçon de Michel-Ange.

08/06/2011

Au Louvre ce printemps 2011 : 3ème partie

Juste quelques mots pour évoquer les deux expositions, comme toujours passionnantes, du Cabinet des dessins de ce printemps qui viennent juste de fermer (le 6 juin).

 

D'une part, l'exposition Pietro da Cortona et Ciro Ferri se révélait assez aride, le grand maître baroque, son élève et son atelier étant représentés aussi bien par de superbes planches très finies que par des études de composition ou des projets architecturaux ou décoratifs.

 

D'autre part, l'exposition Louis de Boullogne montrait que si le premier peintre du roi et directeur de l'académie est parfois un peintre un peu sec, comme beaucoup de ses contemporains de la période entre le classicisme de Le Brun et le rococo de Boucher, il est un prodigieux dessinateur, aussi bien pour les études de figures que de grandes compositions, pleines de vie, de mouvement et de profondeur. Un seul regret, que le catalogue ne propose pas toutes les oeuvres présentées ni de reproduction des peintures correspondant (sans doute pour permettre un prix raisonnable). Un bel exemple de son art avec 'Deux jeunes femmes endormies' faisant partie de nombreux dessins préparant des tableaux sur l'histoire de Diane.

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© Musée du Louvre

05/06/2011

Sainte Elisabeth (1ère partie)

Si la plupart de ses oeuvres sont dans un bon état (on peut même se demander si la restauration des quatre grandes oeuvres du déambulatoire n'a pas été un peu agressive...), l'église Sainte Elisabeth est quand même un bon exemple du peu de considération qu'ont reçu (et continue trop souvent de recevoir) les grandes peintures religieuses du XIX°.

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En très mauvais état se trouvent donc quelques peintures du bas-côté droit qui est actuellement en travaux (mais uniquement pour les verrières semble-t-il) comme ce 'Christ mort sur les genoux de la vierge' qui est sans doute l'oeuvre citée dans le Renouveau de la peinture religieuse en France (1800-1860) de Bruno Foucart comme de Jean-Louis Bézard (on en reparle dans la deuxième partie) et qui doit énormément à la renaissance italienne.

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Dans un état moins alarmant mais avec quand même quelques belles fissures, une grande 'Glorification de Sainte Elisabeth de Hongrie' de Jean Alaux dit le Romain (1786-1864) orne le choeur. Prix de Rome en 1815 avec un saisissant 'Briseis pleurant Patrocle', il fut l'élève de Pierre Lacour l'aîné à Bordeaux puis de Vincent à Paris. Il se lia d'amitié avec Ingres à Rome, où il devint plus tard directeur de l'académie, et fut le peintre préféré de Louis Philippe. Surtout connu pour ses grandes reconstitutions historiques comme 'Le Baptème de Clovis' ou les nombreuses oeuvres pour Versailles (comme celle-ci), cet hémicycle serait sa seule peinture religieuse connue et est avec son fond or à rapprocher des nazaréens français (Orsel, Perin, Roger). On trouvera plus de détails sur Alaux par ici.

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Pas de problème d'état mais des reflets et des objets rendent peu lisible le Sainte Elisabeth de Hongrie deposant sa couronne aux pieds de l'image du christ de Merry-Joseph Blondel (1781-1853). Elève de Regnault, prix de Rome en 1803 avec 'Enée portant son père Anchise', couvert d'honneur et de commandes (Louvre, Fontainebleau, églises parisiennes...) de son vivant puis oublié et déconsidéré, il est un excellent dessinateur tout en faisant preuve d'un sens aigu de la composition. Si certains de ses décors font preuve d'un clacissisme un peu sec et froid, cette grande composition religieuse peinte encore assez tôt dans sa carrière (1819) et dont l'esquisse du Petit Palais fut exposé pour Les années romantiques, se classe parmi ses meilleures oeuvres : composition très lisible, lumière mettant heureusement en valeur le groupe principal de personnages, différents morceaux de bravoure dans le décor ou les personnages...

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Dans la même chapelle, deux toiles de Henri-Auguste-Callixte-César Serrur (1794-1865), 'Sainte Elisabeth soignant un malade' et 'Sainte Elisabeth en prière' sont d'une qualité bien moindre (et mériteraient un bon nettoyage). Cet autre élève de Regnault, plusieurs fois médaillé aux Salons, s'était plutôt spécialisé dans les scènes d'histoire antique ou médiévale et les batailles, ce qui explique sans doute le peu de commandes religieuses qu'il a reçu. Il semble ici fortement s'inspirer de l'art italien de la renaissance.

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Enfin, on finira cette première partie (la suite et la fin bientôt) par des oeuvres qu'on ne peut pas voir, la chapelle des Catéchismes étant fermé la plupart du temps, si ce n'est sur la pointe des pieds à travers une vitre (ce qui explique la médiocrité des photos). Ces oeuvres majeures d'artistes réputés à leur époque comme Nicolas-Auguste Hesse ('Le sermon sur la montagne') ou Adolphe Roger ('Laissez venir à lui les petits enfants') mériteraient de pouvoir être vues...